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occitan-touareg

Niger/Agadez - "Aïr info" n°180 est en ligne

26 Avril 2014 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #Aïr Info, #niger

 Le N°180 du bimensuel régional "Aïr info" est en ligne

Merci à cette revue de nous donner des informations difficile de trouver ailleurs.

Le Tribunal de Zinder vient de se prononcer sur l’affaire des militaires pris en flagrant délit de braconnage d’Addax, une espèce protégée. L’un des braconniers a écopé d’un an de prison et de 5 millions d’amende.

Génése de l’affaire.

Un militaire, comme le montre si bien sa tenue, brandissant, en trophée de guerre, la tête décapitée d’une antilope addax fraîchement et sauvagement abattue : l’image cidessus n’est point une mise en scène, mais hélas, la triste réalité. Le visage du bidasse, héros poseur de circonstance, a simplement été masqué pour ne pas lui porter un préjudice individuel et personnel. La photo elle-même a été prise il y a quelques jours seulement sur le site pétrolier chinois de la BGP où sont stationnés des éléments des Forces de Défense et de Sécurité du Niger.

Triste aussi est cette ironie du sort qui veut que ce sont ceux-là mêmes chargés de la défense et la préservation de l’intégrité des êtres, des biens, du territoire et de l’environnement de la Nation qui en deviennent les principaux prédateurs.

En effet, dans cette partie aride du pays où les a conduits le devoir vis-à-vis de la mère patrie, les militaires nigériens n’ont trouvé d’autre sport favori que la chasse au gibier sauvage défendu. Et c’est particulièrement l’antilope Addax, une espèce en voie de disparition, qui en fait les frais. Selon des sources dignes de foi, plus d’une dizaine de spécimen de cette espèce a été abattue en l’espace de quelques jours. A ce rythme, en sus de l’oeuvre déjà dévastatrice des braconniers traditionnels, ce sont les hommes de loi qui vont accélérer l’extinction d’un animal qui, en plus d’être une attraction pour touristes écolos, contribue au maintien de l’équilibre biologique, donc vital, d’une contrée hostile à la vie. Ce qu’a déjà attesté la revue du projet ASS dans ses colonnes en ces termes :

 "Dans certaines parties du Tin Toumma, où se trouvent les activités pétrolières, certains militaires peu soucieux des consignes données par leurs supérieurs ont anéanti 80 % de la population des gazelles dorcas. On se rend donc compte aisément de la fragilité de la faune sahélo- saharienne restante, qui en raison de ses faibles effectifs peut subir des pressions terribles par la faute de seulement quelques hommes mal-attentionnés".

Plusieurs photos en notre possession illustrent ce carnage opéré sur la faune par les éléments des forces de défense et de sécurité. Des carcasses d’antilopes Addax, dama et autres que recouvrent à peine une mince couche de sable du désert sont visibles autour des camps pétroliers. On se rend compte que ce qui est défendu aux populations locales, celles qui ont hérité de la pratique de la chasse par le tissage de filets longs de plusieurs centaines de mètres et des pièges multiformes, est « permis » aux éléments de sécurité. Pourquoi aucune mesure disciplinaire n’est prise dès lors qu’il s’agit d’un porteur de tenue ? Il est bien beau de mettre aux arrêts des braconniers à moto ou les revendeurs de viande boucanée, mais révoltant de voir des hommes en uniforme et parfois des autorités (Préfets et élus) agir en toute impunité.

La survie et même l’accroissement de la faune passe par un combat acharné contre le braconnage. Avec la floraison des 4x4 tout terrain, des motos et des armes modernes la faune sahélo-saharienne du continent et en particulier du Niger est en danger. Notre pays le Niger a l’in croyable chance d’être l’un des rares pays africains à posséder encore de telles richesses naturelles, on a du mal à comprendre comment des exactions de la sorte peuvent continuer impunément de nos jours encore. «Le prétexte de la pauvreté est bien-sûr utilisé à tort puisque la viande de brousse, aujourd’- hui rare, s’avère beaucoup plus chère que celle issue du bétail domestique ; elle ne profite donc qu’à une toute partie de la société au détriment de la majorité», assure un averti de la lutte contre le braconnage.. Le Niger a beaucoup plus à gagner en conservant ses ressources fauniques que les pays voisins lui envient, plutôt que de les dilapider dans des conditions inhumaines. Ceci est un cri d’alarme auquel il faut répondre en toute urgence. Oui, attendre demain peut être trop tard !

Ibrahim Manzo DIALLO

Le N°180 du bimensuel régional "Aïr info" est en ligne

Le N°180 du bimensuel régional "Aïr info" est en ligne

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