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Rabat-Conférence de presse du MNLA

24 Janvier 2015 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #AZAWAD, #MNLA

Mossa Ag Attaher, Porte-parole du MNLA à Rabat

Mossa Ag Attaher, Porte-parole du MNLA à Rabat

Suite aux bombardements de la MINUSMA sur des éléments du MNLA et en réponse à cette nouvelle provocation le MNLA a tenu une conférence de presse à Rabat au Maroc ce 23 janvier 2015. Ci joint le texte lu lors de cette conférence.

Conférence de presse

Avant de commencer la conférence de presse, permettez que je fasse une mise au point de la situation :
- Dès le mois de juin, Bamako était déterminé à inverser le rapport de force avec le seul objectif d’éradiquer et d’affaiblir le MNLA et la CMA.

- Une telle posture, adoptée par Bamako, est la cause de sa déroute en mai 2014 à Kidal qui en soit était une tentative d’éradiquer les Touareg de leur territoire de Kidal d’abord, puis des deux autres régions de l’Azawad. Cette tentative réside dans la volonté obsessionnelle de Bamako à affaiblir les mouvements de l’Azawad dans le sillage des négociations à Alger.

- C’est à partir de ce moment que les autorités du Mali, conscientes de leur incapacité à vaincre le MNLA sur le terrain comme sur le plan des lois internationales qui reconnaissent aux peuples leurs droits à l’autodétermination, ont de nouveau tablé sur les narcotrafiquants, tout en convertissant en même temps une partie de ses effectifs en une milice ethnique dirigée par un Général de l’armée malienne : M. Gamou.

- Depuis, on assiste à l’émergence incessante de nouveaux groupes se réclamant « du nord », c'est-à-dire de l’Azawad que nous revendiquons. Ces groupes, sans légitimité aucune auprès des populations, qui par ailleurs subissent leurs exactions de type raciales, ont prétendu et même obtenu le droit de participer aux négociations. Un « statut » leur a donc été indument octroyé, avec la « bénédiction » de la MINUSMA.

- Ces milices, qui sont devenus des « groupes armés du nord » par la grâce de la médiation internationale, sont armées et financées par le narcotrafic et l’Etat malien. Et alors même que le Mali prétend lutter contre les groupes terroristes, ces milices ont paradoxalement été renforcées par les djihadistes du MUJAO.

- C’est dans ce contexte trouble du double jeu de l’Etat malien que le narcotrafic a repris de plus belle et que les attaques et les actes des provocations à l’encontre du MNLA n’ont cessé de se multiplier dans le but évident de créer une situation de chaos et dont la finalité et de torpiller toute solution viable pour l’Azawad.

- L’assassinat de dizaines de bergers Touareg à Tamkoutat, l’attaque des positions du MNLA à Tessit, In-Tililt, jusqu’à ses évènements tragique de Tabankort, où la MINUSMA a prêté main forte aux attaques des narcoterroristes et des militaires maliens déguisés en milices, contre nos unités, sont des actes d’agressions caractérisées qui ne peuvent être considérées autrement.

- Le tableau est clair ; d’une part il y a le MNLA et les autres mouvements de la Coordination des Mouvements de l’Azawad, qui aspirent au règlement définitif de la question de l’Azawad, et d’un autre côté, il y a une nébuleuse de « groupes armés » nés de nulle part et formés de narcotrafiquants et autres terroristes notoires, dont le plus emblématique est Yoro Ould Daha, membre actif du MUJAO, allié d’AQMI, portant le surnom emblématique de « boucher de Gao », arrêté par Serval pour être finalement libéré par Bamako afin de reprendre du service contre le MNLA. Je n’invente rien, tout ceci est parfaitement vérifiable, la MINUSMA le sait et Barkhane, qui a pris le relais de Serval le sait également.

- Or, si nous avons accepté de faire taire les armes et de négocier la paix sous l’égide d’une médiation internationale, ce n’est pas pour que nos unités et notre peuple se fassent continuellement attaquer par des groupes terroristes, et encore moins quand ceux-ci sont appuyés par des hélicoptères de la MINUSMA, pourtant sensé observer une stricte neutralité entres les parties en cause dans le conflit. Quant aux allégations selon lesquelles nous aurions attaqué les positions de la MINUSMA, elles relèvent, pour notre part, d’une insulte à notre intelligence.

- A la lumière de ce que je viens d’évoquer brièvement, il n’y a pas lieu de s’étonner de la prospérité des groupes terroristes à l’image d’AQMI et de ses semblables. Cet environnement d’anarchie sécuritaire, favorisé et commandité par Bamako ne peut en aucun cas permettre l’émergence d’une situation juste, stable et durable. Car il faut bien comprendre que le peuple de l’Azawad n’est plus disposé à subir dans le silence et la résignation les crimes et les injustices qu’il subit depuis bien trop longtemps.

Voici donc quelques éléments dont il conviendra impérativement tenir compte :

De la sécurité du peuple de l’Azawad

- Le peuple de l’Azawad ne cédera au dictat de personne, et ce quel qu’il soit. Il n’entend pas non plus attendre une quelconque permission pour se donner le droit de se défendre. Le peuple de l’Azawad n’a pas d’autre choix que d’opposer les armes contre les armes de ceux qui l’agresse impunément, au vu et au su de tous.

De la question de la MINUSMA dans l’Azawad

Le MNLA exige de la MINUSMA :

- 1/ qu’elle donne des explications clairs et précises sur les événements de Tabankort, c'est-à-dire l’assassinat, pur et simple, de 7 combattants du MNLA et de vingt autres blessés. La prétendue « riposte » à des tirs de nos troupes sur des positions de la MINUSMA est irrecevable.

- 2/ qu’elle présente des excuses publiques et officielles au MNLA et au peuple de l’Azawad meurtrie par cet acte d’hostilité injustifiable envers ses unités.

- 3/qu’elle s’acquitte des dédommagements des familles des victimes, tant pour les combattants qu’elle a assassiné que pour les blessés. La vie de nos combattants n’a certes pas de prix, mais il n’y a aucune raison pour que leurs familles subissent en plus des difficultés financières pour cause d’assassinat par des « soldats de la paix ».

- 4 qu’elle s’engage formellement à observer une réelle neutralité sur l’ensemble des zones de l’Azawad où elle est présente. Nous exigeons par ailleurs qu’elle quitte les localités Touareg et Arabe, et qu’elle se positionne uniquement dans les zones tampons avec l’armée malienne. Dans le cas contraire, il n’y aura aucune reprise de coopération avec la MINUSMA, ni sur le plan sécuritaire, ni sur le plan de la lutte anti-terroriste, ni sur le plan de la négociation politique et nous maintiendrons une rupture totale avec la MINUSMA.

- 5/ Nous exigeons également une enquête internationale « neutre » sur les bombardements aveugles de la MINUSMA sur les unités du MNLA. Nous sommes parfaitement instruits de la présence de caméras sur les appareils d’aviation de la MINUSMA. Aussi, nous exigeons que les séquences de cette agression soient visionnées et livrées à l’enquête. Tout « bidouillage » des séquences filmées sera publiquement dénoncé.

De la question des négociations

- Il faut que la communauté internationale, et je dis bien la communauté internationale et non la MINUSMA uniquement, donne toutes les garanties au peuple de l’Azawad quant à sa sécurité et à sa protection réelle contre les agressions des milices maliennes et contre les velléités de Bamako qui active grossièrement à la manipulation et à l’instrumentalisation de groupes terroristes et narcotrafiquants qu’elle ne cesse de recycler en vue d’anéantir le peuple de l’Azawad. Nous ne sommes plus disposés à faire les frais d’une politique internationale qui s’entête à refuser de voir ce qui crève les yeux.

- Il est grand temps qu’une vraie conférence internationale soit organisée afin de mettre toutes les parties concernées devant leurs responsabilités, particulièrement le gouvernement du Mali qui, en fomentant et en exacerbant les tensions, favorise la déstabilisation de l’ensemble de la région et la propagation du terrorisme international.

- Au vu de l’actualité internationale, il devient désormais urgent que la communauté internationale prenne la réelle mesure du danger de l’expansion fulgurante du terrorisme qui ne peut en aucun cas être instrumentalisé pour mettre en échec la volonté des peuples à vivre librement. Il serait par ailleurs erroné de croire que le terrorisme peut être « circonscrit » à des zones que l’on peut aisément sacrifier et pour ce qui nous concerne, nous ne sommes en tous cas pas disposés à nous laisser faire.

Mossa Ag Attaher,
Porte-parole du MNLA

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