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occitan-touareg

Vive l'Occitanie libre !

2 Janvier 2015 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #occitanie, #peuples(bretons-catalans-basques-etc)

Le "Coming out" de l'occitan de service !

Il me semble qu'en ce début d'année il est utile de vous donner quelques explications quant à mon engagement occitaniste. Occitaniste : mot barbare pour certains, signifie d'une part avoir conscience d'appartenir à un territoire particulier appelé Occitanie et d'autre part ressentir le besoin d'entretenir et de cultiver cette différence.

Tout jeune, je rencontrais d'énormes difficultés à l'école primaire. Mon instituteur, bien qu'il ne me punisse pas pour l'emploi de mots en occitan, faisait tout son possible afin d'éradiquer le peu de mots que je pratiquais naturellement.

Si j'écrivais dans ma rédaction : Bariotte, Batchas, Calabert, Trièule, Agasso, Tchi, Lèbre, Teïssoun" ou "je suis passé par le cabistrou du calabert du Claudet..." cela finissait par l’appréciation : "mauvais français".

Juste pour information, il maîtrisait parfaitement sa langue maternelle occitane, et même je le suppose à postériori, il avait en son temps possédé le dictionnaire d'Alibert !

Donc cet "occitan", ces mots utilisés par tous les gens de mon village était en réalité du mauvais français !

Cette vergonha, cette honte était encore de mise dans mon enfance, il fallait éradiquer ou supprimer et il ne fallait pas conserver ce patois, juste digne des gens illettrés qui n'avaient pas eu la chance de fréquenter la Sainte-Mère-École-Publique et Laïque, cela va de soi ?

Pour ce qui est de mon "accent" la chasse fut plus tardive aussi mais échoua...

Le premier adulte à me parler de cette langue méprisée et pourchassée par les fidèles serviteurs du colonialisme français, fut Jacques Ressaire.

En 1967 je rentrais en 3ème au lycée de Bagnols sur Cèze et là, à la Librairie Occitane je recevais la révélation !

Le "patois" de mon village n'étais pas du "mauvais français", mon "accent du midi" je devais en être fier car c'est l'accent de cette langue que des générations avant moi se sont  transmises. Cet accent c'est l'accent porteur de notre langue occitane. Je ne devais plus avoir honte de ma famille, de mon pays.

Conséquence : j’ai opté pour l'occitan en option au baccalauréat, et là, avec Gaston Bazalgues comme examinateur, je me retrouvais avec un 18/20.

Mais le plus important fut mon passage de simple occitaniste à l'étape de militant nationaliste occitan.

Les gens de de ma génération n'ont pas oublié 1968 et le combat sur le Larzac.

Et puis vint Montredon et la fin d'une certaine forme de militantisme...

Grâce au génie de François Fontan, qui le premier dans l'histoire de notre pays occitan, après des siècles d'oppressions et de colonisations a osé dire et écrire en 1959 : "S’il  y a une langue occitane, il y a un peuple occitan et s’il y a un peuple occitan, ce peuple, comme tous les autres, doit devenir indépendant ! "

L’ancêtre que je suis et que je revendique pleinement, s'est formé à l'ethnisme, à l'internationalisme, au Reichisme et aux diverses églises marxistes.

Depuis plus de 40 ans je suis de ceux qui pensent que Fontan  avait raison ; et c'est pourquoi je me suis engagé dans le seul parti politique qui revendique ouvertement le droit légitime à l'indépendance de ce peuple occitan, mon peuple.

Cependant une question me revient en permanence : pourquoi tous les habitants de ce "midi" ne prennent-ils pas conscience comme moi, d'appartenir à cette nation occitane à cette culture, je n'ai toujours pas trouvé de réponse.

Ce qui m'a encouragé dans cette position et m'a confirmé dans mon juste droit à la différence ce sont ces français dits "de souche" avec leurs réflexions désobligeantes.

Combien de fois alors que j'étais à la caisse dans ma boulangerie j'entendais des nouveaux arrivants ou des touristes me dire :

— Vous au moins avec votre accent on se sent vraiment en vacances....

— Vous devriez apprendre à parler français correctement, et prononcer Rose ou Rhône comme il faut...  

— On ne dit pas du sel-gros mais du gros-sel....

Je ne parlerai pas de certains "intellectuels" qui ne comprenaient pas comment je pouvais encore parler en gardant cet "accent" sans en avoir honte et se demandaient : comment peut-il être pris au sérieux avec cet accent Pagnolesque ?

Je ne parlerai pas non plus de ces ignorants qui affirmaient ne pas pouvoir écouter des chanteurs occitans car ils ne comprenaient pas cette langue.... Eux qui écoutent encore sans comprendre les chanteurs anglo-américains.

En fait il n'y a rien à comprendre.

La prise de conscience nationale ne tombe pas du ciel ; elle est dû certainement au hasard des rencontres.

Ce petit texte est donc adressé à toutes et tous mes amis afin qu'ils essaient de gratter un petit peu au fond de leur mémoire, de partir à la recherche des quelques traces de la langue maternelle de nos anciens, langue qui a été éradiquée par la force du colonisateur français, et qui continue à l'être par les gouvernements successifs de droite ou de gauche.

J'ajoute pour finir, que mes amis bretons, alsaciens, corses, basques, catalans, flamands sont eux aussi dans la même situation. Je n'oublie pas non plus mes amis des autres continents qui vivent les mêmes situations.

Bona annada 2015

En cadeau une carte de notre pays occitan.

Si vous cherchez une revue occitane qui aborde l'ensemble de ces questions, je vous conseille de lire, lorsque le temps vous le permettra, notre trimestriel, Lo Lugarn. L'éditorial est toujours bilingue, les autres textes sont en occitan ou en français.

Il est vrai que résister n'est pas suffisant, se libérer est le le but à atteindre.

Vive l'Occitanie libre !

En cadeau une carte de notre pays occitan

En cadeau une carte de notre pays occitan

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