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occitan-touareg

Gers, élections départementales 2015, canton Val de Save

9 Mars 2015 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #départementales2015

Départementales 2015, canton de Val de Save dans le Gers

À propos de "l'enchérissement des terres" dans le Gers...

Gers élections départementales 2015
Canton de Val de Save

Le binôme Dominique Darrozes (Sans Étiquette) et Jérôme Piques (Parti de la Nation Occitane) se présente dans le canton dit "Val de Save", canton correspondant aux ex-cantons de Samatan et de Lombez dans le Gers.

Jérôme Piques, nous parle de la situation agricole de ce territoire.


   Tout d'abord, l'enchérissement des terres répond simplement à la loi de l'offre et de la demande. Il faut relativiser : le canton Val de Save, ce n'est pas la périphérie Toulousaine, où la pression urbaine exercée provoque une flambée du foncier. Les jeunes agriculteurs qui s'installent sont, dans 90 % des cas, des personnes qui reprennent l'exploitation familiale ; l'enchérissement de leurs terres n'est pas vraiment une problématique, puisqu'il s'agit d'une plus-value de leur propre patrimoine foncier, cela ne gâte rien. Serait-ce "problématique" parce-que ils souhaitent encore étendre davantage la surface de leur exploitation ? calcul productiviste que je ne cautionne pas, et je ne m'en cache pas : nous ne souhaitons pas faire du Savès UNE immense exploitation agricole ultra-industrielle dirigée par une poignée d'agriculteurs aux exploitations démesurées : ceux qui pleurent de "l'enchérissement des terres agricoles" (ce qui me fait doucement rigoler quand on voit le prix d'un terrain de 400 m2 dans la grande couronne Toulousaine) cautionnent une agriculture industrielle qui non seulement vide le Gers de sa population par l'élimination des petites exploitations (et avec les conséquences environnementales que l'on sait) mais en plus ne génère pas d'emploi, puisque les agriculteurs de ce genre compensent le gigantisme de leurs exploitation sur-dimensionnées par la mécanisation et la technologie. Donc, faire du Gers un désert agricole industriel, NON MERCI !

   Notre programme propose d'encourager, en fonction des compétences du Conseil Départemental, une agriculture raisonnée, de nombreuses exploitations de taille moyenne (certes, plus grosses que celles sur lesquelles vivotaient nos aïeux paysans du Savès, mais pas démesurées), une agriculture respectueuse de son environnement (le défaut majeur de l'agriculture ultra-industrielle étant d'adapter l'environnement à la culture, avec des conséquences épouvantables sur le biotope), et compenser le manque à gagner de la quantité par la qualité (agriculture raisonnée, avec ce qu'il faut de produits phytosanitaires, mais sans trop, voire agriculture biologique) et par le système des circuits courts, avec le moins d'intermédiaires possibles : l'agriculture productiviste est tributaire du système de la grande distribution ? nous accompagnerons l'agriculture raisonnée et bio lorsque celle ci s'inscrira dans une démarche de distribution directe (en tout cas, avec le moins d'intermédiaires possibles). Cela existe déjà, et depuis fort longtemps : le marché de Samatan en est un témoignage séculaire. Ce type d'économie à base agricole existe depuis des siècles dans le Savès, et tout le monde sait bien que la révolution agricole a déstructurée en profondeur ladite économie et provoqué l'exode rural. La tendance aujourd'hui s'inverse, et nous assistons à un repeuplement de nos campagnes abandonnées au cours des années 1960-1970, repeuplement qui, effectivement, provoque l'enchérissement des terres. Doit-on s'en plaindre ? Je ne crois pas. Je pense que ceux qui s'en plaignent le plus, ce sont les plus gros agriculteurs qui voient leur expansionnisme freiné par, effectivement, l'augmentation du foncier.

   Quand aux cas de figure anecdotiques selon moi de personnes qui, sans patrimoine foncier originel, souhaitent acheter des terres pour s'improviser agriculteurs... C'est utopique pour ne pas dire suicidaire au vu du contexte : l'agriculture est un métier complexe, polyvalent, qui ne s'improvise pas. En plus, le cadre économique actuel est particulièrement difficile, dans ledit contexte, je ne peux que déconseiller une installation spontanée d'un jeune agriculteur qui n'aurait pas de bases solides (patrimoine foncier, culture "paysanne", ancrage local...).
Qu'un jeune agriculteur reprenne la ferme familiale, très bien. Qu'il l'agrandisse... Je suis plus réservé : à un moment donné, il faudra trouver un équilibre, puisque l'expansion de Pierre se fera au détriment de Paul ou de Jacques. Pour les raisons déjà évoquées précédemment (Savès : désert agricole + environnement massacré ?), je préfère voir trois exploitants qui pratiquent une agriculture raisonnée (contrôlée et labellisée, le cas échéant) plutôt qu'un seul exploitant industriel sur une surface équivalente. Si le prix du foncier doit être un frein à l'agriculture industrielle, alors je dirais que c'est un moindre mal ; nous ne souhaitons pas que le Conseil Départemental pratique une politique "interventionniste" à ce niveau. L'hypothèse parfois avancée que "le Conseil Départemental achète lui même des terres pour aider à l'installation des jeunes agriculteurs" est selon moi une très mauvaise idée. Si c'est pour les redistribuer à de soi disant "jeunes agriculteurs qui s'installent" qui, en fait, ne font que reprendre l'exploitation familiale, mais qui veulent encore s'agrandir, c'est évidemment une connerie sans nom : ben voyons ! l'argent du contribuable Gersois qui va servir à enrichir encore davantage le lobby des agriculteurs ultra-productivistes ! la bonne blague ! si c'est pour permettre l'installation de toute pièce d'un" jeune agriculteur" qui débarque d'on ne sait où (des "agriculteurs spontanés" ?), ça l'est aussi : d'où peut bien sortir ce type d'agriculteur ? peut-être des rangs de chômeurs longue durée qui veulent tenter une reconversion en s'improvisant agriculteur ? on ne vit pas dans le monde des bisounours, l'agriculture est un métier qui ne s'improvise pas : cautionner ce type de démarche est malhonnête vis-à-vis de ce pauvre gars qui croit trouver une vocation mais qui va surtout récolter les pires emmerdes... En plus, aux frais du contribuables, si c'est le Conseil Départemental qui paye ! l'assistanat n'est pas non plus la solution (surtout si ça doit se solder par un échec inéluctable). Nous ne souhaitons pas que l'argent du contribuable soit gaspillé de la sorte : ni assistanat, ni caution de l'agriculture productiviste.

   Si le Conseil Départemental doit aider l'agriculture, c'est par l'encouragement du maintien et de la mise en place de circuits courts. "Aide-toi le ciel t'aidera" (Jean de La fontaine). Nous encouragerons en fonction des compétences du Conseil Départemental les agriculteurs du Savès (et de tout le Gers) qui feront montre d'une démarche "raisonnée", respectueuse du contexte et de l'environnement. C'est dans ce sens que nous souhaitons aller, un Gers, une Gascogne riche d'une très ancienne culture agricole (sans mauvais jeu de mots) qui sache s'adapter au monde moderne, mais pas au détriment de notre propre cadre de vie. Je crois que c'est assez clair.
Jeròni Picas, "Entau Savés" : local d'abord !

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Gascogne : Départementales 2015, canton de Val de Save dans le Gers

Gascogne : Départementales 2015, canton de Val de Save dans le Gers

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olivier 09/03/2015 18:53

Merci pour cet article .

Joanoc 09/03/2015 12:49

Enfin une bonne analyse de la situation de notre agriculture Occitane.