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Peuple Amazigh, à propos de la guerre chimique dans le Rif marocain

16 Mars 2015 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #Amazigh, #Rifain

Occitan-Amazigh

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ASSEMBLÉE MONDIALE AMAZIGHE

À l’aimable attention de

M. François HOLLANDE,

Président de la république française

Objet : réparations comme suite aux effets de la guerre chimique contre le grand Rif

M. le président,

Votre pays, la France, s’est retrouvé, au début du siècle passé, responsable d’un protectorat sur le Maroc, (Ex-Empire chérifien marocain). En vertu de ce protectorat, la France était sensée assurer la protection du Maroc dans ses frontières authentiques. Or, il s’en est suivi un dépeçage, une partition et une pseudo « pacification » par les armes et le sang.

En tant que « nation civilisée », la France était tenue par le droit coutumier et conventionnel de la guerre de protéger, notamment, la population civile et de ne pas se rendre complice ou utiliser elle-même contre cette même population sans défense et non combattante des armes prohibées.

Or, les documents, archives et études témoignent de ce que, dans un premier temps, la France s’est rendu complice de l’Espagne à laquelle elle a vendu des armes chimiques de destruction massive avant de les utiliser elle-même contre les Rifains (population du nord du Maroc), lors de la guerre de libération conduite par le président Mohamed Abdelkrim El Khattabi. La guerre chimique contre le grand Rif est non seulement une violation des règles les plus élémentaires du droit de la guerre mais de surcroît et encore plus grave les héritiers des victimes d’hier continuent de souffrir aujourd’hui encore. En effet, de nombreuses études génétiques d’experts confirmés démontrent et témoignent des effets mutagènes et cancérigènes des armes utilisées : l’ypérite ou gaz moutarde, le phosgène, le disphosgène et la chloropicrine.

M. le président,

Au nom de la continuité de l’État, dont vous assurez aujourd’hui la présidence, nous souhaitons attirer votre attention sur deux idées essentielles :

1- l’utilisation et la complicité dans l’utilisation d’armes chimiques de destruction massive contre des populations civiles ;

2- les effets cancérigènes et mutagènes des armes chimiques de destruction massive utilisées.

La France est ainsi coupable et responsable de crimes de guerre dont les effets se font sentir aujourd’hui encore chez les héritiers les victimes d’hier. Le grand Rif demeure aujourd’hui une région « pauvre » et marginalisée, sans hôpitaux, ni infrastructures modernes de production… Près de 80% des personnes qui se rendent jusqu'à Rabat pour se faire soigner de cas de cancers, faute d’hôpitaux dans le grand Rif, sont originaires de cette région. Vous avez dans votre gouvernement une ministre de cette même région, Mme Najat Vallaud Belkacem, qui devrait pouvoir vous en parler. « Il n’est pas une famille dans le Rif qui n’ait pas son lot de parents qui pâtisse ou ait pâtit du cancer » !

Monsieur le Président,

Nous voulons croire que le pays qui se réclame des droits de l’homme et que vous représentez ne puisse rester insensible à l’injustice, à la violation des droits les plus élémentaires et aux préjudices subis par des populations civiles sans défense. Le but de cette lettre est d’attirer votre attention sur le rôle que la France a pu jouer au mépris des règles élémentaires et préceptes de l’humanité et surtout de vous demander d’agir de votre autorité pour que l’État français :

1. Reconnaisse officiellement les responsabilités de l’État français pour les actions militaires à l’encontre de la population civile du Rif durant les années 1921-1927 ;

2. Organise et célèbre des actes de réconciliation et de solidarité avec les victimes, leurs descendants et la société rifaine comme forme d’expression de la demande de pardon de la part de l’État français ;

3. Facilite le travail d’investigation des historiens et de tous ceux souhaitant connaître les faits historiques à travers les archives militaires françaises ;

4. Révise les annotations, références et chapitres relatifs aux campagnes militaires menées par l’État français qui occultent l’usage des armes chimiques et/ou tergiversent sur la vérité historique ;

5. Appuie les associations culturelles et scientifiques dédiées au travail de recherche des effets de l’emploi des armes chimiques dans le grand Rif ;

6. Règle les compensations économiques de caractère individuel qui pourraient être réclamées pour les dommages causés ;

7. Contribue à la réparation des dommages collectifs et à la compensation de la dette historique ;

8. Dote les hôpitaux du Rif et particulièrement ceux de Nador et Al Hoceima d’unités sanitaires spécialisées dans le traitement oncologique qui contribuent à réduire les hauts pourcentages de maladies cancérigènes.

Nous souhaitons, M. le Président une audience afin que puisse vous être exposé le problème et afin que vous puissiez examiner avec la société civile des pistes de réparation au bénéfice de la région du grand Rif et des populations concernées. D’autres peuples ont reçu réparation des crimes commis suite aux abus du colonialisme. Le temps est venu que les Rifains reçoivent réparation des crimes commis à leur encontre.

Veuillez agréer, M. Le Président, l’expression de nos salutations distinguées.

Rachid RAHA, président de l’AMA.

ASSEMBLÉE MONDIALE AMAZIGHE

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