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occitan-touareg

Islam, Islamisme, voile, laïcité, démocratie, Daech...

27 Juillet 2016 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #Islamisme

Ce blog s'intitule "Occitan-Touareg"  il est donc normal d'avoir des relations d'amitiés entre deux peuples qui ont des pratiques et des coutumes religieuses différentes.

Il se trouve que depuis quelques années la question de l'intégrisme islamiste issu de la religion Musulmane pose certaines questions à l'incroyant (le mécréant comme ils disent !) que je suis.

Lorsque j'allais au Niger, au Maroc, en Algérie, en Tunisie, au Sénégal, en Ouganda je tenais compte des traditions culturelles ou religieuses locales. Je m'adaptais à la situation. Je savais que le pastis pour l'apéro du soir devait attendre...

Pour ce qui est du Niger en particulier, j'ai assisté à un changement des comportements dans le domaine de la religion. J'ai constaté au fil des années une certaine radicalisation et j'ai croisé des marabouts qui prônaient un Islam de plus en plus sectaire.

De la même façon j'ai constaté une haine grandissante envers "le blanc", "le français", "l'étranger" le Kouffar...

La conclusion est simple, outre le fait que c'est impossible de circuler librement au Niger, je ne m'y sent plus en sécurité, il suffit de lire la prose de nombreux amis sur les réseaux sociaux.

Cela ne serait pas catastrophique si cette ambiance n'avait pas des conséquences aussi dans mon pays.

Il y a quelques années en arrière je ne croisais jamais de femme voilée sur le domaine public, les barbus en djellabas n'existaient pas, la religion musulmane, comme les autres, ne s'affichait pas au grand jour.

Depuis un certain temps, suite aux différents conflits au Moyen-Orient et à la prolifération des actes de barbaries de fanatiques Salafistes de Daech, Aqmi, Boko Haram, une certaine partie de la population musulmane, consciemment ou non,  pratique le prosélytisme religieux en affichant de façon ostentatoire sa particularité religieuse.

Je trouve cela insupportable, je le dit et l'écrit publiquement et sans réserve.

Je sais que la femme musulmane est l'esclave du mâle (oui j'assume) et que de nombreuses femmes musulmanes n'ont qu'un seul choix : obéir ; ce n'est pas rendre service à la femme musulmane opprimé que d'accepter son exhibitionnisme vestimentaire alors que le mâle lui s'en dispense sans problème !

Le vivre ensemble passe chez nous par la limitation du religieux à la sphère privée, nous sommes dans un Etat laïque et ce n'est pas la religion qui dicte la loi. Pour celles et ceux qui rêvent de la Charia il faut aller dans les pays où cela existe et ils sont malheureusement nombreux encore donc le choix existe.

Comme certains amis me trouvent trop extrémiste, je laisse la parole à un ami modéré don je partage tout de même les idées...

Jean-Marc Pellet

Encore !

Cela devient une litanie. Après Nice, St Étienne du Rouvray et demain ? C’est encore un attentat vraisemblablement bien planifié par Daech.

A Nice, un des symboles de la république française était visé : sa fête nationale le 14 juillet. A St Étienne du Rouvray, le symbole à atteindre c’était une église de la religion catholique et un de ses prêtres. Dans le logiciel des dirigeants de Daech qui n’a rien de délirant mais dont l’horreur est froidement construite, tous les citoyens de la république française sont des chrétiens et des croisés, une caractéristique que nous partageons avec tous les pays qui ne sont pas musulmans mais les pays qui participent, de près ou de loin, à la coalition internationale contre Daech sont plus particulièrement ciblés.

Si on veut quantifier l’horreur, rappelons que les musulmans, surtout les chiites mais aussi les sunnites jugés mécréants et les chrétiens d’Orient, Arabes ou Araméens, sont les premières victimes de Daech. Ces derniers jours, plus de 200 personnes ont péri dans un attentat suicide à Bagdad et 80 à Kaboul.

L’objectif de Daech en restaurant le califat était d’établir une base territoriale à partir de laquelle ils pourraient conquérir le monde entier et le soumettre à leur vision mortifère de l’Islam quel que soit le prix du sang à payer et le nombre de décennies pour y parvenir. Il se peut que Daech soit vaincu militairement en Irak, en Syrie et en Lybie mais il ne disparaitra pas pour autant ou renaitra sous une autre forme. L’échec militaire éventuel aura pour conséquence le retour de djihadistes occidentaux dans leurs pays d’origine, de jeunes entrainés et prêts à commettre des attentats de toutes sortes. Daech pourra aussi compter sur les apprentis djihadistes restés dans nos banlieues.

Il faut donc s’attendre à de nouveaux attentats quelles que soient les mesures de sécurité prises. Certains mais pas tous pourront être déjoués.

Pour revenir à l’assassinat de manière atroce de ce prêtre, on peut le ressentir de diverses manières et tout d’abord accuser le coup si on est chrétien et croyant. Je suis personnellement d’une famille catholique pratiquante mais le protestantisme y est présent par mon oncle. Bien que baptisé et ayant fait mes études secondaires chez les jésuites, j’ai délaissé ensuite la religion sans pour autant me définir comme athée. Je dirais plutôt que je suis déiste.

Dans tous les cas, je suis très attaché à mes racines judéo-chrétiennes. La découverte de mon identité occitane dans les années 1970 m’a permis de connaître l’histoire de l’Occitanie et le rôle peu glorieux qu’avait joué l’église catholique lors de la croisade contre les Albigeois et pendant l’Inquisition. J’ai aussi appris avec effarement à quelles atrocités avait conduit chez nous la guerre entre catholiques et protestants au 16è siècle. Mais même si nous n’oublions pas l’histoire tragique de l’Occitanie, nous ne pouvons que constater que la chrétienté d’aujourd’hui, qu’elle soit catholique, protestante ou orthodoxe, est dans l’ensemble détachée du pouvoir temporel. Nous ne sommes plus à l’époque du « sabre et du goupillon ».

Assassiner un prêtre, homme de paix et de tolérance et de plus un homme âgé, nous choque profondément mais il faut bien comprendre que pour Daech, il ne saurait y avoir de respect pour qui que ce soit. Ils incitent leurs « soldats » à tuer père, mère, frères, sœurs, enfants etc. quel que soit leur sexe, leur âge, leur appartenance ethnique, leur religion ou leur philosophie. Nous pouvons nous indigner mais il n’y a pas lieu de s’indigner : Daech est une machine à tuer froidement les chiites, les musulmans jugés mécréants et tous les « croisés ». Qu’importe pour eux si de « bons » musulmans sunnites sont aussi tués dans les attentats. Ils ont une justification d’un cynisme inouï pour leur mort : Allah les accueillera tous au paradis ! (sic)

Devant de telles tueries, il est légitime d’éprouver de la tristesse et de la compassion et de le manifester par des bougies, des fleurs, des rassemblements etc.

Il est aussi légitime d’éprouver de la colère et de rêver de vengeance. Mais cette colère et ce désir de vengeance ne doivent pas se traduire en actes : abandon de l’État de droit, ratonnades, insultes adressées aux femmes voilées ou même à ceux dont le faciès trahit l’origine etc.

Bien sûr, on peut penser que les armes préconisées par l’église catholique pour lutter contre Daech : la prière et la fraternité, sont dérisoires et ne répondent pas au défi posé.

Limiter les garanties qu’offre l’État de droit à titre provisoire est souhaitable mais pas son abandon au profit d’un État policier qui n’empêcherait pas les attentats.

La polémique entre l’opposition et le gouvernement et sa majorité du style : y a qu’à, faut qu’on, même si certains reproches faits au gouvernement sont justifiés, manque de dignité. On n’est pas pour autant obligé de croire à une « union nationale » forcément factice en ces temps préélectoraux.

Alors que faire ?

Il n’existe pas de réponse toute faite mais la racine du problème se trouve essentiellement chez nous si nous voulons supprimer la 5ème colonne qui gangrène les quartiers dit sensibles de nos villes petites et grandes.

Les divers gouvernements de gauche comme de droite ont au cours des dernières décennies conduit des politiques envers ces quartiers dont le bilan est en demi teinte. Il reste beaucoup à faire pour désenclaver ces quartiers en matière de transports en commun et de service public en général. Surtout, il faut offrir à ces jeunes issus de l’immigration en manque de repères des perspectives d’emploi sur place ou à l’extérieur. Cela passe par une remise à plat du système éducatif qui ne peut plus faire face à la déstructuration et la marginalisation des familles, qui ne peut pas lutter efficacement contre les sirènes d’une économie clandestine à base de drogue. Cela passe par une reconquête par les pouvoir publics de ces quartiers ou doit régner l’ordre public comme partout ailleurs. C’est le travail d’au moins une génération pour rattraper le temps perdu.

Nous avons besoin pour cela de l’entière collaboration de la communauté musulmane. Nous ne résoudrons pas le problème du terrorisme islamiste sans eux. Ils connaissent bien leur communauté et ils peuvent jouer le rôle d’efficaces « lanceurs d’alerte ». Il faut qu’ils sortent du déni du style les terroristes n’ont rien à voir avec l’islam. Il faut qu’ils acceptent que ce sont des musulmans comme les autres même si ce sont de très mauvais musulmans et qu’ils fassent le ménage chez eux. Ils seront peut-être plus efficaces que l’État pour prévenir les dérives terroristes.

Notre relation avec les musulmans doit être basée sur la franchise. Tous les musulmans ne sont pas de terroristes. Nous pouvons et devons vivre avec eux en paix mais il ne peuvent pas prétendre faire de notre pays une terre d’Islam. Nous leur demandons non pas de renoncer à leur religion et à ses préceptes mais de les adapter raisonnablement à un pays laïque. Dans notre démocratie, nous revendiquons le droit de critiquer et de débattre sur toutes les religions et tous les systèmes philosophiques et politiques sans être menacés de mort. Critiquer l’islam ne signifie nullement être islamophobe. De nombreux penseurs musulmans de religion ou de culture le font bien chez nous, et plus difficilement il est vrai, dans les pays musulmans.

Ce qui rassemble les hommes et les femmes avant la communauté des croyants (Oumma pour les musulmans) c’est d’abord, comme l’écrit François Fontan, l’appartenance à une nation définie par l’existence d’une langue propre. Pour l’Occitanie, il n’y a pas d’un côté les Occitans et les musulmans, il ne peut y avoir que des Occitans conscients de leur occitanité quelle que soit leur appartenance religieuse, philosophique ou politique. Il ne peut en être autrement chez nous qui sommes les héritiers de la civilisation du « paratge » qui a inventé l’égalité et le « vivre ensemble ».

Jean-Pierre HILAIRE

Daech,encore !.

Daech,encore !.

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