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Peuple en lutte : occitanie, programme du P.N.O.

14 Août 2016 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #peuples(bretons-catalans-basques-etc), #P.N.O., #occitanie, #Internationalisme

Occitanie : vers l'indépendance.

Sur notre planète tous les peuples n'ont pas encore accédé à l'indépendance, loin de là. Des femmes et des hommes dans ce pays occitan travaillent pour qu'un jour un État Occitan indépendant puisse voir le jour et ce en utilisant des moyens démocratiques. Le Parti de la Nation Occitane est un de ces rares mouvements qui lutte dans ce sens.

Mais comme tout mouvement remettant en cause l'ordre établi et certains avantages liés à cette situation dans le milieu même du peuple colonisé, les fausses allégations sont nombreuses.

Que propose vraiment le Parti de la Nation Occitane ?

Afin de préciser ses souhaits et revendications le P.N.O. met en ligne son programme mis à jour en juillet 2016.

Il est bien évident que ce texte sera développé et précisé au fur et à mesure des demandes et réflexions.

Je pense que toutes les critiques seront les bienvenues, tant qu'elles resteront dans le domaine de la courtoisie.

Jean-Marc PELLET

 

Programme National / Programa Nacional

Document approuvé par la réunion de Rodez, 23 juillet 2016

 

État de la révision au 23 juillet 2016, après les CN de Bagnols (novembre 2015) et Layrac (avril 2016) et échanges ultérieurs jusqu’à la réunion de Rodez (juillet 2016)

 

1)      L'Occitanie est une nation, dont le territoire a été annexé par d'autres nations au cours de l'histoire, par manipulations féodales ou par la force des armes.

Ce territoire est actuellement administré, sur les plans politique, économique, social et culturel, par les États français, italien, espagnol et monégasque au sein de l’Union Européenne.

L’Occitanie n’a pas encore réussi à se constituer en État unitaire englobant la plus grande partie de l’espace où la langue occitane est parlée malgré l’extension du royaume d’Aquitaine et la tentative de création d’un État occitano-catalan tuée dans l’oeuf à Muret.

Au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, le Parti de la Nation Occitane revendique, à terme, la création sur ce territoire pacifiquement réunifié d’un État fédéral occitan, souverain, membre de l'Union Européenne et de l’ONU.

Cet État sera l’aboutissement d’un processus d’émancipation nationale qui pourrait se réaliser par étapes (regroupement de régions, large autonomie interne, fédéralisation des États existants), morceau par morceau, peu à peu.

 

2)      L’État fédéral occitan, ses composantes fédérées ainsi que les entités territoriales autonomes qui préfigureront sa constitution se doteront d’institutions démocratiques à la fois modernes et héritières des traditions démocratiques occitanes :

- élections des représentants au suffrage universel direct et à la proportionnelle ;

- non-cumul des mandats ;

- référendum d’initiative populaire ;

- Chef d'État représentant la Nation mais sans exercer le pouvoir politique.

 

3)      Le Parti de la Nation Occitane soutient toute initiative visant à accroître dans tous les domaines, l'autonomie et la coopération entre les collectivités territoriales et pays historiques occitans dans l’État français, le Conseil Général d’Aran et les vallées occitanes de la région Piémont en Italie.

La réforme territoriale qui fait passer le nombre des régions « françaises » de 22 à 13 s’est faite de manière technocratique et a été calculée pour gommer toute identité ethnique trop évidente.

Elle a forcé d’anciennes régions majoritairement occitanes à se regrouper avec des régions françaises : l’Aquitaine, le Limousin et l’Auvergne.

Le Parti de la Nation Occitane se prononce pour une remise en cause de cette réforme territoriale.

Le Pays basque sera détaché de l’Aquitaine et formera une entité autonome en attendant son intégration dans un État basque indépendant.

Le Roussillon catalan a vocation à quitter la région « Occitanie » (Centrale) et à former une collectivité territoriale distincte en attendant son rattachement à un État catalan indépendant.

 

4)      Au niveau local, cette affirmation identitaire doit également se faire sentir par la restructuration de l'espace à travers les petits pays, notamment historiques.

Seuls échelons de proximité après la commune, ces microrégions, en tant que bassins de vie et d'emploi doivent être également des vecteurs de cohésion sociale.

Le département est appelé à devenir une antenne locale de la région.

 

5)      Des régions occitanes aux pouvoirs considérablement renforcés, dotées d’importants moyens financiers les rendant comparables à celles des pays européens voisins, pourront en concertation étroite avec la population et les responsables socio-économiques, impulser le développement économique et aménager le territoire.

Cet aménagement devra prendre en compte le sous-équipement et la désertification de vastes zones d'Occitanie, situées en dehors de l’axe Bordeaux-Toulouse- Montpellier-Marseille-Nice.

Il devra passer par un rééquilibrage des transports entre la route, le rail (lignes est-ouest, généralisation du ferroutage), par le transport fluvial et aérien.

Les investissements prioritaires à réaliser devront se faire dans le respect de l'environnement et des patrimoines naturel et culturel.

Une collaboration de plus en plus étroite entre les régions occitanes permettra d'éviter les doublons dans les investissements.

 

6)      Ces investissements nécessitent d’importantes ressources financières. Les régions en disposeront en levant l’impôt sur place et en reversant aux institutions françaises et européennes une part négociée.

La coopération entre les régions occitanes induit une solidarité économique. L'épargne doit être mobilisée sur place afin que les citoyens occitans aient le sentiment de participer activement au développement régional.

La part de l'État dans la gestion des ressources du sous-sol, des grands moyens de production d'énergie, des infrastructures autoroutières et ferroviaires doit être transférée aux régions pour leur permettre, entre autres, de désenclaver les zones mal desservies par les réseaux routier et ferroviaire.

 

7)      Les pouvoirs publics occitans interviendront autant qu’ils le peuvent, pour un développement économique durable, créateur d'emplois :

- par la recherche et l'impulsion de nouvelles filières (protection de l’environnement, énergies nouvelles et renouvelables comme le solaire, éolien, énergies vertes etc...).

La promotion de ces nouvelles filières ne signifie pas l’abandon immédiat des hydrocarbures conventionnels. En revanche, la recherche et l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique doivent être proscrites. Le nucléaire doit être progressivement abandonné en raison des problèmes liés à l’extraction de l’uranium et au stockage des déchets.

- par le soutien aux initiatives privées individuelles et collectives (notamment aux T.P.E. (Très Petites Entreprises) et aux P.M.E. (Petites et Moyennes Entrprises) ;

- par la promotion des productions occitanes, notamment à l'exportation, en s'appuyant sur les points forts et toutes les potentialités de l'économie occitane en matière d’agriculture, d’agro-alimentaire, d’énergie, de technologies avancées etc.

Cette volonté de développement visera en priorité les zones les plus défavorisées. L’objectif prioritaire est de faire en sorte que les habitants soient suffisamment qualifiés pour pouvoir s’intégrer dans le marché local du travail si tel est leur désir et que les entreprises régionales occitanes soient suffisamment compétitives pour être bien placées.

 

8)      Dès que possible les régions et les autres collectivités territoriales occitanes devront consacrer à la valorisation et à la promotion de la langue et de la culture notamment traditionnelle occitane au moins autant de ressources que pour la langue et la culture françaises (respectivement espagnoles ou italiennes).

La reconnaissance de l’occitan par les constitutions et les lois françaises, espagnoles et italiennes doit ouvrir la voie à son officialisation et à la généralisation de son emploi dans la vie publique.

La connaissance de l’occitan deviendra nécessaire pour l’accès aux postes de la fonction publique.

L'enseignement, que le Parti de la Nation Occitane souhaite placer sous la responsabilité des régions, sera progressivement entièrement organisé selon le modèle bilingue d'immersion précoce (ce qui n’exclut pas l’apprentissage des langues étrangères).

Il devra apporter à tous les enfants la maîtrise de la langue occitane et une ouverture vers les langues et cultures de plusieurs autres peuples.

Un service public de formation des adultes à la langue et à la culture occitanes sera organisé par les régions pour répondre à la demande de récupération de l'identité nationale, à la demande d'intégration des populations nouvellement  installées, et aux besoins induits par la généralisation de l'occitan dans la vie publique.

Un enseignement supérieur et une recherche scientifique autonomes et largement décentralisés seront sollicités pour accompagner cette politique de renaissance linguistique.

Le Parti de la Nation Occitane est conscient que le processus de récupération et de socialisation de la langue occitane sera long. Il peut être impulsé par les pouvoirs publics occitans mais son succès dépendra avant tout des Occitans de souche ou d’adoption.

Pour les vallées occitanes de l’État italien et la Val d’Aran, le Parti de la Nation Occitane souhaite des compétences et des politiques linguistiques analogues dans la mesure du possible.

 

9)      L’Occitanie reçoit depuis longtemps une importante immigration du Sud comme du Nord (notamment française). La bonne intégration de ces immigrés est nécessaire.

Elle passe forcément pour l’instant par la connaissance du français pour ceux qui ne le maîtrisent pas, mais à terme, elle passera aussi par la connaissance de la langue et l’adhésion à la civilisation occitane.

Elle passe aussi par le respect des règles de vie commune dans une société démocratique.

 

10)       Compte tenu de la fragilité de la biosphère, du réchauffement climatique et de ses conséquences prévisibles, le Parti de la Nation Occitane entend léguer aux générations futures une Occitanie viable.

La sauvegarde des milieux naturels fragiles doit aller de pair avec la recherche d'une pollution réduite au minimum grâce à l’utilisation d’énergies propres et renouvelables autant que possible.

Développement économique et respect de l’environnement sont compatibles.

La recherche et l’utilisation d’énergies vertes sera fortement créatrice d’emplois en Occitanie.

Les sciences et les techniques sont à mobiliser dans cette direction.

 

11)    L'initiative individuelle et collective, notamment de type coopératif, soutenue et guidée par les pouvoirs publics, semble apte aujourd’hui à assurer le développement harmonieux de notre pays.

Ce développement doit aussi inclure les zones aujourd’hui défavorisées.

L’intervention publique aura notamment pour priorité d’aider les entreprises qui créent des emplois sur place et contribuent au développement économique local.

L'État fédérale occitan et ses collectivités auront notamment pour mission de :

- garantir l’ordre public,

- gérer les agents publics,

- garantir par un financement diversifié un système de retraites solidaire,

- promouvoir la solidarité intergénérationnelle,

- faciliter le renouvellement des générations par des mesures allant du soutien aux parents de jeunes enfants au développement diversifié des modes de garde,

- garantir avec les partenaires sociaux et la collectivité un système de protection sociale (assurances maladie, vieillesse, chômage ...)

- veiller à la solvabilité du système bancaire, dans un cadre européen perfectible, et promouvoir le financement des créations d’entreprises et des investissements des entreprises occitanes.

 

12)    L’Occitanie sera solidaire des luttes menées démocratiquement pour leur émancipation par les diverses nations.

Pour pouvoir exprimer tout leur potentiel économique, culturel et social, les peuples doivent pouvoir jouir de la plus large autonomie possible et exercer leur droit à l'autodétermination. Sans attendre l’indépendance de l’Occitanie, nous exigeons que l'État français signe et applique les accords internationaux en faveur des nations sans État, notamment la charte européenne des langues régionales et minoritaires et la convention européenne pour la protection des minorités nationales.

 

13)    Favorable à une construction européenne raisonnable, le Parti de la Nation Occitane entend voir limitées au maximum les décisions bureaucratiques prises au nom des peuples.

Les peuples doivent être consultés sur tous les sujets d'importance engageant leur destinée.

Au sein de l'Union Européenne, la dimension ethnolinguistique doit être prise en compte.

Le Parti de la Nation Occitane est favorable à l'indépendance des peuples de l'outre-mer français (Antillais, Guyanais, Kanaks, Maoris, Mahorais et Corses).

Il soutient les aspirations à la liberté des autres nations sans État.

Rendre leur liberté à tous les peuples sans exception, c'est œuvrer pour la paix.

Ce n’est pas un protectionnisme illusoire et un repli sur soi, c’est la redéfinition des relations internationales sur des bases équitables pour une plus grande solidarité et une meilleure compréhension entre les peuples.

L’Occitanie, historiquement terre de passage et d’ouverture n’a pas vocation à vivre en autarcie.

Elle aura des relations avec toutes les autres nations du monde.

Occitanie et ses grandes régions.

Occitanie et ses grandes régions.

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