Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Présentation

VOUS ETES LE :

     
 
       
    
MERCI DE VOTRE VISITE

UNE VUE D'EN HAUT

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Images Aléatoires

Texte Libre

Vous êtes sur le blog d’une assos humanitaire OCCITANE qui «travaille » au Nord Niger avec les TOUAREG, entre AGADEZ et ARLIT.
Nous apportons une aide à quatres écoles de brousse, en zone nomade : SIKERAT / AZAR / ANOU N’AGAROF / IN JITANE/.
Vous pouvez participer à ce blog en posant des questions, j’y répondrais dans la mesure de mes connaissances.

Vous pouvez aussi nous aider en adhérant à E.O.T, l'adhésion est fixée à 20€ pour l'année. Chèque à l'ordre  de "EOT"  à :  "Entraide Occitano Touarègue"
                                                                          La Coste
                                                                 07700 St Remèze


Accueil
                          
Vendredi 2 mai 2008
Amoumoun Halil
LA MONTAGNE, « GRENIER DE L’ECONOMIE NIGERIENNE »

Au Niger, l’état exploite les ressources de la montagne sans aucune implication de la population locale


Le Niger, terre de contrastes de 1 267 000 km2, est riche d’une nature puissante et majestueuse et d’un artisanat de très grande qualité. Peuplé par différentes ethnies (Touaregs, Peuls, Haoussas, Zarmas, Arabes, Toubou, Gourmantché et Kanuris), il a hérité d’une très grande diversité et de spécificité culturelles très nombreuses.
Agadez, capitale de l’Aïr, est la plus importante ville Touareg du Niger. Elle compte aujourd’hui plus de 130 000 habitants sur les 11,4 millions qui occupent le pays.
Ville étape de la route des caravanes, notamment pour le commerce du sel, c’est aussi un grand carrefour des civilisations, à mi-chemin entre le Maghreb et L’Afrique Noire. L’Aïr s’étend, d’Est en Ouest, de la bordure du Kawar aux montagnes du Mali et, du Nord au Sud, de la frontière Algérienne à la limite nord des cultures au Niger incluant toutes la zone pastorale du département de Tanout. Il compte parmi les plus hautes dunes et montagnes du monde et son sol cache d’incroyables richesses minières.

La montagne exploitée en dépit de son peuple

Depuis toujours, le peuple Touareg a compris que son environnement constituait pour lui sa principale richesse. Les ressources offertes par ce territoire sont généralement le pâturage, la flore, la faune, l’eau, les arbres, les produits de la cueillette et sous un angle plus général les minerais. Toute cette manne est actuellement soumise à une exploitation abusive par l’Etat du Niger et ses alliés sans daigner une seule fois confier une moindre responsabilité aux locaux encore moins leur injecter un quota à titre de dommage causé sur l’environnement. Des appels pour une conscientisation de l’Etat sur les conséquences de cette pratique ont été faits par la société civile et les autorités locales (Elus locaux) mais vain.

Renouer les liens Nord/Sud

L’ONG N’Niyat (« la volonté » en Tamasheq) prétend quant à elle mettre en relation les populations des pays du Nord et du Sud, et des pays du Sud d’est en ouest, afin d’échanger des expériences et de débattre de stratégies de développement durable dans le contexte de coopération décentralisée. L’ONG travaille notamment en tant qu’opérateur local en partenariat avec l’association ST Brieuc Agadez. Avec Elle, il participe à un projet ayant pour but de ;
- Matérialiser le jumelage entre les villes d?Agadez au Niger et de Saint-Brieuc, en France.
- Tenir compte des préoccupations locales
- Permettre au peuple touareg de se prendre en charge en recourant à ses propres potentiels et ainsi renouer avec sa culture.

Pour cela, il faut que les représentants locaux soient eux-mêmes des descendants de la communauté touareg, et ne soient plus imposés par l’Etat.

Le pastoralisme comme meilleure méthode de gestion durable et rationnelle des ressources naturelles dans les régions arides et semi arides comme l’AÏR.

En majorité pasteurs (nomades et transhumants), les Touaregs vivent en harmonie avec leur environnement (désert, oasis, plaines et montagnes) qui les dote de moyens de subsistance en quantité et en qualité. Chaque déplacement interne est effectué en préservant l’équilibre naturel du milieu. Pour cela, tout est soumis à un code, les déplacements, l’exploitation des points d’eau et des autres richesses, respectant des zones territoriales bien délimitées bien que totalement invisibles à l’œil étranger. Existent également des zones réservées pour la sécurité alimentaire des hommes et du bétail. Ainsi, il est formellement interdit d’exploiter ces espaces pendant la période d’abondance, car elles servent de recours lors des saisons sèches. Pendant ces périodes, les règles de déplacement changent afin de profiter au maximum de l’espace utile et de pouvoir accéder aux montagnes ou oasis qui sont plus souvent épargnés par la sécheresse. Toute mauvaise gestion du territoire est passible d’un retrait et d’une obligation pour la tribu de migrer.

Sortie affaiblie de la colonisation, la société touarègue est aujourd’hui totalement désarticulée et a perdu sa classe dirigeante. Le peuple touareg serait même devenu une entité taillée sur mesure pour assurer le relais des Intérêts du pouvoir en place. Aujourd’hui, le système de gestion des ressources des territoires touaregs se fait fi des notions touarègues de développement durable. Les politiques de gestion des richesses n’utilisent pas les connaissances des pasteurs en la matière, ne tiennent pas compte de leurs besoins, et les élus locaux ignorent le plus souvent tout de la région et de sa nature. Pour preuve, la construction de barrages qui détruisent l’ampleur de l’espace et empêchent les déplacements internes ; l’exploitation abusive des mines ; l’utilisation de matériel agricole à moteur qui appauvrit la terre ; sont des exemples concrets de « développement » dans lesquels la population locale n’a pas eu son mot à dire.

Aujourd’hui, l’économie touarègue est digne d’une économie de subsistance, et la zone est parmi les plus pauvres du monde en terme d’indice de développement humain. Le taux d’analphabétisme y est très inquiétant.

Dans l’Aïr, par exemple, le taux de scolarisation n’atteint que 16,5%. Pourtant, la montagne représente 85% de l’économie nationale. Si son système naturel de gestion est altéré, dans l’intérêt des Etats nationaux, ce n’est pas pour autant que le peuple touareg a le droit à la modernité. Le voilà perdu entre des traditions en voie de disparition et une pseudo modernité. Plus d’accès à l’eau en raison de la mauvaise exploitation de cette ressource par l’Etat ; pas d’infrastructures de base de santé et d’éducation ; une sédentarisation forcée, ont précipité la disparition des traditions, de la culture et du mode de vie spécifiques des Touaregs.

Un code pastoral, qui devrait rassembler des méthodes traditionnelles pour la gestion de chaque territoire, est en cours de rédaction sous l’impulsion de l’Etat mais de la façon indifférente possible. Encore faut-il que sa forme finale réponde réellement aux besoins des tribus et que l’Etat le respecte.
Le potentiel économique des montagnes pourrait alors être utilisé à bon escient et prétendre à la durabilité.

Il est aussi important que les sociétés minières répartissent les bénéfices afin de créer par exemple des infrastructures de santé ; de mise à disposition des bourses au profit des touaregs, mais aussi des écoles où l’on enseignerait le tifinag (écriture touareg), et où l’on pourrait transmettre les valeurs, les traditions et le savoir-faire des touaregs afin de stopper leur perte.

Tourisme solidaire, approche alternative pour mieux valoriser les ressources touristiques

Faire connaître pour faire renaître
La création d’un réseau d’agences offrant des voyages pourrait aussi permettre la diffusion de ce mode de vie et de cette culture particulière. Et pourquoi ne pas en profiter pour faire de la prévention, utiliser le tourisme solidaire comme un barrage à l’arrivée du tourisme de masse, encore peu développé mais de plus en plus en vogue dans cette zone. Il est important que les grandes enseignes de voyages internationales prennent conscience des dégâts qu’elles pourraient causer sur la préservation de la culture Touareg. Ce tourisme en pleine croissance, avec l’exploitation des terres pour la construction d’hôtels qu’il implique, risquerait d’augmenter les problèmes de gestions de l’espace. Cette perspective n’est pas envisageable sans l’implication des agences de voyages et de la population locales. Cependant, cette région manque fortement de professionnels en tourisme, il faut donc avant toutes choses trouver des partenaires financiers, des ONG, des associations qui puissent apporter un soutien non seulement financier, mais aussi partager leurs expériences dans le domaine et former du personnel qualifié.

Entre les Touaregs et la montagne, c’est une longue histoire d’amour. Elle est le refuge, la maison de tout touareg, elle porte en elle leurs origines, leur Culture et leur mémoire. Elle est pleine de défi, mais pleine d’espoir aussi.

Cet entretien a été réalisé par Davina Ferrera de ALMEDIO Consultores avec le soutien de la Fondation Charles-Léopold Mayer pendant la rencontre régionale organisée par l’Association des Populations des Montagnes du Monde - APMM.
Entretien avec Amoumoun Halil, Ingénieur Techniques Elevage, Coordinateur de l’ONG N’Niyat Agadez Niger, et promoteur privé dans le secteur de l’Elevage au Niger .
ALMEDIO - 2, traverse Baussenque, 13002 Marseille, FRANCE Almedio Consultores.
Norma 233, Maitencillo. Comuna de Puchuncaví. Va Región, CHILI - Fono: (56)32 277 2231 - Chile - www.almedio.fr - info (@) almedio.fr
APMM (Association des Populations des Montagnes du Monde) - 50 boulevard Malesherbes, 75008 Paris, FRANCE - Tel:+33.1.42.93.86.60 ? Fax:+33.1.45.22.28.18 - Francia - www.mountainpeople.org/ - contact (@) mountainpeople.org


Amoumoun Halil
vu de l’espace montagneux de l’AÏR au Niger




par Papadoc publié dans : TRIBUNE LIBRE communauté : vive le peuple Amazigh !
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
podcasteur sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus