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occitan-touareg

Patrimoine Immatériel de l'Humanité : de l'Occitan à Tamazight

28 Février 2009 , Rédigé par Papadoc Publié dans #peuples(bretons-catalans-basques-etc)

imzad
Les Peuples "Occitan et Touareg" s'organisent afin de pouvoir inscrire au "patrimoine immatériel de l'humanité" leurs différentes cultures.
Face à l'arabisation et la francisation, ces peuples doivent se défendre si ils ne veulent pas disparaître corps et âmes.
Pour rappel la dernière action menée en occitanie dans ce sens :
LANGUE D’OC (occitanie), PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITE
Pour rendre visible ce grand espace linguistique et culturel, dont la zone de diffusion, qui s’étend sur l’Italie, la France et l’Espagne, comprend 31 départements de la République Française, 12 Vallées alpines du Piémont, une petite partie de la Ligure, la commune de Guardia Piemontese en Calabre et la Val d’Aran en Catalogne (où il est langue officielle depuis 1990), et qui est situé au coeur de l’Europe, avec ses 13 millions d’habitants réunis par la langue et la culture d’ÒC, en 2008 - Année Européenne du dialogue interculturel - la Chambra d’òc consacre à l’appel “LANGUE D’OC, PATRIMOINE MONDIAL DE L’HUMANITE” le projet créatif de communication et de reconnaissance territoriale :
“L’Occitanie à pied Des Vallées occitanes du Piémont à la Val d’Aran en Catalogne”
voir article sur notre site.

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Débat à Tamanrasset sur le patrimoine culturel immatériel

Sortir les traditions sahariennes de la « folklorisation »
Abalessa, une petite ville du nord de Tamanrasset, ancienne capitale du Hoggar, ne veut pas rester à l’écart du débat universel sur la protection du patrimoine immatériel. Depuis le 23 février, la localité, célèbre par l’existence du tombeau de Tin Hinan, la reine des Touareg, abrite la première édition des festivités du patrimoine culturel immatériel, une manifestation organisée par l’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA).

Abalessa (Tamanrasset)
: De notre envoyé spécial
A l’ouverture, un débat scientifique a été engagé sur la meilleure manière de valoriser et de sauvegarder les richesses, parfois méconnues, du Grand Sud.
« Nous avons veillé à associer le débat scientifique entre experts à la démonstration avec des spectacles et des animations. Il faut faire sortir le patrimoine immatériel saharien du cadre folklorique », a estimé Farid Ighilahriz, directeur général de l’OPNA.
Rachid Bellil, du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), a expliqué toutes les difficultés surmontées pour inscrire l’ahellil du Gourara au patrimoine universel de l’Unesco. Il a rappelé l’action d’investigation et de collecte menée, dans les années 1970, par le romancier Mouloud Mammeri avec un groupe de chercheurs pour faire sortir l’ahellil de l’anonymat.
A l’époque, des enregistrements sonores avaient été faits, ce qui avait permis à l’Unesco d’éditer un disque. Mouloud Mammeri avait, lui, traduit du zénète, un dialecte parlé dans les ksour du Touat, au français les poèmes de l’ahellil.
La publication de cette traduction et du disque à Paris n’a pas aidé à faire connaître cette tradition musicale au public algérien.
Selon Rachid Bellil, l’ahellil du Gourara, dans sa forme mêlant danse, poésie et chant, est unique au monde, même si certaines variantes existent au Maroc.
« Il est regrettable de constater que les jeunes se détournent de l’ahellil dans sa région d’origine, attirés par les formes modernes de musique. Aussi, la transmission de l’ahellil est-elle en danger », a relevé R. Bellil, qui a évoqué l’existence d’un projet étalé sur trois ans, soutenu par l’Unesco, d’animer des ateliers d’apprentissage dans les collèges.
Il a souligné également l’organisation du festival annuel de l’ahellil à Timimoun, dont la finalité est de contribuer à la sauvegarde de ce patrimoine.
R. Bellil a regretté que certaines personnes, étrangères au Gourara et portées par « un complexe de supériorité », ont eu des « réactions négatives » lors des présentations de l’ahellil, provoquant un changement de la composante humaine des troupes. Il a cité l’exemple des femmes qui ne se produisent plus en public.
Autre regret : celui de Dida Badi du CNRPAH sur la non-inscription de l’imzad, un instrument symbole de la culture targuie, au patrimoine universel de l’Unesco.
La difficulté est liée au fait que les Touareg sont partagés entre plusieurs pays (Algérie, Mali, Niger, Libye…). Par conséquent, la demande d’inscription à l’institution onusienne doit émaner des Etats concernés par le patrimoine.
Dida Badi, auteur de Imzad, une musique millénaire de l’Algérie (paru en 2008), a collecté une soixantaine de poèmes et une quarantaine d’airs liés à l’imzad autant dans l’Ahaggar que dans le Tassili N’Ajjer (Djanet), et il a découvert que la mélodie est basée sur « un air principal ».
L’âge avancé des femmes qui jouent de l’imzad inquiète le chercheur sur la transmission correcte de la tradition artistique aux jeunes. Le travail de l’association Sauvez l’imzad de Farida Sellal ne semble pas faire l’unanimité à Tamanrasset.
On nous dit que Chena Alamine, la plus illustre des joueuse d’imzad de la région, a refusé de se joindre à cette association, contestant ses méthodes.
Dida Badi axe son travail actuellement sur le tazanghret, « le blues du Hoggar ».
Selon Joao Soeiro de Carvalho de l’université de Lisbonne, la sauvegarde du patrimoine musical passe par la recherche, l’animation, l’expérimentation et la diffusion.
A travers l’édition de livres, de CD, de promotion sur internet, l’Etat doit, selon lui, contribuer à conserver cette tradition.
Le chercheur portugais a souligné que dans plusieurs pays, les mélodies traditionnelles ont été « happées » par la world music. Kaddour Medjahed de l’OPNA s’est intéressé à l’environnement naturel du patrimoine immatériel à Idlès et à Tazrouk.
Par Faycal Metaoui

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