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occitan-touareg

/Niger/Agadez/"Aïr Info" numéro 93 de Mars vient de sortir

17 Mars 2009 , Rédigé par Papadoc Publié dans #En direct de KOUTOU KALE


Le dernier numéro de "Aïr Info" vient de sortir.
Comme d'habitude, de nombreux articles, dont je vous laisse le choix d'en tirer les conclusions que vous voulez.
Je constate que l'autocensure est encore de rigueur, et je tiens ici même à rappeler aux lecteurs et lectrices que l'armée de Tandja seule, a commis de trop nombreuses exactions et crimes odieux sur des civils Touareg.
Le président Tandja Mamadou a le devoir de sanctionner ces militaires qui se sont comportés de trop nombreuses fois comme de vils assassins.
Monsieur Tandja doit libérer tous les civils, hommes et femmes, emprisonnés dans le cadre de la "mise en garde".
Si Monsieur Tandja veut "rentabiliser" ses prisons, il n'a qu'à y envoyer les militaires qui ont déshonorés le pays.
J-M P


MNJ

Du 25 au 26 février 2009 s’est tenu à l’Hôtel Ténéré de Niamey un grand forum sur la Paix au nord Niger et nord Mali sur initiative propre de M. Mohamed Anacko, Haut Commissaire à la Restauration de la Paix du Niger. Des délégations venues de Kidal et Gao au Mali et d’Agadez et Tahoua au Niger ont pendant deux jours échangé pour trouver les voies et moyens susceptibles de faire taire les armes tant au Mali qu’au Niger. Des propositions d’urgence et à long terme ont été faites pour une sortie de crise et pour une paix durable afin que le Sahara ne soit plus le théâtre de trafics de tous ordres.
Après le forum, Aïr Info a tendu son micro à Mohamed ANAKO Haut commissaire à la restauration de la Paix. Interview


M. le Haut Commissaire à la restauration de la paix, pourquoi un forum de paix aujourd’hui ?
Il y a quelques semaines, nous avions approché le président de la République SEM Tandja MAMADOU pour lui faire part de la tenue d’un forum de paix en zone nord Niger nord Mali. Il nous a donné son accord de principe et nous a encouragés. Et avec le concours de certains partenaires comme l’Union européenne et la coopération du bureau Canadien, nous avions pu gagner ce pari.
Avant sa tenue, il y a eu de missions préparatoires qui nous ont conduits en Algérie et au Mali où nous avions eu le soutien des autorités et des représentants de communautés vivant dans ces zones. Idem au Niger où nous avions effectué des déplacements à l’intérieur et précisément dans la zone nord où l’idée du forum a aussi été bien accueillie. Les gens sont venus de partout car c’est un forum très important pour ces deux pays qui traversent une période d’insécurité.
L’Etat du Niger refuse de « négocier avec l’arme à la joue » et préconise le dépôt des armes avant toute négociation ! Pensezvous que cela soit possible ?
En tant que Haut Commissaire à la restauration de la paix, je pense que la position du pouvoir public du Niger a évolué.
Le président de la République n’a pas totalement fermé la porte au dialogue, il a exclu tout simplement de dialoguer avec des trafiquants de drogue ou d’armes, en un mot des bandits.
Et cela nous amène à nous poser certaines questions.
La première est de savoir au niveau de ce groupe armé qui opère au nord Niger qui sont les trafiquants, qui sont les bandits et qui sont les rebelles !
Ainsi nous comprenons qu’effectivement c’est une mosaïque qui opère dans ce nord du Niger et du Mali.
On trouve des rebelles, des trafiquants, des bandits et à force de se côtoyer, les gens deviennent des amis.
Le président de la République a toujours voulu faire la différence entre ces différents groupes. Les groupes qui ne sont pas mouillés dans ce genre de trafics ont la porte ouverte. Il les attend à tout moment pour dialoguer s’ils acceptent de déposer les armes.
Le Mali est aujourd’hui en train de panser ses plaies dans la cohésion presque retrouvée, pensez-vous qu’une paix durable soit possible au Mali sans une quiétude au Niger ?
J’ai toujours dit qu’il ne peut jamais y avoir une paix durable au Mali si elle n’existe au Niger et vice versa. Nos frontières sont très perméables et nous n’avons pas les moyens de les contrôler. Et le comble, c’est avec tous ces islamistes qui opèrent actuellement dans cette zone du Sahara entre la Mauritanie, le Mali, le Niger, l’Algérie, le Soudan...
Tant qu’il y aurait ces réseaux mafieux qui circulent dans cet espace, il ne peut y avoir de paix durable et définitive.
En tant que Haut commissaire à la restauration de la paix, comment arrêter selon vous cette insécurité qui ruine les efforts de nos deux pays ?
Je ne peux que préconiser une paix durable pour nos deux pays !
Le Mali est, lui en train de construire sa paix. Pour le cas du Niger, le forum a été très clair, il faut cesser les hostilités de part et d’autre. Il faut créer les conditions d’une accalmie, d’un apaisement parce que les populations ont trop souffert ! Il y a eu trop de blessures qu’il faut songer à panser rapidement. Il faut créer les conditions d’un retour de confiance. Il faut que les Nigériens se pardonnent et fassent preuve de tolérance. Nous sommes un peuple tolérant par nature et donc il nous faut commencer par le pardon.
Oui, je pense qu’avec une petite étincelle de pardon, tout le monde va applaudir et on va aller vers la paix. Il y a une réelle volonté d’aller vers la paix tant au Mali qu’au Niger. On peut le faire au Niger car les populations du nord ne sont pas minoritaires et concentrées au nord.
Quoi qu’on dise, ces populations sont présentes partout au Niger. Et le brassage aidant, par le mariage par exemple, l’unité de notre pays repose sur un fondement de valeur.
S’il vous est demandé de dire un dernier mot par rapport au forum, que diriez-vous ?
Le forum a été une réussite parce que nous avons amené les ressortissants de ces régions à faire le pronostic de cette situation d’insécurité qui sévit dans ces zones. Les invités sont arrivés à comprendre qu’en réalité le phénomène le plus grave et à même de compromettre sérieusement leurs chances de développement et l’avenir des générations futures, c’est le trafic de drogue et d’armes.
Le forum a été unanime que quelque chose doit être fait pour arrêter ce phénomène sinon aucune paix durable ne peut être construite.
Les gens ont pris conscience de ce problème et maintenant il faut amener les Etats à y faire face.
Il faut que les Etats fassent confiance aux ressortissants de ces régions et les responsabiliser à faire face à ce problème. Et au delà de ça, il faut une synergie entre tous ces Etats riverains du Sahara pour lutter contre ce banditisme de grands chemins.
Interview réalisée par DIM

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