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occitan-touareg

/Occitanie/Lu Lugarn n° 97/98

3 Juin 2009 , Rédigé par Papadoc Publié dans #occitanie

La revue occitane "Lu Lugarn" "printemps-été" est en ligne.

Le téléchargement est gratuits, mais rien n'interdit de faire un "don" à la revue !
A noter que ce numéro est particulièrement orienté sur les "50 ans du PNO".
Un extrait de la revue, qui rappelons le, est composée d'articles en Français, mais aussi en occitan.

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Spécial anniversaire de François Fontan 
Si François Fontan était encore parmi nous, il aurait 80 ans cette année.
Il avait trente ans lorsqu’il a fondé à Nice en 1959 le Parti Nationaliste Occitan et cinquante ans lorsqu’il a disparu prématurément laissant un grand vide chez ses amis et disciples.
Que va faire le Parti de la Nation Occitane, successeur du Parti Nationaliste Occitan, pour honorer sa mémoire ?
Tout d’abord, que le parti qu’il avait fondé lui ait survécu est un petit miracle que l’on doit à la détermination de certains adhérents et responsables de la première heure comme Jacques Ressaire qui a assumé la lourde charge de secrétaire national et de Jean-Louis Veyrac qui vivait avec François Fontan à Fraisse et représentait sa mémoire historique.
Cette survie n’allait pas de soi tant François était un personnage qui ne laissait personne indifférent.
Beaucoup dans le petit monde clos de l’occitanisme culturel et politique vouaient à ses idées et à sa personne une haine féroce le plus souvent basée sur une méconnaissance profonde des deux. Cette diabolisation a dépassé le cadre limité de l’Occitanie et s’est propagée dans une certaine intelligentsia française et internationale.
Lui et nous étions catalogués comme fascistes d’extrême-droite et l’ethnisme était défini comme une forme de racisme. De plus, notre tare rédhibitoire était d’être pro-sionistes et anti-palestiniens.
Je ne citerai que ces exemples tant la litanie des calomnies serait longue et fastidieuse.
Pendant longtemps, le mouvement politique occitan concurrent du P.N.O, d’abord incarné par la création de Robert Lafont Lutte Occitane puis V.V.A.P et enfin le Partit Occitan s’est défini par opposition au nationalisme occitan et à l’ethnisme.
50 ans après, le P.N.O est toujours là, même s’il n’est pas aussi fort que nous le souhaiterions.
En concurrence avec lui, ne restent que le Partit Occitan, autonomiste de gauche, où le mot nationalisme n’est plus tabou et où le P.N.O a des amis, Iniciativa per Occitània fondé entre autres par un déçu du P.N.O, groupe fontanien de gauche et Anarem au Patac, indépendantiste occitan d’extrême gauche dans le style Nouveau Parti anticapitaliste de Besancenot mais qui risque d’abandonner l’indépendantisme.
Nous sommes toujours là et les occitanistes culturels et/ou politiques se définissent par rapport à nous.
Mais la génération des « anciens qui ont connu et côtoyé Fontan commence à passer la main. Ce cinquantième anniversaire du P.N.O sera marqué par le remplacement de Jacques Ressaire à la présidence par Philippe Bonnet, un militant beaucoup plus jeune qui n’a pas connu Fontan.
D’autres militants encore plus jeunes seront appelés, lors qu’ils seront installés dans la vie, à prendre des responsabilités dans notre parti. Nous leur transmettrons la mémoire et nous nous effacerons lorsque le moment sera venu.
Le Parti vient également de se doter d’un nouveau programme progressiste pour remplacer l’ancien qui datait de dix ans et être mieux en prise avec les réalités de l’Occitanie et d’un monde qui a beaucoup changé ces dix dernières années.
Nous avons choisi Rodez dans le Rouergue, au coeur de la région Guyenne dont François souhaitait la création, pour réunir le 25 juillet les membres du P.N.O et les amis et sympathisants autour d’une bonne table (car François aimait la bonne chère) et pour parler de l’avenir du Parti, de l’ethnisme et en débattre aussi avec le public des festivaliers.
Nous avons déjà publié en 1991, en supplément au Lugarn, une brochure intitulée Hommage à François Fontan et le mémoire de DEA d’Eric Possenti La pensée politique de François Fontan (Lugarn 92-93).
Reste la tâche la plus ardue : réécrire Ethnisme vers un nationalisme humaniste ou à tout le moins actualiser l’ethnisme comme le suggère Ben Vautier, fontanien des origines, dans une série de questions pertinentes qu’il nous a adressées. Mais dans ce numéro, c’est plutôt de l’homme et de la genèse du Parti à Nice d’abord et dans le reste de l’Occitanie à travers des textes ou des interviews de personnes qui ont fréquenté Fontan pendant les années cruciales que nous voulons parler.
Nous déplorons que l’une d’entre elles, Jean- Marie Le Clézio, prix Nobel de littérature, malgré nos sollicitations, ait choisi de garder le silence.
De deux choses l’une, ou bien Le Clézio a la grosse tête et ne veut pas s’abaisser à répondre à des gens aussi peu importants que nous à ses yeux ou bien il a décidé de tirer un trait sur ce passé et ne souhaite pas s’exprimer. C’est d’autant plus dommage que son attachement à la Bretagne et à la langue bretonne que nous avions souligné dans le dernier numéro du Lugarn pouvait laisser penser qu’il ne refuserait pas de parler de ses rapports avec Fontan. Nous avons également en notre possession, les carnets intimes de François Fontan où il notait chaque jour en graphie phonétique ce qu’il faisait et qui il rencontrait.
Jacques Ressaire a commencé avec courage le travail de bénédictin de transcription de ces carnets dont nous publierons des extraits un jour prochain. Cela nous permettra certainement de mieux cerner la vie et l’oeuvre révolutionnaire de cet homme trop méconnu encore et d’en tirer des leçons pour nous aider dans cette immense entreprise que constitue la libération de la nation occitane et de toutes les ethnies opprimées du monde entier.
Jean-Pierre Hilaire 27 avril 2009

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