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/Touareg/Occitans/Corses/"les droits des peuples"

5 Juin 2009 , Rédigé par Papadoc Publié dans #peuples(bretons-catalans-basques-etc)

U Ribombu
Internaziunale :
François Alfonsi, vous êtes 2e sur la liste Rassemblement Europe Ecologie, conduite par Michèle Rivasi, pour la région sud-est de la France.
Quel est le sens de votre participation à cette démarche ?
François Alfonsi : Le PNC (l'UPC avant lui) entretient des relations très anciennes avec l'écologique politique. Moi même je suis investi dans ce relationnel depuis plus de 20 ans.
Ces échanges ont été élargis à la Fédération Régions & Peuples Solidaires qui regroupe tous les combats de peuples en France (Alsaciens, Basques, Bretons, Catalans, Occitans, Savoyards) et auquel le PNC participe.
Ils nous ont permis de conclure des accords à plusieurs reprises dans l'histoire. Ainsi, Max Simeoni déjà en 1989 avait été élu député européen sur la liste des Verts.
Notre participation au sein de la démarche Europe Ecologie procède de la même logique politique.
Sous l'impulsion notamment de Daniel Cohn Bendit, les Verts, mais aussi la plupart des grands courants écologistes en France (les altermondialistes de José Bové, le Pacte de Nicolas Hulot, Greenpeace, France Nature Environnement) se sont réunis à travers cette démarche que nous avons rejoint tout naturellement. Au terme des négociations, nous avons obtenu cette deuxième place dans le sud-est qui m'intègre non seulement comme représentant corse, mais aussi comme représentant des peuples d'Europe.
En effet, ces accords sont conclus au titre des relations entre Verts et Alliance Libre Européenne.
L'ALE est un parti politique européen qui regroupe les nationalistes écossais (SNP), basques (EA), catalan (ERC), Galicien (BNG), flamand, sardes etc...
Au total, il fédère 40 partis politiques nationalistes et comptent 6 eurodéputés qui composent avec les Verts, et depuis déjà 2 mandatures, le 4ème groupe du parlement européen, le groupe Verts-ALE présidé par Daniel Cohn-Bendit.
C'est dire toute la cohérence politique de la démarche.
Si je suis élu le soir du 7 juin, je siégerai dans ce groupe avec tout l'appui nécessaire pour faire entendre la voix de la Nation Corse à Bruxelles.
U.R.I : Les thèmes d'écologie politique et de partenariat euro-méditerranéen sont notamment au coeur de votre campagne électorale, pouvez- vous nous en dire plus ?
F.A : Le combat corse en tant que tel est un combat écologiste au sens noble du terme.
L'écologie politique ce n'est pas seulement la défense de l'environnement, qui est fondamentale dans le monde où nous vivons, mais c'est aussi les droits de l'homme et les droits des peuples, parmi lesquels le droit à parler sa langue, faire vivre sa culture, le droit à la justice sociale, le droit à l'autodétermination.
Le partenariat, et je dirai même le défi euro-méditerranéen sera une grande question de la prochaine mandature. Je compte m'y investir en priorité.
La position de la Corse au coeur de la Méditerranée, aux confluents de plusieurs cultures et de plusieurs zones d'influence, Provence au nord, Toscane à l'est, Catalogne à l'ouest, Maghreb au sud, nous offre une position privilégiée pour tenir un rôle majeur.
L'important c'est que tous les peuples de Méditerranée participent à cette construction commune qui pour l'instant est monopolisée par les Etats.
Cela vaut bien sûr pour le peuple corse et tous les peuples concernés en Europe, mais aussi sur l'autre rive de la Méditerranée, et notamment le peuple berbère dont nous soutenons les combats.
U.R.I : La liste est actuellement créditée de 10% dans les sondages.
Pour obtenir 2 élus, il faudrait obtenir plus de 12% des voix. En cas d'élection, quel serait votre rôle, en tant que nationaliste corse au parlement européen ? F.A : La liste est créditée de 10% à l'échelle de la France.
Le Sud-Est est une région forte pour les écologistes qui y obtiennent traditionnellement de meilleurs scores, environ 1 point de plus.
Un sondage de 10% à l'échelle de toute la France équivaut à 11% dans la circonscription du Sud Est où je suis candidat. Le mode de scrutin est complexe. Avec un peu plus de 5% toute liste obtient d'emblée un élu.
Pour les élus suivants, l'élection se fait à la plus forte moyenne, ce qui veut dire que cela dépend de la distance avec les listes qui vous précèdent et les listes qui vous succèdent.
 Si l'on conserve les résultats actuels des sondages pour chaque liste, le second élu d'Europe Ecologie, peut l'être à 11,2%. Le troisième à près de 20%.
Ce qui veut dire que mon élection est à notre portée et que le "coup de rein pour franchir le seuil peut être apporté par la Corse.
En clair, l'élection d'un député nationaliste corse au soir du 7 juin, dépend des Corses, et particulièrement des nationalistes corses.
J'ajoute qu'un bon score pour la liste Europe Ecologie serait une façon de rendre hommage aux écologistes, qui ont toujours soutenu nos luttes, notamment en portant la question des prisonniers politiques au Parlement Européen.
Si un nationaliste corse est élu à Bruxelles, l'impact de cette élection ne sera pas simplement le renfort d'un eurodéputé supplémentaire pour le groupe Verts-ALE. Il ne sera pas non plus que le gain d'un représentant pour la Corse au parlement européen. Il sera un message fort donné à Paris, comme à Bruxelles, sur la globalité du combat national corse et sa pertinence.
Encore une fois, j'aurai tout le poids politique nécessaire pour le dire au sein de mon groupe et j'entends être non seulement un relais chaque fois que nécessaire, mais aussi un porte-parole permanent et offensif sur toutes les questions cruciales qui conditionnent notre avenir.
U.R.I : Que peut justement apporter l'Europe à une région comme la Corse et quelle est votre conception de la Corse autonome au sein de l'UE ?
F.A : L'Europe c'est le dépassement des Etats, et particulièrement des Etats-Nation qui oppriment les identités comme les nôtres. Elle oeuvre généralement à plus de justice sociale, plus de respect de l'environnement, plus de respect des libertés individuelles ou collectives. Elle érige la diversité comme la première de ses valeurs, défend les droits des peuples et offre des recours contre les Etats à travers notamment la Cour européenne de Justice.
Bien évidemment, elle a ses lourdeurs et le poids des Etats y est toujours très fort. Aujourd'hui nous sommes soumis à cette Europe des Etats, mais l'Europe des peuples et des régions solidaires avance en parallèle et gagne du terrain.
Il faut renforcer de toutes nos forces cette Europe-là qui finira par l'emporter sur l'autre. En attendant, nous y trouvons des soutiens importants, comme l'ALE ou les Verts.
Je rappelle, par exemple, que nous devons la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires à un député de l'ALE, le flamand Willy Kuijpers qui avait déposé une résolution au début des années 80.
Après une longue procédure, cette résolution a finalement été reprise par Conseil de l'Europe qui l'a adoptée.
Autre point de modernité en Europe, le concept d'autonomie.
Ailleurs en Europe, les Etats concèdent des compétences aux régions historiques à travers de larges autonomies.
Dans un monde d'interdépendance, c'est un outil de souveraineté très important.
Les meilleurs modèles sont basque et catalan avec un très fort pouvoir législatif et fiscal, mais les länders allemands ne sont pas en reste, les régions d'Italie gagnent de plus en plus de pouvoirs et le Royaume Uni a concédé la dévolution comme on le sait à l'Ecosse et au Pays de Galles et réalisé une avancée historique aussi pour l'Irlande du Nord et le règlement de la question irlandaise. Il n'y a qu'en France que les choses n'évoluent pas !
Avoir un député nationaliste à Bruxelles bousculera les préjugés et accélérera les évolutions en France aussi.

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