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occitan-touareg

/Niger/MNJ/mise au point (deuxième) du MNJ, et mise en garde !

6 Juin 2009 , Rédigé par Papadoc Publié dans #MNJ

/Niger-MNJ/Mise au point du MNJ et mise en garde aux sociétés minières.
samedi 6 juin 2009
Les fossoyeurs des Droits et Libertés

Vu les moments aussi graves que ceux que traversent notre pays ; moments caractérisés par la remise en cause de l’ordre républicain et mettant en péril les institutions de l’État,

Vu le "Message à la Nation" du président Tandja qui révèle au grand jour la dictature et les injustices d’un système incarné et perpétué par son pouvoir qui, par ailleurs, a présidé à la naissance du Mouvement des Nigériens pour la Justice,

Vu que dans ce discours du Président et dans les actes quotidiens de son ministre d’État, l’artisan et soutient inconditionnel du maintient à vie de son mentor à la tête du Niger ce, contre la volonté même du Peuple nigérien, on voudrait faire croire avoir résolu le conflit qui nous oppose au système en place dans notre pays,

Le Mouvement des Nigériens pour la Justice (Le MNJ) estime nécessaire de réagir pour rétablir la vérité.

En effet, il ya quelques mois, le dirigeant libyen a sollicité du MNJ et du pouvoir de Niamey d’arrêter le conflit qui a lieu au Nord du Niger.
Fidèle à sa conduite de privilégier la solution négociée, le MNJ a donné son accord comme il le ferait à tout pays souhaitant jouer le rôle de médiateur pour une solution pacifique du conflit.

Suite à cela et à l’issue d’une tournée africaine avec en perspective un séjour à Niamey, le dirigeant libyen a sollicité du MNJ de lui remettre 6 prisonniers de guerre qu’il voudrait ramener à Niamey comme gage de bonne volonté à négocier de notre Mouvement : les 6 prisonniers regagnèrent en cette occasion leurs familles.

Il faudrait néanmoins souligner que l’arrivée (12 mars 2009) du président libyen et son séjour jusqu’au 17 mars à Niamey furent suivis par le passage (27 mars 2009) du chef de l’État français dans cette même capitale.
Et, c’est ici le lieu de laisser à l’observateur de la vie politique nigérienne le soin de tirer par lui-même les conclusions quant aux conséquences en rapport avec la situation actuelle au Niger, de ces 2 visites : il ne revient donc pas au MNJ de revenir sur les non-dits de ces 2 séjours et leur implication sur la situation politique nigérienne actuelle fruit d’une une aventure rocambolesque et illégitime aux conséquences incalculables qui ne vont, si on n’y prend pas garde, que précipiter le Niger et son Peuple dans le chao le plus sombre de leur existence.

A propos d’ailleurs de ce saut dans l’inconnu programmé par Tandja et ses suppôts, le MNJ affirme solennellement qu’il ne s’associe pas à une initiative qui consiste à vider la constitution nigérienne de ce qu’elle contient de bon à savoir, entre autres, la limitation du mandat présidentiel et le régime semi-présidentiel et de remplacer ces dispositions de la loi fondamentale en substituant à celle-ci une autre constitution qui légalise l’impunité, la dictature et le règne à vie à la tête de notre pays.
Les vrais démocrates, où qu’ils soient, au Niger comme ailleurs, doivent compter sur l’intransigeance du MNJ à ce sujet.

Pour revenir à la genèse du simulacre de processus actuel, le Président libyen avait, à son retour du Niger, invité, quelque temps plus tard, le MNJ et le pouvoir de Niamey à venir se retrouver autour de lui pour un processus vers des négociations en vue de la Paix. Ce qui a donné lieu à des contacts entre les délégations du MNJ et du gouvernement de Niamey.

Mais, quelle ne fut la surprise !
De retour à Niamey, la délégation gouvernementale s’est employée à faire un récit anecdotique des rencontres et échanges qu’elle a eus avec la délégation du MNJ ; cela, dans le seul but certainement de banaliser les revendications de fond qui lui ont été posées par le Mouvement.
A ce propos, Le MNJ rappelle, ici à l’occasion de la présente réaction, que malgré ce que dit publiquement le pouvoir de Tandja, certains responsables parmi les plus hautes personnalités du gouvernement de Niamey ont reconnu et affirmé plus d’une fois dès qu’elles sont hors micro le bien fondé et la pertinence des revendications du MNJ.

Mais, et en dépit de la frustration et de la rage soulevées au MNJ par les propos immatures et tendancieux tenus sur les médias nationaux et donc la mauvaise foi témoignée par la délégation de Niamey à son retour de Syrte et Tripoli, le Mouvement a opté pour une mise en avant du sens de la responsabilité et de la sérénité ce, en vue de donner la chance à l’ouverture d’un dialogue susceptible d’engager des vraies négociations pour un processus qui conduise à une Paix Définitive Réelle, Juste et Durable.

C’est ainsi que le MNJ se fit violence pour accéder à la requête de la Libye d’envoyer des délégués à Agadez bien que conscient de l’usage que le pouvoir de Niamey entendait faire de la présence de ces délégués en rapport avec la pose de la première pierre du site Imouraren.
De nouveau, sur la demande et l’insistance de la Libye, un autre prisonnier de guerre responsable de la mort des 3 vieillards de Tezirzaït a été libéré par le Mouvement et remis par la Libye aux autorités de Niamey à cette occasion.

Mais, malgré toutes ces concessions de la part du MNJ, Tripoli n’est pas arrivée à obtenir le moindre geste ni avancée de Niamey !
Pire, le projet de médiation semble prendre chaque jour une orientation de plus en plus malsaine :
- montages tout azimut pour occulter toute négociation sur les revendications de fond du Mouvement ;
- pressions sur le MNJ pour un dépôt sans condition des armes ;
- manœuvres en tout genre pour amener les combattants du Mouvement à un cantonnement ;
- scénarios et arguments "bidons" : manœuvres pour la mise en place d’un comité fantôme, soi-disant technique de désarmement et de déminage ; comité dont le seul but est en réalité de faire "rentrer" les combattants et de les mettre à la disposition et à la merci du Président et du gouvernement de Niamey mais aussi, de dilapider les fonds libyens engagés dans la diversion.
En définitive, à la place d’un dialogue pour trouver les voies et moyens d’une Vraie Paix, tout se résume à faire aboutir la position initiale du président Tandja pour qui, il n’y a d’alternative que de déposer les armes et demander sa grâce.

Une des inamovibles personnalités du gouvernement Tandja ira jusqu’à ne pas s’embarrasser des scrupules en tentant sournoisement de justifier le dudit comité de "paix" par le fait que la disposition à faire la Paix ne relève pas de l’exécutif mais de l’état major des opérations situé au Nord.

Bizarre conception que celle de l’État, de la République et de la Démocratie au Niger !
S’il y a 2 pouvoirs ou 2 États ou bien 2 républiques autonomes et indépendants au Niger, un à Niamey et un au Nord, alors :
- quel est le rôle et la place du pouvoir de Niamey dans les négociations avec le MNJ ? Est-il protagoniste ou facilitateur/médiateur entre le MNJ et l’autre partie (pouvoir, État ou république de fait dans le Nord) qui, comme il le laisse croire, ne relève pas de sa sphère de contrôle en tant qu’exécutif, du pays ?
- si c’est tel qu’il le dit, pourquoi ne pas s’effacer et laisser directement les parties négocier au lieu de multiplier les paliers ?

Finalement, tout le processus de "dialogue" en vue de la Paix s’est limité à faire sans cesse pression sur le MNJ dans le sens du projet perverti où s’effacerait toute négociation sur les revendications du Mouvement.

En outre, le 11 mai 2009, la médiation est revenue, une fois à nouveau, auprès du MNJ pour "solliciter" (fortement) de lui d’envoyer une délégation à Niamey pour soi-disant négocier avec le gouvernement !
Drôle de négociation avec le couteau sous la gorge !
Le MNJ accepte d’envoyer 2 émissaires et fit savoir que leur mission se limite uniquement à transmettre à Niamey les préalables qu’il pose à l’ouverture des négociations.

C’est ainsi que du 12 au 27 mai 2009, 2 émissaires du Mouvement se sont rendus à Niamey où ils ont transmis les 4 points suivants qui constituent lesdits préalables :
1. La levée de l’état d’urgence dans le nord
2. La libération de toutes les personnes arrêtées en rapport avec le conflit
3. Déclaration et mise en place d’une trêve sur la zone du conflit
4. Ouverture formelle des négociations en terrain neutre avec un calendrier précis des rencontres.

Concomitamment au séjour des 2 émissaires à Niamey, la Cellule Politique MNJ en Europe rencontra le ministre de l’Intérieur à Paris pour lui réitérer la position du Mouvement telle que rapportée à son gouvernement à Niamey.

Pendant 15 jours, les émissaires du MNJ ont attendu des autorités de Niamey la réponse à transmettre aux instances du MNJ. Mais en vain !, ou plutôt la seule réponse donnée, au mépris de tout, fut la négation pure et simple même du tout premier point : l’état d’urgence en vigueur dans le nord fut reconduit à nouveau le 23 mai.
Tel dans un dialogue de sourds le pouvoir pesait de tout son poids pour envoyer les 2 personnes à Agadez en vue de les intégrer dans la mascarade du soi-disant comité technique de désarmement et de déminage en prétextant que le dépôt des armes par le MNJ est la seule solution convenue avec le président libyen !

Ce déplacement nous réconforte dans notre scepticisme à l’égard de la volonté du gouvernement de Niamey à vouloir créer les conditions minimales à l’ouverture d’une voie pour les négociations dans un objectif de paix véritable au Niger.

En conclusion de tout cela, le MNJ :
1- réaffirme :
- toute fois, sa bonne foi et sa disponibilité pour un dialogue ferme et sincère,
- le maintient de ses 4 préalables avant d’engager des négociations,
- son refus à déposer les armes sans que des négociations aient lieu autour de ses revendications,

2- interpelle la Libye sur sa médiation avec le gouvernement de Niamey.
En tout état de cause, le MNJ se réserve le droit et le pouvoir de mettre fin au mandat de médiation : il a accepté en toute indépendance un médiateur et a, en conséquence, la latitude d’exercer le droit et le pouvoir à tout moment de ne pas s’y sentir lier si ce dernier piétine les principes élémentaires dans le rôle d’interface.

3- rappelle à la France sa responsabilité historique dans les péripéties de notre pays et lui demande de donner une position claire sur son implication dans la situation actuelle à laquelle elle n’est pas, de divers point de vue, non plus étrangère.

4- attire l’attention des pays dont les sociétés minières ambitionnent d’extraire les ressources de notre sous-sol, qu’il n’y aucune raison qu’ils se laissent induire en erreur en croyant qu’ils peuvent pomper nos ressources en faisant fi de nos aspirations légitimes incarnées par les revendications de notre mouvement (Le MNJ) qui, tant qu’il n’y a pas des négociations sincères et jusqu’à preuve de contraire, est en conflit avec le pouvoir de Niamey.

5- informe les Nigériennes et les Nigériens que :
- le MNJ ne peut s’associer à aucune entreprise visant à détruire la constitution dans ce qu’elle contient de bon, notamment le régime semi-présidentiel et la limitation du mandat du président et donc la garantie de l’alternance au sommet de l’État. Le MNJ se range dans cette aventure sans lendemain déclenchée par le président Tandja et ses suppôts, aux côtés du Peuple Nigérien, de sa société civile et des démocrates sincères.

6- attire l’attention du Peuple Nigérien
que l’éclosion de la situation de ce moment est loin d’être étrangère à :
- la nature de certains dirigeants de la classe politique nigérienne : elle n’est que la suite logique du comportement de ces politiciens égoïstes et véreux qui avaient cru en l’honnêteté d’un dictateur dans l’âme quand il les recevait dans le salon feutré de la présidence, les associait aux décisions d’étouffer notre pays en leur miroitant l’illusion qu’il se mettrait à leurs côtés le moment venu pour les aider à se hisser à leur tour sur le trône.
- au comportement de l’opposition politique et de l’Assemblée Nationale, elles qui se sont murées dans le silence d’une complicité inégalée depuis plus 2 ans. En effet, malgré la situation catastrophique des populations du Nord de notre pays elles n’ont ni lever le petit doigt ni chercher la moindre solution, préférant laisser le privilège de cette question au président et à son clan. Au même moment par contre, leurs responsables ne trouvaient pas mieux que de s’afficher ostentatoirement à la présidence et aux missions techniques à l’extérieur ; elles qui se croyaient dans les secrets et les confidences du maître de la présidence et lui apportaient pendant tous ces 2 ans, assistance et conseils dans la prise des décisions aux conséquences incalculables pour notre pays. Cette opposition et cette Assemblée là ont une part de responsabilité égale ou supérieure à celle du bourreau de la constitution dont l’enterrement est annoncé.

Quant aux compatriotes qui se sont embarqués à la dernière minute à bord du bateau chavirant du président Tandja, ils auraient dû d’abord prendre conseils auprès de ses complices d’hier qu’il venait d’abandonner sur le rivage.

Le MNJ met plus particulièrement en garde les chasseurs des prébendes et les aventuriers en tout genre, notamment ressortissant du Nord de notre pays, qui gravitent autour de certaines personnalités actuelles du gouvernement de Niamey en leur faisant miroiter par le montage et la tenue des meetings commandés qu’ils peuvent leur assurer l’adhésion de nos populations et même de notre mouvement à l’entreprise dissimulée d’enterrer notre pays sous une dictature rampante.
Sinon, comment, à moins d’un mépris ou d’un sadisme sans commune mesure, penser avoir la caution pour un projet illégal, d’une population dont on continue d’être le bourreau et, au moment même où l’objectif consiste à s’engager dans une voie criminelle et où la communauté nationale et internationale se démarquent de l’aventure projetée !

En tout état de cause, à moins d’un changement positif dans les tous prochains jours, le MNJ mettra sans tarder en œuvre les conclusions qui s’imposent face à l’évolution des situations actuelles.

Le Mouvement.




 

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