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occitan-touareg

Agen - Manifeste occitaniste, réunion du 22 février 2013

23 Février 2013 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #occitanie

Discours d’introduction pour la réunion du Manifeste occitaniste à Agen le 22 février 2013

discours d’introduction :

Adiussiatz brave monde e mercé a totes e a totas d’èstre venguts per nos escotar mas subretot per escambiar ambe nosautres.

Je suis Jean-Pierre Hilaire, Agenais depuis bientôt 40 ans, secrétaire de l’association culturelle occitane Agenés Tèrra Occitana depuis 2006, coprésident du Parti de la Nation Occitane depuis 2011, initiateur dans notre ville de la Genseminada, un parcours bilingue dans le cœur de ville autour de la vie et de l’œuvre de Jasmin dont nous célébrerons en partenariat avec la mairie et le Conseil Général le 150ème anniversaire de sa disparition en octobre 2014.

Je pourrais ne vous parler qu’en occitan mais, pour ne laisser personne au bord du chemin, je le ferai en français, cette langue qui n’était pas celle de nos ancêtres et qui peu à peu nous a été imposée. Cette langue que j’avais entendue dans ma famille en Languedoc et en Auvergne mais que j’ai appris à parler à Agen. La plupart de nos compatriotes dans cette ville d’Agen et dans ce département sont des « lengacopats » et ne parlent pas occitan. Et pourtant un Agenais, Jacques Boé, dit Jasmin a donné à notre langue, l’occitan, une renommée nationale et internationale. A son époque, à Sylvain Dumon, un autre Agenais, ministre de l’Instruction publique qui lui disait avec condescendance : « vous chantez l’avenir dans la langue du passé » il pouvait répliquer : « lo puple fidèl a sa mai, sarà gascon totjorn e franciman jamei ». Mais c’était au 19ème siècle, une époque où à Agen tout le monde parlait occitan, même les bourgeois qui préféraient le français mais parlaient occitan à leurs domestiques.

Aujourd’hui notre belle langue ne résonne plus guère dans les rues d’Agen en tout cas même s’il y a encore un nombre significatif d’Agenais capables de la parler. Les langues vivent et meurent mais elles renaissent aussi comme nous le montre l’exemple de l’hébreu. Les occitanistes ont fait le pari de resocialiser l’occitan par l’école, par les médias, en incitant les conseils généraux et les conseils régionaux à mener des politiques linguistiques audacieuses en faveur de l’occitan.

Mais le temps presse. Il faut passer à la vitesse supérieure pour sauver non seulement la langue mais le pays occitan étouffé par la République française, une des républiques les plus centralistes d’Europe. Peut-on sauver la langue dans un pays mort où toutes les décisions d’importance se prennent à Paris ? Les occitanistes ne s’inquiètent pas seulement de la langue et de la culture. Ils sont insérés dans la société et s’intéressent aux questions économiques et sociales et à toutes les questions qui agitent la société. Ils ont des idées sur tout.

Pour que nous soyons crédibles et pris au sérieux par les municipalités, les communautés de communes, les Conseils généraux et les Conseils régionaux, il nous faut des élus occitanistes en grand nombre. Nous voulons commencer par les élections municipales de l’an prochain avec des candidats en bonne place sur un maximum de listes. C’est la démarche du Manifeste Occitaniste initiée par David Grosclaude, ici présent, conseiller régional en Aquitaine et président du Parti Occitan. Cette démarche vise à rassembler tous les occitanistes qu’ils soient ou non engagés dans le mouvement culturel occitan, qu’ils soient ou non engagés dans des partis politiques occitans ou dans des partis politiques français, qu’ils soient élus et veuillent se représenter aux municipales, qu’ils envisagent de se présenter ou qu’ils veuillent simplement soutenir la démarche de toutes les façons possibles.

C’est donc une démarche au dessus des partis et des divisions gauche-droite. Nous avons tenu des réunions un peu partout en Occitanie. C’est la quatrième en Lot-et-Garonne. Nous avons mis au point un Manifeste que vous avez peut-être lu et qui est un compromis acceptable par tous. Plus de 500 personnes l’ont signé. Lisez-le et signez-le si vous ne l’avez pas fait encore et si vous êtes d’accord.

D’ici le mois de juin, nous élaborerons une plateforme que chaque candidat pourra un peu adapter à sa réalité locale et sur laquelle s’engagera la liste sur laquelle il figurera. Nous donnerons un nom à ce mouvement. Nous créons des comités de pilotage dans chaque département. Nous allons en constituer un ici ce soir. Si, comme nous l’espérons, nous avons des élus, cela nous permettra de former un réseau occitaniste et de travailler tous ensemble pour faire aboutir les dossiers qui nous tiennent à cœur comme la signalétique bilingue et l’enseignement de l’occitan en classe bilingue ou en calandreta pour ne donner que deux exemples.

Nous représenterons une nouvelle force politique au-delà des partis et des mouvements avec laquelle les partis politiques traditionnels devront compter. Le succès de cette démarche dépend de vous et de nous, de notre engagement collectif. Cette démarche n’est dirigée contre personne. Au contraire, elle vise à servir les intérêts de tous les Occitans sans exclusive, qu’ils soient d’ici ou qu’ils soient venus d’ailleurs.

                          ****************************************** 

Réunion du Manifeste Occitaniste le 22 février 2013 à Agen

Compte rendu :

 Nous étions un peu moins d’une vingtaine malgré une publicité intensive sur Internet et les réseaux sociaux, des invitations distribuées sur les marchés fermiers et l’annonce de la réunion dans la presse locale qui n’avait envoyé aucun journaliste et photographe pour couvrir l’évènement. Certains avaient annoncé leur venue et ne sont pas venus. Qu’importe ! Ceux qui étaient là étaient intéressés et motivés. J’avais préparé un discours d’introduction en français qui est consultable sur notre blog.

La question de l’usage du français ou de l’occitan a été posée dès le début et Daniel Soulignac  a déclaré ne pas comprendre l’occitan. David Grosclaude dont le discours a suivi le mien s’est exprimé uniquement en occitan et ensuite lorsque la question a été posée pour savoir si tout le monde avait compris, Daniel Soulignac a déclaré n’avoir rien compris. Une preuve supplémentaire de ce que j’avais dit dans mon discours : la plupart de nos compatriotes sont des « lenga-copats » et si nous voulons nous adresser à eux, il faudra le faire en français. Il faut savoir s’adapter à son public.

Des échanges qui ont suivi les discours se dégage un consensus sur la nécessité d’avoir des élus occitanistes pour porter nos projets surtout avec, l’an prochain, les réductions drastique prévisibles des budgets des collectivités territoriales et donc la baisse sensible voire la disparition des subventions octroyées aux associations culturelles occitanes. Après tout l’argent public c’est nos impôts et donc c’est une question de redéfinir les priorités.

Il fut question longuement de l’enseignement de l’occitan et notamment de l’ouverture de classes bilingues et de calandretas et Martine Ralu d’OCBI nous apporta un éclairage intéressant sur le sujet mais comme l’a souligné David Grosclaude en tant qu’élu du Conseil Régional, il peut plus facilement rappeler les recteurs et les inspecteurs d’Académie à leurs devoirs et jouer un rôle d’aiguillon auprès du président du Conseil Régional et des présidents de Conseils Généraux. Si nous sommes élus et si nous présentons des projets qui tiennent la route nous serons pris au sérieux par les décideurs. Et même si les ouvertures de classes, bilingues, de calandretas, de crèches bilingues ne sont pas toujours dans le strict respect de la légalité, on peut dire que nous ne sommes pas toujours légalistes mais que nous sommes légitimes. Nous répondons à la demande sociale.

Les élèves des classes bilingues et des calandretas sont en puissance les occitanistes de demain. Si nous voulons les garder au pays ou les faire revenir après une expérience ailleurs, il faut que nous soyons en mesure de décider au pays.

Le thème de l’immigration a aussi été abordé. David Grosclaude souligne que l’Occitanie a toujours été une terre de grande circulation et de passage et d’intégration de populations nouvelles. Hier les Portugais, les Espagnols, les Italiens, aujourd’hui les gens d’Europe de l’Est, d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne. Cela ne lui pose pas de problème. Mais Daniel Soulignac, sans employer le mot, parle aussi des « Français » du Nord et de leur héliotropisme envahissant. David Grosclaude affirme que si on leur parle de notre identité, de notre langue et de notre culture, ils seront réceptifs et désireux de s’intégrer. J’ai quelques doutes à ce sujet et je suis sûr de ne pas être le seul.

Sur la question de savoir si ce nouveau mouvement du Manifeste se situe à gauche ou à droite, David Grosclaude a clairement répondu qu’il y avait, en dehors des extrêmes comme le FN ; des jacobins à gauche comme à droite. Il s’est défini lui-même comme de gauche depuis longtemps mais souligne qu’il a pu travailler avec des gens de droite comme de gauche. Il a cité l’exemple du Pays Basque et notamment Didier Borotra, maire de Biarritz, de droite qui travaille dans son équipe municipale depuis 18 ans avec Jakesh Abeberry, nationaliste basque de gauche.

Ce qui sera important l’an prochain, ce n’est pas la couleur politique de la liste mais le fait qu’elle prenne en position éligible un occitaniste et qu’elle s’engage à appliquer la plateforme que nous mettrons au point d’ici juin.

A l’issue de la réunion, un comité de pilotage pour le Lot-et-Garonne a été créé. Il est composé de Jean-Pierre Hilaire, Yves Boissière, Gèli Grande, Marie-José Maruejouls, Joan-Luc Granet et Janine Cazes-Grande. Tous les participants à la réunion et au-delà seront tenus au courant de ses activités.

Il aura pour but de recenser les projets de candidatures occitanistes aux municipales dans le Lot-et-Garonne et de réfléchir à l’élaboration de la plateforme. Il se réunira pour la première fois en mars prochain.

Compte rendu réalisé par Jean-Pierre Hilaire

Liste des présents

 

Jean-Pierre Hilaire, David Grosclaude, Yves Boissière, Joan-Luc Granet, Fabrice Semezies, Cristian Rapin, Roger Andrieu, Annie Fourment, Christian Fourment, Rodolphe Rubiera, Daidièr Marty, Joan-Pau Capdecomme, Daniel Soulignac, Joan-Jacme Bézelgues, Marie-Jo Maruèjouls, Joël Cazaubon, Martine Ralu, Janine Cazes-Grande, Gèli Grande

 

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DA-ROCHA Jacques 02/03/2013 22:30


Bonsoir,


Je souhaite porter à votre connaissance mon second ouvrage Gao je t'aime qui vient de paraitre chez L'Harmattan. Car, écrire est un plaisir, être édité une chance, faire connaitre le
livre, la grande difficulté surtout quand on ne sait pas utiliser pleinement les moyens actuels. Ce récit, réel, présente le parcours atypique d'une jeune femme -ma fille- installée à Gao par sa
volonté, avec un compagnon "ex rebelle" et évincée de "sa ville"par la déferlante islamiste. Présentation sur le site de L'Harmattan et quelques mots sur moi sur le blog  Cultura
et vidéo You tube. Si ma démarche retient votre attention, je peux vous adresser des extraits, et de là... si vous voulez relayer l'info.


Cordialement,


Jacques DA-ROCHA


06 19 18 23 38