Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
occitan-touareg

Azawad / Mali - situation humanitaire critique dans le nord

16 Mars 2012 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #AZAWAD

Mali : situation humanitaire critique dans le nord


 

Mali : situation humanitaire critique dans le nord

  GENEVE, Suisse, 16 mars 2012/African Press Organization (APO)/ — Selon les estimations du CICR et de la Croix-Rouge malienne, quelque 72 000 personnes sont déplacées dans le nord du Mali. Elles vivent souvent dans des conditions extrêmement précaires. Alors que les affrontements armés se poursuivent, l’accès aux déplacés, aux blessés et aux détenus est la première priorité.

  « Les blessés ont besoin de soins au plus vite, et les détenus doivent tous pouvoir être visités. Les déplacés et les communautés qui les accueillent sont parfois dans une situation très critique, explique Juerg Eglin, chef de la délégation régionale du CICR à Niamey, qui couvre le Mali et le Niger. Pour tous ceux qui ont fui les combats vers des zones jugées plus sûres mais inadaptées à un tel afflux, il s’agit d’abord de survivre. La sécurité, l’accès à la nourriture et à l’eau potable, l’hygiène restent des préoccupations quotidiennes. »

  Le CICR poursuit ses efforts pour dialoguer avec toutes les autorités et les groupes armés afin de pouvoir accéder aux victimes en toute sécurité.

  72 000 personnes déplacées à l’intérieur du Mali

  Ce vendredi 16 mars, le CICR et la Croix-Rouge malienne commencent à distribuer des vivres et des produits ménagers essentiels à plus de 28 000 personnes déplacées dans le cercle de Ménaka (région de Gao). « Ces personnes sont installées dans des abris de fortune aux alentours de la ville ou dans les villages environnants, précise Juerg Eglin. Il est essentiel que nos équipes puissent les assister sans entrave. »

  À Gao, Ansongo et Bourem, les deux organisations ont fourni, les 11 et 12 mars, une assistance alimentaire d’urgence à plus de 6 500 déplacés.

  En plus de ces 34 500 personnes déplacées dans la région de Gao, le CICR et la Croix-Rouge malienne ont à ce jour recensé quelque 25 500 déplacés dans la région de Kidal (dont presque 19 000 dans le cercle de Tessalit et 5 000 dans le cercle d’Abeibara) et 12 000 dans la région de Tombouctou (concentrés dans le cercle de Niamfunké).

  Accéder aux victimes des combats à Tessalit

  La semaine dernière, les autorités maliennes et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont sollicité le CICR pour faciliter le transfert de civils hors d’une zone de combats aux environs de Tessalit. Cette opération n’a pu avoir lieu, dans un premier temps à cause des combats, puis du fait que l’équipe du CICR arrivée sur place a été empêchée de poursuivre sa route par des hommes armés.

  « Répondre aux besoins humanitaires des civils, ainsi que des blessés et détenus dans cette zone reste une priorité pour nous, explique Juerg Eglin. Une fois que les garanties de sécurité nécessaires seront obtenues, nous reprendrons nos efforts dans ce but. »

  Besoins spécifiques des blessés et des détenus

  Afin que les personnes blessées puissent être prises en charge rapidement et efficacement, le CICR a remis du matériel médical aux sections de la Croix-Rouge malienne et à des centres de santé de référence à Kidal et Tombouctou. Vingt volontaires de la Croix-Rouge malienne viennent également d’être formés aux premiers secours ; à leur tour, ils formeront d’autres volontaires dans les trois régions du nord du pays.

  Depuis le 8 février, le CICR a commencé à visiter des personnes qui ont été détenues en lien avec la violence dans le nord du Mali, afin de vérifier le traitement qu’elles reçoivent et les conditions dans lesquelles elles se trouvent, et pour leur permettre de transmettre des messages à leur famille. Une vingtaine de personnes a pu être visitée pour l’instant.

  « Nous rappelons à toutes les parties impliquées dans les combats la nécessité de respecter les règles du droit international humanitaire, poursuit Juerg Eglin. Elles doivent notamment protéger les civils des dangers résultant des opérations militaires, garantir l’accès du CICR aux blessés et aux détenus, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent. »

  Des populations déjà touchées par la crise alimentaire

  Les combats dans le nord du Mali viennent fragiliser des populations déjà durement frappées par l’insécurité alimentaire qui touche l’ensemble de la région sahélienne.

  Parallèlement à l’assistance en faveur des populations déplacées par les violences, le CICR et la Croix-Rouge malienne vont, à compter du samedi 17 mars, distribuer des vivres à quelque 50 000 personnes victimes de la crise alimentaire dans le cercle de Ménaka.

  Assistance dans les pays voisins

  Au Burkina Faso, principalement dans les provinces de Soum et de l’Oudalan, environ 20 000 réfugiés maliens installés dans des sites d’accueil transitoires, ont de réelles difficultés à se trouver un abri, à avoir accès à l’eau ou aux soins de santé et à se nourrir. Dans l’Oudalan, la Croix-Rouge du Burkina Faso, soutenue par le CICR, prépare une distribution d’articles essentiels (tels que couvertures, bâches, matériel de cuisine, savons, seaux) à plus de 12 000 réfugiés répartis sur six sites.

  En Mauritanie, les autorités estiment qu’environ 37 000 Maliens ont cherché refuge dans le sud-est du pays depuis fin janvier. Les réfugiés sont installés provisoirement dans le camp de Fassala ou transférés dans celui de M’berré à une quarantaine de kilomètres. L’accès à l’eau dans ces camps est insuffisant, selon une évaluation du CICR sur place. Il s’agira donc d’améliorer dès que possible l’alimentation en eau potable, notamment en augmentant la capacité de stockage, de distribution et de pompage de l’eau. Par ailleurs, les réfugiés ne disposent pas d’infrastructures de santé adéquates, pour des soins chirurgicaux notamment, et vivent dans des conditions d’hygiène précaires. Des interventions dans ce domaine devront donc aussi être envisagées.

  Au Niger, dans le nord de la région de Tillabéry, plus de 60 000 Nigériens touchés par la crise alimentaire et qui ont accueilli des milliers de réfugiés en provenance du Mali, reçoivent une aide alimentaire de la part du CICR et de la Croix-Rouge nigérienne depuis le 5 mars.

SOURCE 

International Committee of the Red Cross (ICRC)

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article