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occitan-touareg

Azawad-Touareg / l'Algérie manipule encore et toujours

3 Février 2013 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #AZAWAD

Le but du militant que je suis n'étant pas de se faire des "amis" mais d'écrire et de dire haut et fort ce que je pense, je continue donc sur ce chemin périlleux.

Je viens de lire une "lettre ouverte" à Hollande, lettre signée par un certain nombre d'associations "pro-touarègue".

Pour rappel, le  Parti de la Nation Occitane a été un des premiers partis politiques à saluer la déclaration d'indépendance de l'Azawad faite par le MNLA.

Je vous propose de lire le texte complet de cette "lettre ouverte" suivi de mes commentaires. JMP

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Lettre ouverte à M. Le Président de la République Française au sujet de l’intervention française au Mali

mardi 29 janvier 2013

Monsieur le Président,

La France est intervenue militairement au Mali le 11 janvier 2013, officiellement « afin de stopper l’avancée des islamistes armés vers le sud, menaçant Bamako » et de mettre un terme au terrorisme islamiste au Mali. (0)

Nous, organisations et citoyens Français-Amazighs, de culture laïque et profondément attachés aux valeurs de justice, de liberté et de respect des droits humains, avons applaudi l’initiative française dès lors qu’elle visait clairement et seulement à combattre le terrorisme islamiste et le banditisme lié notamment au trafic de drogue. (1)

Cependant, nous observons que la France intervient aujourd’hui pour protéger le « sud-Mali » mais qu’elle est restée indifférente à la présence depuis plus d’une décennie des mêmes islamistes dans le nord-Mali où ils s’adonnaient librement aux rapts, aux crimes et autre narcotrafic, avec la complicité de certaines autorités maliennes. (2) Les Touaregs (3) avaient appelé en vain, dès le début des années 2000, la France et la communauté internationale pour les aider à éliminer ces groupes maffieux. Il y a là manifestement une politique française de deux poids deux mesures.

Afin de mettre un terme à l’incurie de l’Etat malien, à la marginalisation des populations du nord-Mali et à l’insécurité liée à la présence des islamo-narcotrafiquants (4) dans ce territoire, les populations locales (5) ont créé il y a un an, le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA). Dans la mesure où le MNLA a toujours combattu les intégristes islamistes armés (6) (les dernières batailles du MNLA contre les groupes de Al Qaida et du Mujao datent de novembre et décembre 2012 à Gao et Ménaka), dans la mesure où ce mouvement dispose de milliers de combattants volontaires, aguerris et connaissant parfaitement le terrain parce qu’ils y sont nés et y ont grandi et dans la mesure où le MNLA se dit disposé à intégrer ses troupes dans le dispositif militaire dirigé par la France contre les islamistes (7), pourquoi la France continue t-elle d’ignorer cette offre ? Pourquoi réserve t-elle son dialogue et son soutien au seul gouvernement malien, pourtant illégitime, excluant le MNLA dont l’objectif est conforme au droit international relatif à l’autodétermination et dont l’action armée (8) fait suite au refus de dialogue de l’ancien gouvernement malien ?

Récemment, et notamment depuis que l’armée française a repris quelques localités à l’ouest du Mali, la France a élargi son objectif en ajoutant à la lutte contre le terrorisme islamiste, « la reconquête de l’intégrité territoriale du Mali ». Ce nouvel objectif (9), outre qu’il est illégal en référence au droit international, dévoilerait l’objectif réel de la France qui serait de combattre le MNLA et de prendre le contrôle du territoire de l’Azawad et de ses ressources naturelles sous couvert de lutte contre le terrorisme islamiste.

Il est par conséquent très urgent que la France clarifie sa position et ses objectifs. Nous rappelons que le MNLA est né dans le seul but de défendre les droits et les intérêts des populations de l’Azawad (10) dans le respect du droit international relatif au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le conflit qui oppose le MNLA au gouvernement malien est un conflit interne qui doit se régler par un dialogue entre les deux parties concernées, avec l’entremise d’un médiateur neutre (11) et crédible. Dans tous les cas, il est inacceptable que la France continue de soutenir un camp (le Mali) contre un autre (le peuple de l’Azawad) car cela est illégal (notamment en référence au droit international), illégitime (12) et surtout injuste. Si la France maintient sa politique contre les populations de l’Azawad, elle risquerait de provoquer une guerre civile aux conséquences incalculables.

Par ailleurs, nous souhaitons vous alerter M. le Président, sur le fait que le Mali a un voisin, le Niger, presque en tous points identique et où les populations du nord du pays se sont révoltées à maintes reprises et pour les mêmes raisons qu’au nord-Mali. Ces populations suivent avec une grande attention la manière avec laquelle la question de l’Azawad est traitée. Tout parti pris, toute injustice contre l’Azawad ne manquera pas de provoquer des réactions d’indignation et de colère des populations voisines et cousines du nord-Niger et même du sud-Libye (13). Le conflit risque alors de dégénérer et de déstabiliser l’ensemble de la sous-région. Sans parler des Français Amazighs, près de deux millions de personnes, qui ne manqueront pas d’actionner tous les moyens légaux et démocratiques en vue de faire sanctionner les responsables de toutes les dérives.

Un dernier point M. Le Président, tout le monde vous a alerté sur les actes de représailles susceptibles d’être commis par les soldats maliens qui avancent vers le nord derrière l’armée française. Or, d’après des rapports d’ONG (FIDH, WRH…) et des témoignages des populations, des crimes auraient été commis par l’armée malienne contre des civils, notamment à Niono et Sévaré. Nous vous demandons instamment de condamner fermement les exactions commises par l’armée malienne sur les populations civiles de l’Azawad notamment Touarègues et Maures et de diligenter une commission d’enquête impartiale pour faire toute la lumière sur les faits et le cas échéant, faire juger et sanctionner immédiatement les auteurs des exactions (14). De toutes les manières, dans le cas où des crimes contre l’humanité seraient avérés, il est clair que c’est la France qui se retrouverait devant la CPI et non le gouvernent malien (15).

En tout état de cause, la seule méthode juste, crédible et susceptible de conduire à une solution durable, est de réunir le gouvernement malien et le MNLA autour d’une table de négociations pour trouver ensemble la sortie de crise et envisager un futur de paix et de développement. Le MNLA s’est dit prêt à cette rencontre, reste l’accord du Mali. Il est du devoir de la France désormais partie prenante au conflit, de convaincre le gouvernement malien d’accepter dans les plus brefs délais l’ouverture des discussions directes avec le MNLA (16).

Voilà M. Le Président, l’état de nos doutes, de nos craintes et de nos espoirs. Nous avons entendu vos intentions de tourner le dos à la Françafrique. Nous attendons à présent des faits qui prouvent que vous agissez en démocrate et en faveur de la justice, des droits et des intérêts de l’Afrique et de ses peuples, sans discrimination (17).

En espérant que vous porterez toute l’attention nécessaire à notre requête, nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Président, l’expression de notre haute considération.

Paris, 26/01/2013

- Congrès Mondial Amazigh (CMA)

- Organisation de la Diaspora Touarègue en Europe (ODTE)

- Association Temoust

- Association corso-Berbère

- Association culturelle Amazigh

- Tamaynut-France

 - Action Culturelle Amazighe Laique


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Petits rectificatifs au sujet de ce texte :

— la "France" dans le cadre de son intervention militaire s'est fixée deux buts : éliminer les "terroristes" et aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale (0) et (1)

—  au sujet du /banditisme-narcotrafic-rapts-crimes/, il n'y avait pas que la complicité des autorités maliennes  mais aussi la complicité d'une parti de la population de l'Azawad qui en tirait profits (2)

— "Les Touaregs avaient appelé....", d'une part il serait utile de préciser "quels touareg" et d'autre part il me faut encore rappeler que le MNLA n'a jamais été un mouvement strictement Touareg, mais un mouvement multi-ethnique (3)

— il serait honorable de définir qui se cache derrière ces mots " islamo-narco-trafiquants" et de ne pas avoir honte de dire que de nombreux Touareg en font parti (4)

— au sujet des populations dites "locales" il serait bon de les appeler par leur nom : Songhaïs-Peuls-Arabes-Touareg (5)

— écrire que le MNLA a toujours combattu les "intégristes islamiste armés" est surréaliste, il faut savoir reconnaître ses erreurs (6)

— qui sont ces "islamistes" ? (7)

— avant de prendre les armes il faut que l'ensemble de la population se prononce démocratiquement par des élections et ce n'est que ensuite qu'il peut être envisageable de "prendre les armes" si les voies pacifiques ne sont pas acceptées par les "colons" (8)

— cette action faisait partie intégrale de l'intervention miliaire des troupes françaises (9)

— encore une fois que signifie les "populations de l'Azawad" ? (10)

— il faudrait réaliser qu'un médiateur "neutre" et "crédible" n'est pas encore de ce monde ! (11)

— à propos de l'illégitimité de l'intervention militaire, sans vouloir soutenir cette intervention, elle est autant légitime que la prise des armes pour libérer l'Azawad sans consultation préalable auprès des différentes populations.. (12)

— ce qui de mon point de vue est le plus grave dans cette déclaration c'est de signaler que l'Azawad a des populations "cousines" au Niger voisin et en Libye et que les grands cousins du Sud-Algériens soient oubliés... vous m'avez dit bizarre ! (13)

— au sujet des exactions il serait bon comme le fait la FIDH de dénoncer toutes les exactions car il est établi que des horreurs ont étés commises dans les "deux-camps" (14)

— menacer la France de passage devant la CPI est du délire dans la situation actuelle (15)

— pour ce qui est de la demande de dialogue, en laissant croire qu'il n'y a pas de discussion entre le MNLA et le gouvernement malien, que ce soit à Alger-Paris-Ouagadougou, est du domaine de l'intoxication médiatique (16)

— pour en finir, imaginer que l'ami Hollande va faire en Afrique ce qu'il combat en Europe ou en France (le droit à l'indépendance des peuples colonisés) est un doux rêve qui frise la manipulation politique. Comment faire confiance à des "jacobins" de gauche qui nient en bloc sur le territoire de l'Etat français toutes les réalités des différents peuples qui le compose.

  Il serait temps que mes amis Touareg regardent bien en face les faits tels qu'ils sont et non pas tels qu'ils voudraient qu'ils soient et acceptent de mener et de structurer un combat politique démocratique afin que l'unité du peuple touareg puissent enfin se réaliser et que par la suite cette envie normale d'accéder à l'indépendance puisent voir le jour.

Vos amis Écossais, Catalans, Québécois, Basques, Corses ou Occitans peuvent vous aider mais il faut que vous soyez avant tout crédible et ce n'est pas la seule AK47 qui  vous mènera à cet autre État Touareg tant rêvé.

En attendant vive l'Azawad et ses différents peuples qui le compose.

Pellet Jean-Marc

 

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