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occitan-touareg

l'Europe et ses tourments économiques, par Dialla Konate

19 Mars 2012 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #TRIBUNE LIBRE

Dialla Konate"Toute politique a pour objet de défendre des intérêts. Identifier une politique revient à identifier les intérêts qu’elle défend."

Dialla Konate

 

Comprendre l’Europe et ses tourments économiques
 

Pourquoi emprunter?
  Considérons une entreprise que vous venez de créer dans le but de fabriquer des conserves. Vous avez décidé d’embaucher vingt employés. Il vous faut trois mois pour présenter votre première production sur le marché. Cela signifie qu’avant de gagner un seul centime, votre entreprise aura besoin, durant au moins trois mois, de payer des salaires pour vingt employés, d’acheter des matières premières, de payer l’eau et l’électricité, de payer des loyers, etc… En général le chef d’entreprise a besoin d’emprunter, auprès d’une banque, les fonds nécessaires au fonctionnement quotidien de son entreprise durant un cycle de production et de commercialisation. On voit donc qu’il est dans la nature d’une entreprise d’emprunter de l’argent. Les économistes disent que l’entreprise est structurellement emprunteuse. Un État a aussi une structure d’entreprise dans la mesure où il emploi des individus et consomme des biens et services. L’emprunt est donc un élément indispensable à la vie de l’entreprise autant qu’à la vie de l’Etat.
Comment un État accède t-il à l’emprunt ?
  Ce chapitre devra nous permettre de comprendre la différence entre ressources monétaires et ressources financières.
Lorsqu’un chef d’entreprise ayant la confiance d’un banquier se présente devant ce dernier pour solliciter un prêt, il peut l’obtenir, sur la base de la confiance que le banquier lui accorde, contre sa signature et son engagement à rembourser à terme échu le capital emprunté augmenté du taux d’intérêt. Par ce prêt à court terme, le chef d’entreprise obtient de la monnaie. La monnaie est un artifice, un jeu d’écriture dont l’objet est d’aider la création de biens et services. Cette ressource ne doit pas être utilisée à autre chose que cette facilitation. Dans le système économique de chaque pays il y a une hypothèse de base. Celle-ci donne à la signature de l’Etat, garant de dernier ressort, le niveau de confiance le plus élevé. En raison de cela, théoriquement, l’Etat peut obtenir auprès de toute banque commerciale située sur son territoire national et, aussi, auprès de la banque des banques qu’est la banque centrale, de la monnaie pour financer ses besoins courants. Ces besoins courants sont constitués par l’excès des dépenses de fonctionnement sur les ressources propres de l'Etat. Comme la signature de l’Etat est la meilleure possible, le taux d’intérêt qui lui est appliqué est le plus faible possible soit zéro ou proche de zéro. Dans le budget de l’Etat, ces besoins courants, lorsqu’ils existent, apparaissent sous la forme d’un déficit courant ou déficit primaire. Le déficit courant ou primaire, en général, est de taille modeste. Dans une économie bien gérée, en « mode normale de fonctionnement », le déficit courant apparaît lorsqu’il y a un accident isolé occasionnant un pic dans les dépenses ou un creux dans les recettes. Dans ce cas on dit que le déficit courant est un déficit conjoncturel. Sauf accident prolongé qui devient alors une crise, un déficit conjoncturel ne conduit pas à des difficultés économiques graves et persistantes. Si des difficultés apparaissent et persistent, cela signifie que l’écart entre les ressources propres de l’Etat et ses besoins de fonctionnement sont trop grand et alors on parle de déficit structurel. Dans ce cas, il faut faire appel à un ajustement structurel constituant, en général, en la réduction de la taille des services publics et assimilés afin de les ajuster à la taille des ressources propres de l’Etat. En résumé, dans un système économique normal et équilibré, le déficit courant, à la fin de l’année budgétaire, doit être un montant faible, comparé au PIB. Signalons que l’Union Européenne vient de fixer, le 31 janvier 2012, dans le cadre de sa politique de discipline fiscale, que le déficit primaire peut ne pas être nul. Ce cadre de discipline fiscale a fixé au déficit primaire un plafond égal à 0,5%PIB. Dans les pays africains, la norme est plutôt l’existence d’un déficit primaire très large et persistant. Cela indique, souvent, de graves problèmes de gestion de l’Etat et même de conception des rôles de l’Etat, de ses fonctions, de ses obligations, et une imperfection du système économique national.
Les dépenses d’un État ne se limitent pas uniquement à assurer son propre fonctionnement. Il doit aussi construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux ; il doit financer les retraites de ses anciens agents ; il doit assurer l’éducation au service de tous et la recherche pour un bien-être des populations ; il est garant des dépenses des communautés locales. L’ensemble des dépenses d’investissement, des dépenses sociales, des dépenses d'éducation, des dépenses de recherche scientifiques, des dépenses des administrations décentralisées ajoutées aux dépenses courantes constituent l’ensemble de ce qui doit être équilibré par les recettes de l’Etat constituées essentiellement par les impôts et taxes. Si ces dépenses sont en excès sur les recettes totales, en terme budgétaire, on est en face d’un déficit public. L’accumulation des déficits sur une période allant au delà d’une année budgétaire s’appelle dette publique. Les règles économiques en vigueur édictent qu’un déficit public doit être inférieur à 3%PIB et la dette publique doit être inférieure à 60%PIB.
La première force d’un agent économique est la confiance que les autres agents, en particuliers les agents financiers lui accordent. On considère, en économie moderne, qu’un État perd la confiance de ses partenaires lorsque sa dette publique dépasse 85%PIB.
Lorsque les recettes de l’Etat couvrent ses dépenses courantes sans pouvoir couvrir les dépenses d’investissement, les dépenses liées à l’éducation de la population, les dépenses liées à la recherche scientifiques, alors le budget est encore en déficit et l’Etat doit rechercher des ressources pour financer ce déficit. Ce déficit ne doit pas être financé par de la monnaie. On fait appel, dans cas, à des ressources financières provenant de la valeur monétaire de richesses déjà produites et de biens déjà existants. La facilite à obtenir ces ressources, constituées souvent par l’épargne des citoyens ou, plus récemment, par les ressources disponibles auprès des marchés financiers, est un indice important de la confiance que les autres agents économiques placent dans l’avenir du pays à long terme et dans la crédibilité de la gestion de l’Etat, à court terme.
Ainsi la monnaie, encore appelée ressource courte, est une facilité accordée par une banque sur la base de la seule confiance, tandis qu’une ressource financière, encore appelée ressource longue, est une contre-valeur de richesses existantes collectées par une banque ou une institution financière et prêtée à l’Etat afin de produire des biens tangibles, des ressources réelles. Pour un État, une gestion saine consiste à utiliser la monnaie peut financer le déficit courant ou déficit primaire et à utiliser les ressources financières pour financer les investissements et la création de capital tangible.
Comment un État sort-il du déficit ?
  Nous avons vu qu’il existe deux types de déficits ; le déficit structurel et le déficit conjoncturel.
Le Déficit structurel est le plus périlleux pour un État. Il est le plus douloureux et le plus difficile à combattre. Il se présente lorsque les charges de fonctionnement de l’Etat dépassent les ressources propres de l’Etat. Dans ce cas l’Etat n’a même pas les moyens de vivre et fonctionner à plus forte raison construire des routes, des ponts, des hôpitaux, des écoles et apporter le bien-être à ses populations. Face au déficit il y a en général cinq attitudes possibles. La première, celle longuement préconisée par le FMI (Fond Monétaire International) et la Banque Mondiale est l’ajustement structurel. Cette attitude consiste à réduire les dépenses de l’Etat avec l’espoir que les ressources vont rester constantes si elles ne croissent pas. En Amérique Latine et, surtout, en Afrique cette stratégie s’est avérée être un échec.
La seconde attitude consiste à considérer qu’en cas de déficit, ce sont les impôts et taxes, sources des recettes publiques qui sont insuffisantes. La stratégie conséquente consiste alors à augmenter les impôts et taxes.
Dans une économie moderne, il existe une troisième attitude qui considère qu’une faiblesse des recettes de l’Etat est causée, en premier lieu, par une croissance économique insuffisante, une sous productivité des entreprises, une faiblesse des exportations, un excès des importations ou une combinaison de ces maux. La stratégie conséquente est alors de chercher à accroître les activités économiques dans le pays (croissance économique) tout en améliorant la productivité des entreprises et leur compétitivité. Une meilleure compétitivité des entreprises permet d'accroître les exportations et réduire les importations.
La quatrième stratégie consiste à penser que les recettes de l’Etat ont baissé en raison de la fin d’un cycle économique. La stratégie consiste alors à augmenter fortement les dépenses publiques pour subventionner soit de grands travaux soit l’émergence d’activités économiques nouvelles à hautes valeurs ajoutées.
La cinquième et dernière stratégie consiste à réduire les dépenses publiques et à augmenter, en même temps, les impôts et taxes. Cette stratégie brutale s’appelle austérité.
Dans une économie bien gérée si les mesures sont appropriées, l’expérience prouve que la situation se redresse à nouveau au bout de trois (3) ans, la création de richesse reprend et alors l’Etat peut reprendre ses activités normales. L’histoire économique des quarante dernières années enseigne également que l’efficacité d’une mesure ou d’un ensemble de mesures n’excède pas cinq (5) ans. Autrement dit, les mesures économiques, même les plus efficaces, peuvent s’émousser, perdre leur efficacité au bout de cinq ans. Il faudra alors des mesures nouvelles plus adaptées aux conditions objectives, nouvelles, de l’environnement national et international.
La stratégie numéro quatre ci-dessus est dite de politique monétaire. Les autres sont dites de politique fiscale. La politique économique est l’ensemble constitué des mesures de politique monétaire et des mesures de politique fiscale.
Comment la dette est-elle devenue une calamité presque universelle?
  En général sauf en cas de guerre, la dette publique, en tout cas la dette primaire, ne devenait pas un problème. L’emprunt monétaire de l’Etat pour couvrir les dépenses courantes venait de la banque centrale et était concédé à un taux d’intérêt proche de zéro. Les impôts et taxes couvraient cet emprunt. L’épargne nationale couvrait une bonne partie des besoins d’investissements. Les mécanismes des économies nationales et de l’économie internationale étaient bien connus et relativement simples et les méthodes d’ajustement fonctionnaient assez bien.
Le monde entier observe que, depuis les années soixante dix, la dette publique est devenue un problème universel. Comment cela est-il arrivé ?
Partons de la question suivante : combien le citoyen doit-il payer d’impôt ? La réponse universelle, depuis Montesquieu et « l’Esprit des Lois » était que l’Etat doit exiger du citoyen l’impôt qui correspond aux besoins de l’Etat et non l’impôt qui correspond aux capacités de paiement du citoyen. En 1923, le milliardaire américain Andrew Mellon vint avec une idée qui attira l’attention de l’administration américaine de l’époque. Cette idée était que le progrès social exigeait que les riches paient moins d’impôt. Cela devrait permettre, selon Andrew Mellon d’investir plus d’argent dans la production, de créer des emplois et donc d’offrir plus d’opportunité aux pauvres d’améliorer leurs conditions de vie. En échos à la proposition d’Andrew Mellon, le gouvernement américain fit passer le taux d’imposition, pour les riches, d’un pic de 73% à 10% environ, à l’heure actuelle. Le champion de la baisse de l’impôt sur les riches a été l’administration de Ronald Reagan dans les années quatre-vingt. Cette baisse a entraîné, de façon institutionnelle, une baisse arithmétique des revenus de l’Etat américain.
La seconde idée qui permet de comprendre pourquoi et comment la dette est devenue un problème universel est contenue dans la théorie économique dite « monétariste ». Les maîtres de cette théorie ont un lieu privilégié de résidence et d’exercice qui est l’Université de Chicago. Ses leaders furent l’autrichien Friedrich Von Hayek et surtout l’américain Milton Friedman. En résumant et avec tout le risque réducteur d’un résumé, les monétaristes ont dit ceci : « la valeur d’une économie est perçue dans la contrepartie monétaire de ses activités ». Cela a amené les banques et les institutions financières à renverser le paradigme normal de l’économie classique édicté, entre autre, par John Maynard Keynes, traduite dans le tandem « mettre la monnaie au service de l’économie, mettre l’économie au service de l’homme » pour la remplacer par : « mettre l’homme au service de l’économie et mettre l’économie au service de la production monétaire ». Pour enrichir la société, il fut compris que la règle serait de créer le plus de ressources monétaires et de les transformer en ressources financières par des mécanismes de garantie à la chaîne. Cette chaîne, bien entendu s’arrête à la porte du Trésor Public qui, en tant que dépositaire des ressources publiques est le garant en dernier ressort. La taille exceptionnelle des besoins de financement des États, a fait des obligations émises par les États, la source principale par laquelle les banques et institutions financières peuvent fabriquer des ressources financières. Les obligations émises par les États sont devenues des instruments financiers que l’on vend et qu’on achète librement avec des taux de plus en plus élevés afin de rendre ces instruments attractifs.
L’un des premiers pays au monde à avoir encouragé cette mutation dans l’accès de l’Etat à la monnaie a été la France. La France de 1973 avait pour président Georges Pompidou. Il fut condisciple de Léopold Sedar Senghor au Lycée Louis le Grand, enseignant, professeur agrégé de Lettres Classiques. Il fut directeur de la Banque Rothschild avant de devenir Premier Ministre du Général de Gaulle et successeur de celui-ci à la présidence de la République Française. Le Ministre des Finances était Valéry Giscard d’Estaing un aristocrate. Ainsi le tandem décidant de l’économie et des finances en France était deux hommes pour qui, en raison même de leurs itinéraires professionnelles ou de leurs origines sociales, vont être d’ardents défenseurs des intérêts des banques et des milieux financiers. C’est le lieu de rappeler que faire de la politique, c’est défendre des intérêts. Toute la différence est alors de savoir quels intérêts défend-t-on.
La France fit voter une loi en 1973, le 3 janvier, enlevant à la Banque de France la faculté de fournir l’Etat en monnaie. Cela obligeait désormais la banque centrale à émettre de la monnaie à taux zéro non pas au bénéfice de l’Etat mais au bénéfice des banques et des institutions financières. L’Etat devrait recourir à celles-ci pour se financer et cela à des taux élevés. Les dettes des pays ont explosé. Le déficit américain qui était constamment maintenu à un modeste et très soutenable niveau de 0,2%PIB en 1980 a atteint 9%PIB en 2010, propulsant la dette américaine à 109%PIB. Lorsque la France a arrêté, au début des années soixante dix, de se faire financer à un taux zéro par la Banque de France, sa dette était équivalente à 0,5milliards Euros. En 2006 cette dette était de l’ordre de 1200milliards d’Euros constitués à plus de 99% uniquement par les intérêts à servir aux banques et institutions financières !!! Rappelons au passage que les milieux financiers ne paient aucun impôt sur leurs revenus financiers !!!
Ainsi la proposition d’Andrew Mellon a fait que les États ont renoncé à une part de l’impôt payés par les riches. Il ne reste donc plus que les pauvres pour payer l’impôt. La théorie monétariste a fait que la dette publique est devenue une marchandise qui se vend et s’achète en faisant, à chaque étape, que les riches soient encore plus riches. Il reste encore les pauvres pour rembourser aux riches 2000 fois ce que ces derniers prêtent aux États. Voici le mécanisme de la dette internationale.
Quelles sont les problèmes dans la zone Euro ?
  Le Traité de Lisbonne du 13 décembre 2007, dans le cadre de l’Union Européenne, a repris la lettre et l’esprit de la loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973 interdisant à la banque centrale de prêter aux États. La Banque Centrale Européenne prête de la monnaie à des bas taux d’intérêt aux banques commerciales devenues également banques d’affaires. Ces banques commerciales utilisent cet argent pour financer le déficit public.
La difficulté principale empêchant, au sein de la zone euro, l’organisation d’une lutte efficace contre l’actuelle croise économique et financière, se situe à deux niveaux. Le premier est l’absence d’une autorité politique ayant la capacité de mettre en oeuvre les mesures de solidarité monétaire qui sont inhérentes à une union monétaire. Le second est la différence entre les doctrines économiques des deux pays dominants de la zone que sont la France et l’Allemagne.
En Allemagne, en reflet des traumatismes de l’expérience nationale, l’objectif majeur de la politique économique est la double stabilité monétaire. La stabilité de la valeur intérieure de la monnaie donc une lutte contre l’inflation et une stabilité de la valeur extérieure de la monnaie afin de garantir une prévisibilité de la balance commerciale, puissant moteur de la croissance allemande.
En France l’attention est tournée vers la recherche de la croissance à un moment défavorable à ce pays. La croissance, dans une économie moderne est générée par une balance commerciale favorable et une consommation intérieure active. Le convertisseur qui permet de transformer la balance commerciale et la consommation intérieure en croissance économique est la compétitivité des entreprises. En ce moment précis, les entreprises françaises ne sont pas compétitives et cela sur les deux plans de la compétitivité : la compétitivité prix et la compétitivité hors prix.
Cet écart, sur le plan économique, entre la France et l’Allemagne est accentué par les spécificités démocratiques dans chacun de ces deux pays leaders de l’Europe Occidentale. La France est un pays centralisé où, depuis le Général de Gaulle, la décision nationale est celle d’un homme. Presqu'à l’opposé, l’Allemagne est un pays fédéral où les pouvoirs de décision sont partagés et souvent largement détenus au niveau local, les länder.
La coexistence de ces manières différentes de voir le monde et d’y concevoir son rôle fait que les décisions pour sortir l’Europe de la crise sont difficiles à trouver.
A qui appartient la légitimité ?
  Un problème politique profond divise l’Europe face à la crise. Il s’agit de savoir pour la satisfaction de quel donneur d’ordre les décisions de lutte contre la crise doivent être prises. Les peuples et leurs opinions ont été négligés pour prendre en compte uniquement l’appréciation des agences de notation. Les agences de notation ont réussi à défaire les gouvernements de la Grèce, de l’Italie, de l’Irlande, ce que les peuples en colère n’ont pu obtenir. Dans tous ces pays, on a cherché à remplacer les gouvernements démocratiques par des gouvernements de professeurs d’université ou de techniciens de hauts niveaux. Il est vrai que ceux-ci connaissent les solutions et peuvent les appliquer pour lutter contre la crise. Cependant même efficace, un gouvernement de professeurs d’université n’est pas un gouvernement démocratique. En démocratie seuls les choix des citoyens, même imparfaits, sont légitimes. Un gouvernement de professeurs ne peut durer. Autrement, avec la grande différence de l’efficacité cependant, ce gouvernement
de professeurs est formellement comparable à un gouvernement dictatorial composé de généraux armés jusqu’aux dents.
L’Europe est très bien équipée, ses structures démocratiques sont suffisamment solides pour trouver les solutions à la crise tout en préservant les acquis démocratiques. De toute façon je crois qu’une fois de plus, l’Europe se trouve en pionnier pour défricher de nouvelles voies qui pourront être utiles à tant de pays à travers le monde.
Cependant si nous devons tirer un enseignement, à ce niveau, de la crise européenne, il s’écrit sous la forme d’une trilogie :
• Les forces qui agissent à un niveau global pour réguler la marche du monde sont plus fortes que les volontés nationales ;
• Les forces du marché sont supranationales tandis que la démocratie est encore nationale. Dans ces contextes il devient urgent de caractériser la validité de la démocratie et la légitimité qui la fonde ;
• Toute politique a pour objet de défendre des intérêts. Identifier une politique revient à identifier les intérêts qu’elle défend.
Dialla Konaté
18 mars 2012

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