Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
occitan-touareg

Le Parti de la Nation Occitane était à Bourg St Andéol ( 07700 )

26 Novembre 2012 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #occitanie

 

occitan Bourg St Andéol

 

Amics, amigas

Mercés a vosautres d’èstre venguts a Borg Sant Andiòu per aquela dimenjada de trabalh.

Merci à vous d’être venus à Bourg St Andéol pour ce weekend de travail.

Le P.N.O existe depuis 1959.

Appelé à l’origine  Parti Nationaliste Occitan, il est devenu depuis 2004 le Parti de la Nation Occitane.

François Fontan, son fondateur qui en était le secrétaire général, l’a dirigé jusqu’en 1979 année de sa mort.

Il a été remplacé par Jacques Ressaire qui en a assuré la présidence jusqu’en 2009 puis par Philippe Bonnet et enfin depuis 2011 par une direction collégiale composée de quatre coprésidents, Pierre Barral, Janine Cazes-Grande, Patrick Nouguier et Jean-Pierre Hilaire.

Beaucoup d’hommes et de femmes sont passés par le P.N.O et l’ont quitté pour des raisons diverses, pas toujours politiques.

Sur le plan idéologique, la seule rupture importante par rapport à l’époque de Fontan a été le passage d’une franche opposition à l’intégration européenne à un certain pragmatisme sur la question européenne vers le milieu des années 1990 puisque le P.N.O revendique désormais une Occitanie indépendante membre de l’Union européenne.

On peut noter aussi l’abandon de la langue unifiée et de la graphie phonématique ainsi que le refus de définir le Parti comme un parti de droite ou de gauche, ce qui ne va pas sans tiraillements dans le domaine économique et social.

L’ethnisme qui est la marque de fabrique du P.N.O, et qui faisait l’objet de longs débats lors des Comités Nationaux de jadis est passé au second plan avec un recentrage sur l’Occitanie.

Le reichisme qui fait toujours partie du corps de doctrine n’est que rarement évoqué et n’entre pas dans les huit critères d’adhésion au P.N.O

Il existe depuis peu un groupe Parti de la Nation Occitane sur facebook mais peuvent y adhérer n’importe qui s’il n’y a pas opposition des autres membres.

Voilà un objectif à se fixer pour le P.N.O, le vrai parti politique.

Faut-il pour atteindre cet objectif décaféiner le Parti ?

Ce n’est pas un sujet tabou.

On peut noter toutefois la participation du P.N.O à toutes les manifestations pour la langue occitane, la présence régulière à l’Estivada de Rodez avec un stand et le 11 septembre dernier, la présence d’une importante délégation du P.N.O à la Diada de Barcelone, gigantesque manifestation pour l’indépendance de la Catalogne.

Sans oublier l’implication de la direction du Parti et d’un certain nombre de ses adhérents dans la refondation de l’occitanisme impulsée par David Grosclaude et Guilhem Latrubesse.

Nous faisons désormais partie du paysage politique occitan et même s’il y en a encore pour nous considérer par ignorance ou mauvaise foi comme des fascistes, nous ne sommes plus des pestiférés.

La Setmana fait état de nos communiqués.

Nous intervenons sur lo Jornalet et dans le dossier consacré aux Occitans par la revue Toulouse Mag dans son numéro de novembre, un encart explique qui sont « les radicaux du P.N.O » (j’avais été interviewé par téléphone par un journaliste de la revue pendant près d’une heure).

Le P.N.O utilise désormais largement les nouvelles technologies de l’information puisqu’il dispose d’un site Web (malheureusement à l’abandon pour l’instant), d’un blog très riche sur lequel il poste, entre autre, des communiqués de presse réguliers et met en ligne gratuitement sa revue Lo Lugarn.

Notre revue, en français et en occitan, Lo Lugarn paraît à peu près trois fois par an sur papier et en format virtuel.

Nous avons également un bulletin interne, Occitània liura.

Cependant nos publications pour la plupart datent.

L’œuvre majeure de François Fontan Ethnisme, vers un nationalisme humaniste   date de 1960 et personne ne s’est encore attelé à l’actualiser.

Il était aussi question depuis longtemps de faire des stages de formation.

Nous avons enfin pu en réaliser un en mars dernier à Villeneuve sur Lot.

La brochure de vulgarisation des idées du P.N.O longtemps évoquée verra t-elle le jour ?

Il faut l’espérer.

Elle intégrerait le document sur l’Europe qui devrait résulter de ce Comité National de Bourg Saint Andéol.

A l’issue de ce bilan rapide, chacun pourra juger des forces et des faiblesses du P.N.O et de la contribution qu’il peut apporter à l’œuvre commune.

Ne nous y trompons pas, nous sommes le seul parti politique occitan clairement indépendantiste.

Le Parti Occitan est autonomiste et prisonnier, pour l’instant, de ses alliances avec des forces politiques françaises (d’aucuns disent qu’il est succursaliste) et Libertat privilégie la révolution sociale avant la libération de l’Occitanie.

Bien sûr, nous savons bien que l’indépendance de l’Occitanie et la création d’une République fédérale occitane ne sont pas pour demain et sont pour le moment utopiques.

Les Occitans ne savent pas pour la plupart qu’ils ne sont pas français et même s’ils ont de la sympathie pour la langue et la culture occitane, ils n’ont pas compris qu’elles ne seront pas sauvées sans état propre.

Les occitans, à l’heure actuelle ont d’autres priorités : le chômage, le niveau de vie, la protection sociale, les impôts, l’immigration etc.

Nous comprenons que des Occitans conscients, y compris parmi nous, soient par désespoir tentés de se radicaliser et de suivre la voie des armes.

Mais les peuples ont besoin d’espoir, pas de désespoir et la violence sans le soutien du peuple ne mène nulle part.

Sans aller si loin, le 11 novembre dernier à Foix après la cérémonie aux monuments aux morts, François Thonier, militant altermondialiste, a brûlé un drapeau français et aurait crié : « Vive l’Occitanie, à bas la France ».

L’impact médiatique de cet acte que nous ne condamnons pas mais que nous ne pouvons pas approuver non plus a été limité à deux entrefilets dans la Dépêche du Midi, un pour relater l’évènement, l’autre pour donner la parole à la représentante du Cercle occitan de Foix qui s’est crue obligée de dire qu’ils n’avaient rien à voir avec cet incident et qu’en plus ils ne faisaient pas de nationalisme occitan.

 Notre homme passera devant le tribunal correctionnel de Foix le 18 décembre et risque une condamnation pour outrage au drapeau de la République une et indivisible.

Nous espérons qu’il ne sera pas condamné mais on peut s’interroger sur l’impact de son geste sur le peuple occitan.

Le 11 septembre à Barcelone, nous avons pu mesurer l’écart entre la conscience nationale des Catalans et celle des Occitans.

Nous savons que nous travaillons pour les générations futures qui reprendront ou non le flambeau.

Il nous faut faire preuve d’abnégation et d’humilité, accepter que nous avancions à petit pas, en nous présentant aux élections, en ayant des élus, en ne comptant pas sur le gouvernement, fut-il de gauche, pour libérer l’Occitanie.

Mais si nous renonçons, nous accepterons notre assimilation, la disparition programmée de notre identité et de notre langue.

Pour ma part, je ne l’accepte pas mais je ne suis pas éternel.

La fin de mon mandat est en 2014.

De toutes façons, je ne serai pas candidat pour un nouveau mandat.

Je souhaite qu’une génération nouvelle nous remplace à nous les « historiques ».

Ce serait dramatique pour les Occitans et pour l’humanité si ce n’était pas le cas.

Nous allons travailler sur l’Europe et essayer d’approfondir la position du P.N.O qui a beaucoup changé sur ce sujet.

Que vous soyez pour ou contre un vrai fédéralisme européen, n’oubliez ce que l’on appelle le « déficit démocratique » en langue de bois.

Jamais la défiance des peuples envers l’Europe n’a été aussi forte.

Nous devrons en tenir compte pour définir l’Europe que nous voulons.

Jean-Pierre Hilaire, 24/11/2012

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article