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Mali - Azawad - Hamada Eddarouiche nous livre son analyse

15 Juin 2012 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #TRIBUNE LIBRE

Comme vous n’êtes pas tous et toutes sur “facebook” je vous fais partager ce texte plein d’informations.
L’auteur en est Hamada Eddarouiche.
Voici mon commentaire :
Une analyse que je partage à 80%.
Pour Hamada Eddarouiche la solution "définitive" passe par une autonomie ou une régionalisation à l'Européenne.. Je ressent bien là cette peur panique enfouie au plus profond de son inconscient : tout sauf l'éclatement du Mali car cela pourrait entraîner la dislocation des pays Arabes voisins et en particulier l'éclatement du Maroc.
 Si l'Azawad devient indépendant, c'est le premier pas vers la suite logique, la création de futurs États Amazigh. Comme nous disons "l'appétit vient en mangeant"...

Pellet Jean-Marc


                     ************************************************************************

J’hésite depuis des semaines malgré les sollicitations affectueuses de mes amis à écrire sur le Mali, ce pays merveilleux soumis à des convulsions meurtrières. Ce pays, je l’ai parcouru de long en large, je l’ai vécu et respiré, et j’y compte de nombreux amis de toutes les régions et de toutes les ethnies qui composent ce peuple chatoyant.
Sahraoui né à la frontière de cet immense territoire deux fois et demi grand comme la France, j’ai ressenti toute ma vie le même sentiment  de tiraillement que mes contemporains du Nord Mali.
Depuis le 27 février 2008, quand accompagné d’une centaine des miens, j’ai regagné la mère patrie, l’épicentre de mes racines, le Royaume du Maroc, je me suis  réconcilié avec mon ‘’histoire génétique. J’ai pris cette décision lourde de conséquences et qui a coupé ma vie en deux, suite au discours de Laayoune  de Sa Majesté Mohammed VI, annonçant l’autonomie du Sahara. J’ai choisi la voie de la raison, de la vérité historique et du réalisme, sans calculs vulgaires ou mercantiles.
Depuis que je suis rentré, il y a bientôt cinq ans, j’essaie sans jamais me lasser, de faire valoir  mon opinion au sein d’un univers Sahraoui brisé par les aléas de l’histoire, de la politique et les interférences aux conséquences dommageables de certains voisins (Voir la série d’articles parus dans Libération et sur google).
La situation du Mali ce pays frère, suscite en moi, à l’évidence, une grande tristesse  et des interrogations douloureuses. Aujourd’hui je livre mon analyse sur ce pays, analyse dictée par l’expérience et l’affection que je voue à tous les Maliens, les Touaregs en particulier que je considère comme les miens.                                      
Le Mali a la particularité d’avoir des frontières communes avec 7 états d’Afrique…autant dire que ce qui le touche, touche, à minima, sept pays de la planète ! Il faut se représenter le Mali comme une mer intérieure dont les tempêtes peuvent être dévastatrices pour toute l’Afrique de l’Ouest !
Ce territoire immense, est aujourd’hui, littéralement coupé en deux.

 Le Nord, surnommé Azawad , occupe les deux tiers du territoire Malien.
Il est sous le contrôle de groupes disparates dont les objectifs affichés sont diamétralement opposés :  
Le Mouvement National de libération de L’Azawad (M.N.L.A ) a proclamé l’indépendance, le groupe islamiste Ançar Dine  veut appliquer la Charia dans tout le Mali, le Front National de Libération de l’Azawad (F.N.L.A ) formé d’Arabes de Tombouctou dont les objectifs sont flous , Aqmi et sa branche dissidente le Mouvement pour l’Unicité du Jihad en Afrique de l’Ouest ( M.U.J.A.O…) aux activités terroristes…
Le Sud, un tiers restant du territoire  dans lequel vivent les  90% de la population, est dans une situation confuse depuis le putsch mené par des jeunes officiers et sous-officiers de la caserne de Kati à 15 km de Bamako .
Ce putsch a mis fin au pouvoir du Président Amadou Toumani Touré (A.T.T.) quelques semaines seulement avant la fin de son deuxième et dernier mandat...
IL n’y a donc plus au Mali  de Président élu, ni d’institutions républicaines crédibles, ni de véritable hiérarchie militaire.
Paradoxalement le Pays semble tourner avec la baraka d’ALLAH et les traditions vertueuses de ses populations, il faut le rappeler, parmi les plus vieilles et les plus nobles du continent noir.
Ce que j’écrivais il y a plus d’un an, sur les vertus de la Société Malienne, se démontre aujourd’hui ! (voir mon article : ‘’Modèle de démocratie : une aventure ambigüe. Libération du 22.09.2011 ou sur google).

 Ce peuple frère donne une preuve éclatante de l’enracinement des valeurs sociales héritées de plusieurs siècles de civilisation Africaine ! Il survit à l’absence de pouvoir institué, car son socle fondateur est la cohésion sociale, la paix et la solidarité.
Les leçons du ‘’Kouroukan Fouga’’ ou charte du Manden, l’une des premières constitutions du monde,  datant de près de 1000 ans, édictée par l’Empereur Soundiata Keïta, sont dans le subconscient collectif des Maliens.
 Les Maliens sont les héritiers d’Empires glorieux qui ont marqué l’histoire de l’Afrique occidentale et contribué à la civilisation de l’universel : l’Empire du Ghana, l’Empire du Mali, L’Empire Songhoi et l’Empire Chérifien dans tout le nord de l’actuel Mali.
Le  pays a connu un brassage civilisationnel impressionnant comprenant un apport Arabo- Berbéro-musulman, Bambara, Malinké, Mandingue, Dogon, Bozo, Bobo, Sosso, Sonrhaï, Soninké etc.


A ce titre, on peut affirmer que le peuple Malien est un véritable conservatoire civilisationnel !
C’est ce qui explique sans aucun doute, l’impressionnante stabilité du Pays dans la déconfiture des institutions de l'Etat depuis quelques mois.

Une rébellion récurrente. La situation qui prévaut actuellement au Nord- Mali n’a rien de surprenant.  Le plus novice des observateurs ne peut que s’en apercevoir. Les germes de cette discorde datent de l’indépendance de l’ex-Soudan Français,  devenu la République du Mali en 1960.
En 1958 les chefs coutumiers Touaregs,  avaient envoyé au Général de Gaulle une lettre motivée pour l’exhorter à ne pas les rattacher au pouvoir de Bamako…

Les frontières héritées de la colonisation, ont été tracées à la règle par des officiers colons, suivant des critères de prédation qui n’ont rien à voir avec l’histoire, la sociologie, la culture des peuples colonisés et des Nations millénaires.
De Grands Ensembles socio-culturels ont  été amputés, balkanisés, écartelés, et les peuples qui les composent, asservis et pour finir, rabaissés et durablement humiliés.

A titre indicatif, en 1943, Mr Christian Legret, Gouverneur de la Mauritanie, a évité, sur simple recommandation, aux deux régions les plus peuplées de l’actuelle Mauritanie, les hodhs, à l’époque rattachés à l’ancien Soudan Français, de subir le même sort que l’Azawad .On mesure avec quelle légèreté des pans entiers de populations et d’êtres humains, avec leurs coutumes, leur histoire, leurs racines, leur mémoire génétique…basculaient d’un côté ou d’un autre… Les frontières se déplaçaient à l’humeur et au bon vouloir des Administrateurs coloniaux. En Europe, tout près de nous, l’éclatement des Balkans et les morts de Sarajévo…le martyr des deux Allemagnes et les familles coupées au hachoir, la chute du mur de Berlin enfin…sont là pour illustrer de quel malheur les hommes se sont rendus coupables en jouant aux apprentis sorciers…Le Maroc a connu cette réalité cruelle, les stigmates  de la prédation dont il fut l’objet sont à fleur de terre…Elles ont entraîné leurs lots de souffrances, déchirements et séparations qui perdurent aujourd’hui…

 Mais revenons au Mali, depuis l’accession du pays à l’indépendance, les rebellions se sont succédées, rappelant avec une acuité douloureuse cette question identitaire.
La marginalisation du Nord par les différents pouvoirs de Bamako a, au fil du temps, exacerbé ce sentiment de « greffon sur un corps étranger » et provoqué de nombreuses rébellions.

 Le pouvoir de Bamako, a constamment répliqué par une répression brutale et aveugle qui n’a jamais fait l’objet d’une quelconque condamnation Internationale ou même d’une repentance Nationale.

Le souvenir de la tuerie aveugle de Léré (région de Tombouctou) le 20 Mai 1991, tout près de nous, est saignant dans les esprits des Touaregs et des Arabes du Mali.

Les différents accords conclus entre la rébellion du Nord et L’Etat Malien, sous l’égide et l’influence  exclusive du pouvoir Algérien, accords de Tamanrasset en janvier 1991, Pacte National en avril 1992, accords d’Alger en juillet 2004, ont été  mal ficelés et mal appliqués. Ils répondent en premier lieu aux intérêts géopolitiques du puissant et encombrant voisin du nord.

Ils ont eu un effet de report sur une question identitaire fondamentale qu’il fallait régler définitivement, d’autant qu’elle est posée dans plusieurs Pays, l’Algérie en premier lieu !

La déception née des accords imposés par l’Algérie, la démission de l’Etat face à ses responsabilités sécuritaires, la compromission de hauts fonctionnaires avec les trafiquants de la mort, le laxisme tout court, sont à l’origine de la  nouvelle déflagration qui a secoué les fondements d’une Nation Phare.
L’un des dommages collatéraux de la désagrégation de la Jamahiriya Libyenne, est la prolifération d’armes destructrices et de moyens de transport dans la zone Sahélienne. Avec cette puissante logistique, sur fond de frustrations et d’amertumes, les velléités indépendantistes se sont réveillées sur un territoire en déchéance de souveraineté.

 Alors face à la situation actuelle, faut-il défendre le principe sacro-saint de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation  ou soutenir l’indépendance de peuples ayant une culture, une histoire, un mode de vie, une organisation sociale, différents de ceux des autres Maliens du Sud ?

  La question est brûlante ! En effet cette vaste et poreuse zone désertique, considérée comme ‘’ territoire inutile’’ par Bamako, a été abandonnée depuis plus d’une décennie au terrorisme et aux trafics en direction du Maghreb et de l’Europe. Aujourd’hui, les enjeux dépassent la légitimité du combat  du peuple Touareg, greffé artificiellement à un corps étranger, marginalisé et blessé dans sa dignité et qui a vu longtemps, ses droits confisqués…

La sécurité et la stabilité d’une Zone sensible appelée le Sahel et ses conséquences sur la sécurité du monde, masquent désormais les droits et aspirations légitimes d’un peuple martyrisé. Un énorme abcès de  fixation s’y  est développé nécessitant une vision globale, une réflexion synthétique, prenant en compte de très nombreux paramètres dont le plus saillant est désormais la sécurité du Sahel, de ses habitants  et du reste du monde.

Le deuxième et décisif paramètre à prendre en compte, est la composition du tissu social de la région, avec l’expression souveraine des populations qui le composent. On ne saurait faire l’impasse sur leur avis.

 Trois grandes régions composent l’Azawad : Gao,Tombouctou et Kidal.

 Seule Kidal est peuplée de Touaregs et d’Arabes, ce qui explique sans doute la forte propension de ses habitants à être les détonateurs des différentes rébellions.

Gao et Tombouctou sont des zones de brassage, de métissage entre les

Sonrhaïs, les Touaregs, les Arabes, les Peuhls, les Bozos. La population est polyglotte et les limites territoriales entre familles et tribus, sont floues.  

 Ces populations ont vécu en symbiose depuis la nuit des temps, elles témoignent de l’universalité Africaine, à telle enseigne que les noms de familles ne permettent plus d’identifier leur appartenance  à telle ou telle ethnie.

A titre d’exemple des  Arabes kountas et Ehel Arawane portent les noms Adiawyakoye et koyrakoye qui veulent dire en langue Sonrhaï respectivement ‘’maître coranique’’ et ‘’ maître de la ville’’.

 La ville de Gao, la plus grande et la plus peuplée du Nord, a été la capitale de l’Empire Sonrhaï, s’y trouve la pyramide des Askia, tombeau de l’Empereur l’Askia Mohamed, classée patrimoine de l’humanité.

La prière du Vendredi à Tombouctou est faite à la mosquée Djingaré Ber (grande mosquée en Sonrhaï ) et les Imams sont toujours des Sonrhaï , signe de leur forte présence dans la ville la plus illustre et la plus cosmopolite de tout le Mali…

 Les Sonrhaïs et les Peuhl,  peuples noirs,  sont très nombreux sur toutes les berges du fleuve Niger, ce grand cours d’eau qui est l’élément nourricier de tout le Mali. Ils ne sont pas de la rébellion.

 Les tribus Arabes Beydanes ont eux aussi une forte présence, surtout au niveau des deux grandes régions de Gao et Tombouctou. Leur position par rapport à la question reste floue et dépendante de leurs cousins de Mauritanie…

Cette communauté connaît d’ailleurs, une rivalité meurtrière qui oppose depuis de longues années les tribus Kountas et Lamhars à Gao.

A  Tombouctou les  tribus Brabiches, Ehel Arawane, Termouz, Tajakanet, Legwanine, Aarib, El wesre, Idelbe, sont loin d’être unies et solidaires…

Les Touaregs de la souche négro-africaine, appelés ‘’Belas ‘’, d’anciens esclaves nombreux sur les terres arables du fleuve et des lacs Faguibine , Télé, Horo, n’ont jamais pris part de manière tranchée aux différentes rebellions, bien au contraire, ils ont souvent  été  les auxiliaires de l’armée Malienne dans les précédents soulèvements…

L’ossature principale de la présente révolte est constituée des Ifogas, des Idnans et des Chamanammes (région de Kidal).

La plus nombreuse et puissante tribu Touareg Imghad, apparentée aux Imouchagh, la souche originelle desTouareg, est restée au début, en dehors du conflit, pour ne pas dire du côté du pouvoir de Bamako.

 La grande  et influente tribu Kelentessar, pépinière de cadres Touaregs, qui peuple la partie sud de la région de Tombouctou et la bande frontalière de la Mauritanie, n’était pas engagée  dans la révolte actuelle à ses premières heures…

 Les exactions de Bamako contre les Touaregs, ont poussé dans les bras de la rébellion des tribus qui n’avaient ni l’envie ni la conviction nécessaires pour s’embarquer dans cette aventure récurrente.

 C’est à la suite de ces bavures restées impunies, qui n’ont pas épargné de grands dignitaires de l’Etat, que le Mali s’est vidée de sa population blanche originaire du Nord et que les ralliements se sont généralisés…

  Une partition Improbable

 Compte tenu de tous ces éléments et de la réalité géopolitique régionale, l’indépendance de l’Azawad est-elle possible ?

 Quatre arguments majeurs rendent la probabilité d’une indépendance acceptée et cautionnée par la communauté internationale, faible.

 A- Le premier argument, à mon sens, réside dans le concept même de l’indépendance. Les défis de la mondialisation, le développement spectaculaire des communications, ont rendus les frontières, toutes les frontières, virtuelles, et changé la perception que les hommes ont du contenu de ce mot.

Notre monde tend à l’Universalisme et le combat est désormais contre le sous-développement dans toutes ses formes, le titre de voyage que l’on détient devient subsidiaire.

La création d’un Etat demande du temps, beaucoup de ressources humaines et matérielles, des procédures interminables et fastidieuses, de la sueur et des larmes. Sans le soutien de la communauté internationale, le coût de ce luxueux exercice de haute voltige, serait hors de portée des populations concernées.

La récente partition du Soudan avec ses problèmes inextricables et leurs conséquences désastreuses, est de nature à ne pas encourager une solution de même type au Mali.

B- Le second argument est l’atomisation de la population de l’Azawad en ethnies, tribus et groupes  indépendants, rivaux, antagonistes et parfois hostiles entre eux. Les Azawadis ne regardent, hélas, pas dans la même direction, n’ont pas un objectif commun appelé « Indépendance ».

On ne peut pas faire l’impasse sur l’assentiment des populations concernées qui à ce jour n’ont ni le même discours, ni un idéal commun ayant pour nom : « Partition » !

 C-  troisième et non le moindre, est la présence parmi les combattants du Nord de toute la nébuleuse Aqmi et autres groupes armés terroristes traqués par toute la communauté Internationale. La zone est devenue un espace de non droit, le terrain de prédilection du terrorisme, du commerce des otages et du narcotrafic. Tout ceci détruit l’éventualité d’une reconnaissance d’indépendance sur la scène internationale !

L’indulgence avec laquelle la rébellion était observée de l’extérieur, s’est vite dissipée à l’apparition au grand jour des émirs d’Aqmi dans les rues et mosquées de Tombouctou et Gao, aux côtés de certains chefs militaires Touaregs.
Une impression forte s’est incrustée dans les esprits des observateurs, celle de la création d’un Etat Islamo-Terroriste et narcotrafiquant dans la zone désertique et poreuse du Sahel ! 

 D- Le quatrième obstacle est celui du risque de contagion que les voisins et la communauté internationale ne prendront jamais, il serait désastreux pour la stabilité des  Pays voisins du Mali et poserait un cas de jurisprudence pouvant déréguler le monde, en commençant par l’Afrique.

Les difficultés du monde actuel liées à la globalisation, imposent les unions, la création de grands ensembles qui dissolvent les souverainetés. Redessiner les frontières c’est ramer à contre-courant des réalités du monde actuel.

On s’achemine en toute logique vers une solution de raison et de réalisme politique mais qui doit de manière impérative sauvegarder les droits des peuples. 

L’Autonomie comme solution.

 L’indépendance de l’Azawad, pour les raisons précitées, semble peu raisonnable. Elle est peu réaliste et techniquement difficile à mettre en œuvre, ne serait-ce que pour des raisons de délimitation des zones d’influences eu égard aux osmoses ethniques.

 La solution la plus réaliste serait une large Autonomie du nord Mali dont les contours doivent être scrupuleusement étudiés, négociés et dont les accords doivent être  bien appliqués le moment venu.

Cette solution sauvegarde l’essentiel des intérêts de toutes les parties concernées, de plus elle est dans l’air du temps.

La globalisation écrase toutes les petites entités. Notre monde a changé, le village mondial s’est rétréci et la tendance dans le monde post moderne, ce « chaos rangé » et qui bénéficie d’une bonne ingénierie démocratique, est de développer des Régions très autonomes qui gèrent leur commerce, leurs transactions et la vie de leurs concitoyens.

Face à la complexité et la multiplicité des échanges, l'Union européenne a en effet fait le choix de l'échelle régionale, il se révèle très pertinent ! Les exemples sont nombreux et peuvent éclairer. La régionalisation avancée est imminente au Maroc, en Europe, elle est en marche depuis longtemps. Les Régions créent de la fertilisation croisée, de la richesse et des emplois…Le Danemark et la Suède ont même créé une Région transfrontalière, l’Oresund, un des plus grands pôles universitaires d’Europe.

Le niveau le plus pertinent de Développement et d’échanges devient celui de la Région…

L’offre de cette solution d’Autonomie Régionale, doit venir de ceux qui détiendront le pouvoir légitime à Bamako, sans complexe et sans complaisance. Cette Solution ne doit pas être perçue comme une prime à la révolte, elle s’impose comme solution médiane, une option de salut !

Cette Autonomie doit être garantie, soutenue et accompagnée par une implication forte de la communauté internationale et celle des voisins du Mali, incontournables dans la recherche d’une solution pérenne.
Il restera à l’élite du Nord, des défis à relever comme gage de leur aptitude à s’autogérer.  Le premier est celui du Rassemblement et de l’Unité solennelle. Il faut se débarrasser au plus vite des sectarismes primaires. Une autonomie avec ses zones ethniques bunkérisées, ses féodalités tribales et ses petits clans guerriers à la nuisance autodestructrice, serait un désastre pire que la situation antérieure.
Le Mali peut devenir un Laboratoire pour toute la Région car c’est de l’ampleur de cette crise que peut naître le salut, avec un nécessaire sursaut des consciences, beaucoup de réalisme et de clairvoyance.
Le plus grand défi, très attendu et urgent celui-là, sera l’éradication du terrorisme, de l’obscurantisme et du grand banditisme.

Les populations du Nord du Mali ont le devoir et la responsabilité d’aseptiser et de sécuriser leur territoire. Ils sont les seuls à pouvoir le faire et doivent donner au monde extérieur les preuves de leur engagement à assumer cette mission. C’est à ce prix qu’ils seront crédibles, écoutés et soutenus dans leur lutte pour une autonomie large et contre le sous-développement.

 En dernier ressort nous devons aider les Maliens à chercher en eux les solutions à leur problème. Ils détiennent des secrets de lien social, de concertation, de recherche du consensus. Il va falloir qu’ils les utilisent et appliquent en urgence la Sagesse Africaine : « L’homme est le médicament de l’Homme ! »

Enfin la pauvreté n’est pas une fatalité, le Mali est non seulement riche de sa diversité, mais regorge de potentialités.

Avec le concours de ses frères et amis dont le Maroc est au premier rang, tous les obstacles sur le chemin de la prospérité peuvent être surmontés. Mais Paix sociale et Sécurité sont le substrat de tout développement humain, c’est donc par là qu’il faut commencer !

 Le Maroc et le Mali partagent un florissant passé commun. Ce qui se passe au Mali nous concerne au premier chef  en raison de l’histoire, des liens de sang, et des enjeux d’avenir. Ce laboratoire vivant, Conservatoire de cultures et de traditions, gardien d’une partie de notre mémoire, interpelle en nous nos meilleurs sentiments d’entraide et de fraternité.  

Nous ne pouvons démissionner de notre responsabilité, le Sahel nous concerne quoi que nous fassions. Il est notre prolongement historique !

En secret, les racines poursuivent leur puissant dialogue avec l’Arbre, depuis des millénaires…

 

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