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Mamadou Cissokho, prix Louis Malassis 2010

27 Novembre 2010 , Rédigé par Papadoc Publié dans #TRIBUNE LIBRE

Le prix Louis Malassis 2010 a été décerné à M. Mamadou Cissokho pour son livre :

"Dieu n'est pas un paysan".

   

Comment un ancien instituteur a-t-il pu créer une organisation paysanne au Sénégal, la fédérer avec d’autres, surmonter la balkanisation de l’Afrique de l’Ouest pour mettre en réseau un mouvement paysan reconnu par les politiques de son pays et au niveau international ?   

  Mamadou Cissokho a surmonté ce défi sans tomber dans les multiples pièges du pouvoir.

Il a fallu pour cela créer la confiance et surmonter nombre de pesanteurs, faire revivre une réelle solidarité dans une agriculture paysanne si habituée à être soumise et manipulée.

C’est ce défi relevé qu’il expose dans Dieu n’est pas un paysan, en traçant d’une plume alerte l’élaboration d’un parcours militant.

  Soucieux de son pays et de l’autonomie de décision paysanne, Mamadou Cissokho a aussi compris l’importance des nouvelles revendications comme celle de la souveraineté alimentaire.

Si vous êtes partisan de l’agriculture familiale pour surmonter la pauvreté subsaharienne, si vous voulez comprendre la société civile en mouvement en Afrique de l’Ouest ou les combats d’un syndicalisme agricole naissant, venez écouter Mamadou Cissokho et lisez son livre.  

  Association Paroles des Paysans du Monde – APPM –

  3191 route de Mende

  34093 MONTPELLIER CEDEX 5

  http://paysansdumonde.iamm.fr

Sénégal : « Dieu n'est pas un paysan » de Mamadou Cissokho - Essai sur le mouvement paysan

Par devoir, Mamadou Cissokho, dont la vie se confond avec le mouvement associatif paysan, retrace dans cet essai l'histoire du mouvement paysan. A travers les pages, l'auteur raconte avec passion ce combat qui a débuté à Bamba Thialène, une petite localité située dans la région de Tambacounda, et qui a abouti à la création du Roppa. Cet essai constitue également un riche document d'analyse de l'agriculture sénégalaise.

C'est tout un symbole. Dans une ambiance marquée par l'effervescence de la Foire internationale de l'agriculture et des ressources animales (Fiara), la sortie du livre de Mamadou Cissokho, intitulé « Dieu n'est pas un paysan », n'est pas passée inaperçue. Le titre très incisif fait allusion à la nécessité pour l'homme (paysan) de « prendre son destin en main ». D'ailleurs, « yalla yalla bey sa toll » (c'est-à-dire, aide-toi, le ciel t'aidera) dit l'adage wolof.

Cet essai qui retrace l'histoire du mouvement associatif paysan passe également en filigrane -avec une exhaustivité et une profondeur d'analyse remarquables- les différentes étapes de l'agriculture sénégalaise et africaine d'une manière générale et les principaux défis auxquels elle est confrontée.

Il s'agit notamment de la crise alimentaire et la sécurité alimentaire, de la nécessité pour l'Afrique de définir des politiques agricoles destinées d'abord à répondre aux besoins alimentaires de ses populations, etc. Sur ce point, l'auteur insiste sur la nécessité de promouvoir le « consommer local » et de protéger les exploitants agricoles locaux face à la concurrence des produits importés.

Mais ce livre, c'est aussi l'histoire d'un homme entièrement dévoué à la cause des paysans. Avec passion, fierté et générosité. Au point de sacrifier sa vie de famille, à laquelle il demande pardon. Mais ce combat, Mamadou Cissokho ne l'a pas mené seul. C'est pourquoi il parle toujours à la première personne du pluriel. Ses compagnons ont pour noms : Ndiogou Fall, actuel président de l'Asprodeb et du Roppa, feu Famara Diédhiou.

« Dans ce livre, nous avons raconté ce que nous avons fait ensemble, dans le respect de nos valeurs et la dignité », dit-il. Preuve d'une vie qui se confond avec la cause paysanne : « Je ne suis rien sans vous. Je ne suis que ce que vous avez fait de moi », a-t-il lancé modestement à l'endroit des paysans venus nombreux. Tout est parti de Bamba Thialène, petite localité « perdue » dans la région de Tambacounda où l'auteur s'est établi depuis plusieurs années pour s'adonner à l'agriculture.

Cette longue marche qui a débuté dans ce coin reculé du Sénégal a abouti à la création, d'abord, du Cadre national de concertation des ruraux (Cncr), ensuite à la mise sur pieds de l'Asprodeb et du Roppa, sur le plan régional. L'auteur a donc été à l'initiative de tous les combats des paysans sénégalais et ouest-africains. Et, pour couronner ce combat, il a été désigné par ses pairs pour réfléchir à la mise sur pied de la Panafricaine des agriculteurs.

Pourtant, ce combat d'une longue haleine n'a pas été facile. « Nous (les paysans) sommes restés 36 ans sans être reçus au palais. Chaque année, le président recevait les syndicalistes et les opérateurs, mais jamais les paysans. C'est pourquoi la première fois que le président Diouf nous a reçus, nous avons su que c'était une grande victoire », explique Mamadou Cissokho. D'ailleurs, le livre est préfacé par Abdou Diouf.

L'auteur affirme avoir longuement hésité avant de se lancer dans l'écriture. « Je me suis demandé : je vais écrire pour qui ? ». La majorité des paysans ne sachant pas lire en français. C'est pour cette raison que l'auteur a également écris deux autres documents (« Peut-être incha Allah » et « Nous sommes notre propre remède ») qui seront traduits dans les différentes langues nationales, assure-t-il. « Parce que je ne peux pas concevoir écrire quelque chose que mes frères et soeurs ne comprennent pas », dit-il.

sur Le Soleil

 

à lire aussi un exellent Entretien avec M. Mamadou Cissokho

 

invitation :

prix louis malassis 2010

 


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