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occitan-touareg

Niger-Mali : la faim fait le lit des nouvelles rébellions

10 Avril 2010 , Rédigé par Papadoc Publié dans #peuples(bretons-catalans-basques-etc)

L'Histoire se répète au nord Mali et au Niger. Sécheresse, famine, exode des populations, destructions du cheptel, tous les ingrédients sont réunis pour que tout recommence. Pendant que des "politiques", des "corrompus" continuent à tergiverser à Bamako ou Niamey, la population se meurt. L'incapacité des "responsables" de ces pays à prendre une vraie indépendance, l'incapacité des "responsables" à lutter contre le fléau de la corruption qui gangrène ces États à tous les échelons ne peut faire que le lit de nouvelles rébellions et pire encore, le lit des extrémistes de AQMI. Pellet Jean-Marc

6-04-2010 Communiqué de presse

Niger/Mali : une assistance pour plus de 100 000 victimes des violences et des difficultés économiques

Niamey (CICR) 

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) lance de vastes programmes d’assistance pour plus de 100 000 personnes touchées par les mauvaises conditions météorologiques et les violences dans le nord du Niger et au Mali. Ces bénéficiaires font partie des millions de personnes – dont une majorité de fermiers et d’éleveurs – qui ont fortement souffert du manque de pluies et des difficultés économiques. De plus, dans certaines zones, les violences intercommunautaires continues ont aggravé leur situation. La situation est particulièrement pénible dans le nord du Mali, dans les cercles d’Ansongo et de Ménaka, et dans le nord-ouest du Niger, surtout dans les départements de Ouallam et de Fillingué. Dans le nord du Mali, les statistiques officielles indiquent que plus d’un quart de million de personnes à Gao et Kidal connaissent l’insécurité alimentaire. Au Niger, le gouvernement estime que plus de la moitié de la population du pays souffre d’une insécurité alimentaire modérée à grave – soit quelque huit millions de personnes. « En 2009, les pluies ont été irrégulières et d’environ 70% inférieures à la moyenne annuelle. En raison des conditions météorologiques et de la difficulté de se déplacer au milieu des violences, les récoltes ont été maigres et la nourriture commence à manquer, tandis que le bétail n’a pas suffisamment de pâturages », déclare Nicolai Panke, qui dirige les opérations du CICR au Mali et au Niger. Il ajoute que les violences intercommunautaires sporadiques ont contraint des milliers de personnes dans certaines zones à quitter leur foyer et à rejoindre les rangs des déplacés internes. Le CICR lance un appel aux donateurs pour lever 23 millions de francs suisses, en plus du budget de près de 13 millions de francs initialement prévu pour 2010. Les fonds supplémentaires vont presque multiplier par trois le budget annuel en le portant à quelque 36 millions de francs. Le CICR prévoit de distribuer des vivres pour près de 85 000 personnes pendant un maximum de huit mois. Il fournira en outre des semences, des outils, des formations et d’autres mesures de soutien pour 40 000 personnes afin de les aider à reprendre leurs activités agricoles. De plus, il achètera 22 000 têtes de bétail au prix d’avant la crise auprès de quelque 45 000 bergers nomades, ce qui réduira la taille de leurs troupeaux et leur permettra de préserver la vie des bêtes restantes, tout en contribuant à stabiliser les prix en injectant des liquidités dans l’économie locale. Par ailleurs, la viande des bêtes abattues sera distribuée aux personnes en détresse dans les communautés locales. Bien que les affrontements entre les forces du gouvernement et les groupes d’opposition armés dans le nord du Niger et au Mali se soient calmés l’an dernier, des zones comme Ansongo au Mali et Tillabéry au Niger ont connu une résurgence des violences intercommunautaires, ce qui a contraint des milliers de personnes à fuir temporairement de leur foyer. « Nous aiderons non seulement les personnes déplacées qui ont perdu tous leurs biens, mais également les habitants vulnérables et les personnes rentrées chez elles, car eux aussi ont été durement frappés par la crise », explique M. Panke. Le CICR est l’une des rares organisations humanitaires internationales présentes dans le nord du Niger et au Mali. Il travaille étroitement avec les Sociétés nationales des deux pays et coordonne ses activités avec les autorités chargées de la crise alimentaire. Le CICR a ouvert sa délégation régionale à Niamey plus tôt cette année afin de répondre aux besoins en aide humanitaire engendrés par les affrontements entre les forces du gouvernement et divers groupes armés au Niger et au Mali. Ses délégués visitent les détenus afin de se rendre compte de leurs conditions de détention et du traitement qui leur est réservé. La délégation régionale assure en outre la promotion du droit international humanitaire auprès des forces armées et des groupes armés, et soutient la Croix-Rouge nigérienne et la Croix-Rouge malienne.

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Communiqué
des élus de la Région de Kidal,
Mali

Le bétail dépérit et parfois meurt. Ses cours chutent dramatiquement. Le prix du grain devient, de fait, pratiquement inaccessible. La période de soudure, qui d’habitude s’étend des mois d’avril à juin, a commencé en 2010 dès janvier. L’insécurité alimentaire, devenue plus aiguë, s’étend ; le cercle vicieux de la famine menace. Et c’est la société tout entière qui est en danger.
C’est pourquoi nous, élus de la Région de Kidal, ayant déjà donné l’alerte dès les dernières pluies, ne pouvons aujourd’hui rester sans rien faire pendant que la population subit, impuissante, le désastre climatique du manque criant d’une eau dont chaque goutte est précieuse et déjà rare auparavant.
De passage en France, nous lançons un appel à tous : Mali, pays donateurs, collectivités partenaires et jumelles, Nations Unies, ONG, et autres coopérations pour apporter de toute urgence une aide coordonnée, efficace et suffisante à l’ensemble de la Région pour juguler la crise alimentaire d’une grande sévérité qui se profile à très court terme (dès avril 2010) dans le nord du Mali, comme dans d’autres zones du Sahara et du Sahel. Avec son cortège de drames.
L’action n°1 consiste à sauver ce qui peut encore l’être des différents cheptels, bases de la culture, de l’alimentation et de l’économie nomades.
Pour les élus,
Abdou Salam Ag Assalat 
Président de l’Assemblée Régionale de Kidal
Arbacane Ag Abzayack
Maire de la commune urbaine de Kidal
Rhissa Ag Aboubacrine
Conseiller National d’Abeibara
avec
Djibril Koné
Directeur de Projet Kidal, Programme des Nations Unies pour le Développement

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