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occitan-touareg

Niger / otages / Liman Chafi encore là !

14 Octobre 2010 , Rédigé par Papadoc Publié dans #Aqmi

Il se murmure au Niger que le respectable Liman Chafi est encore au centre des négociations pour la libération des sept otages d'Areva.

Ci joint un article de  l'Indépendant de Ouagadougou

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Vers quels écueils Blaise Compaoré conduit-il le pays ?

Dans le grand livre des médiations, le président à vie voulu par le CDP est en train d’inscrire son nom en lettre d’or. Mais malgré les succes, cette page médiation avec la branche maghrebine de la nébuleuse de Al Qaeda ne réjouit pas toute l’opinion nationale. Ce d’autant plus que le pays, jusque là épargné par les terroristes salafistes, est depuis le mois de juillet sous la menace des interventions terroristes selon les autorités américaines et françaises. Des otages espagnols ont regagné Barcelone via Ouagadougou, et les Burkinabè restent songeurs sur les réussites de ces médiations du président du Faso, surtout après les derniers attentats en Algérie, et en Mauritanie attribués à AQMI. Blaise Compaoré ne dîne t-il pas avec le diable avec une longue cuillère ? Que recherche le président du Faso avec ces médiations d’un nouveau genre ? Le Burkina Faso jadis appelé pays du bon voisinage ne va-t-il pas payer les frais de cette « connivence » ? Al Qaeda qui est une nébuleuse, aux règles de fonctionnement inconnues donc imprévisibles ne se retournera t-elle pas un jour contre la patrie des hommes intègres ? Le pays est en train de jouer avec le feu et cela n’a rien de rassurant.

 

De nouveaux maîtres du Sahara et du Sahel sont entrés en scène. Au nom d’un islam extrême, ils font régner la terreur en capturant des otages et en rendant le Sahel moins sûr, et font trembler les Etats qui peinent à parler le même langage toute chose qui aggrave le trouble et les hésitations des pouvoirs locaux. Les pays occidentaux aussi ne parlent pas à l’unisson face aux prises d’otages de leurs ressortissants. Qui sont les libérateurs des otages occidentaux ? Qui sont les héros qui sont allés chercher dans le repaire des terroristes les deux otages espagnols : Roque Pascual, 50 ans, et Albert Vilalta, 35 ans, deux volontaires de l’ONG catalane Accio Solidaria, enlevés le 29 novembre 2009 en Mauritanie alors qu’ils participaient à un convoi humanitaire ? Vous avez trouvé ; les héros, les braves, ils sont burkinabè, ce sont de proches collaborateurs du président Blaise Compaoré qui est ainsi le parrain de cette « opération humanitaire ». Le colonel Gilbert Dienderé était à la parade et niait qu’il n’y a pas eu de rançon mais, la pièce maîtresse de la libération des otages est bel et bien Moustapha Ould Limam Ould Chafi. Qui est le missi dominici du palais de Kosyam ? Moustapha Ould Liman Chafi est un conseiller du président Blaise Compaoré. C’est un conseiller qui monte, qui monte, depuis quelque temps. Car il est sur une pente ascendante et ne fait que réussir les négociations avec l’AQMI (Al Qaeda au Magrehb islamique). Petit récapitulatif de son palmarès d’otages libérés : les canadiens enlevés au Niger, et puis le couple italo burkinabe enlevé en Mauritanie : Sergio Cicala et Philomène Kaboré. Ensuite, c’est une coopérante espagnole Alicia Gamez et les deux derniers toujours espagnols. M Chafi est sur la brèche depuis 2009 avec la multiplication des prises d’otages d’Al Qaeda. Le conseiller spécialiste des intermédiations avec les anciens salafistes est encore cité pour le succès de la mise en selle de son patron dans le dossier guinéen, il aurait été là opportunément avec un autre conseiller de Blaise Compaoré à Conakry lors de l’attentat contre Dadis Camara, et avec François Compaoré le frère cadet du président, ils ont réussi à damer le pion au vieux Abdoulaye Wade en envoyant l’avion présidentiel burkinabe pour emmener le président guinéen blessé se soigner au Maroc. Abdoulaye Wade ne se serait pas remis de cet affront et garde encore une dent contre son fils Blaise, à qui il veut rendre la monnaie de sa pièce d’où les chicanes entre les deux pour mettre un de leurs ressortissants à la tête de la CEDEAO. Moustapha Ould Liman Ould Chafi est apparu sur la scène médiatique en 2003 quand le président mauritanien de l’époque l’a accusé de coup d’Etat avec deux autres mauritaniens. Selon le président Ould Taya ce coup d’Etat aurait bénéficié de l’appui de la Libye et du Burkina. Moustapha Ould L. Ould Chafi fait partie de ses opposants des pays voisins qui ont trouvé refuge au Burkina et une oreille attentive à la présidence. Cette pratique est une survivance de la période révolutionnaire. Sous Thomas Sankara, les opposants africains se bousculaient à Ouagadougou pour appuyer et recevoir de l’aide du pouvoir révolutionnaire. Aujourd’hui, cela prend l’allure d’un contrat de travail entre l’opposant et la présidence du Faso apparemment. Ould Chafi en tous cas travaille pour augmenter le chapelet des médiations réussies de son patron. Le hic, c’est que AQMI est une organisation terroriste pour nos voisins du Mali, du Niger et pour la Mauritanie, l’Algérie, de même que l’ONU, les Etats-Unis, la Russie et l’Australie.

Fin de la politique du bon voisinage

Comment pouvons nous justifier notre collaboration avec les extrémistes - qui prônent la révolution islamique et utilisent le terrorisme, la prise d’otages, la contrebande, les trafics divers : drogues, cigarettes - quand les autres pays prônent la non négociation comme l’Algérie et la Mauritanie ? « Nous sommes opposés au paiement de rançons, et à l’échange d’otages contre des terroristes, parce que le premier permet de financer le terrorisme et le dernier encourage les terroristes à poursuivre leurs actions méprisables » Ainsi parlait le président mauritanien Mohammed Ould Abdel Aziz. C’est pratiquement le même discours qu’on prononce à Alger. Il est vrai que la Mauritanie n’est plus crédible sur ce discours, elle qui vient de libérer un des preneurs d’otages, Omar le sahraoui, condamné à 12 ans de prison. Le Burkina nie qu’il y ait eu paiement de rançon alors que du côté des négociateurs maliens qui n’agissent pas pour le compte de l’Etat malien, on annonce la somme mirobolante de huit millions d’euros soit de 5 247 656 000 FCFA. Si la Mauritanie a changé de langage, c’est sous la pression de l’Espagne. La pauvre Mauritanie qui a été entraînée par la France de Sarkozy dans une opération contre AQMI au Mali qui s’est soldée par un échec de la libération de l’otage français. Les pays du Sahel et du Maghreb n’ont pas une stratégie commune pour lutter contre AQMI qui ignore les frontières entre ces états, enlevant les otages ici et les cachant là. Le Burkina qui joue les médiateurs semble aujourd’hui aussi un pays à risque. Que fera t-il quand on enlèvera des occidentaux sur son sol, lui qui a le plus d’ONG et de coopérants au Sahel. Déjà, les menaces au Nord et à l’Est sont ressenties comme des entraves au développement par les populations et les pouvoirs locaux. Notre pays ne gagnerait il pas à parler le même langage que ses voisins ? Nous pensons que les accointances avec AQMI ne feront que nous attirer des ennuis. Jouer les intermédiaires pour les pays occidentaux ne peut pas être la base de la politique de nos relations avec nos voisins. C’est opportuniste et aventuriste. Il est important que notre président sache ce qui est bon pour son peuple et en fasse une priorité avant ce qui est bon pour la notoriété du président Blaise Compaoré.

Sana Guy

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