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Occitanie - le n°103 de la revue Lo Lugarn est en ligne

23 Novembre 2011 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #occitanie

C'est avec un grand plaisir que je vous annonce que le N°103 de la revue "Lo Lugarn-Lou Lugar" est en ligne en télé-chargement gratuit. Cette revue "Lo Lugarn-Lou Lugar" est la tribune  du Parti de la Nation Occitane ( PNO ). Vous trouverez dans cette revue des textes en Occitan et en Français. Seul l'Editorial de Jean-Pierre Hilaire  vous est proposé en français et traduit en occitan dans les deux systèmes graphiques ( occitan-provençal ).

 

Une seule solution : l’indépendance
lo lugarn 103Les militants occitans citent souvent l’exemple de l’Espagne. La constitution espagnole définit l’Espagne comme « nation de nationalités », formulation ambigüe qui peut laisser croire que les nations autres qu’espagnole (castillane serait plus exact) c'est-à-dire la Galice (berceau de la nation portugaise), le Pays Basque ou Euskadi et la Catalogne sont reconnues officiellement. En réalité la Catalogne ethnolinguistique est divisée entre Generalitat, Pays Valencien et Baléares sans parler du Roussillon rattaché depuis le 18ème siècle à l’Etat français. Le Pays Basque, Euskadi, est divisé entre deux autonomies, la Navarre et la « Communauté Autonome du Pays Basque" (Alava, Biscaye et Guipuzcoa) et il est amputé de sa partie Nord, Iparralde, sous administration française. De plus, la différence faite entre nation et nationalité est calculée. L’Espagne ne reconnaît officiellement d’autre nation que la nation espagnole. L’usage de nationalité est un artifice sémantique qui est censé amadouer les nationalistes galiciens, basques et catalans et n’offre que la reconnaissance officielle de leurs langues. Le régime des autonomies « espagnoles » est loué. Mais d’une part, l’Espagne n’est pas un Etat fédéral et d’autre part ce système des autonomies, applicable à toutes les « régions », a été conçu pour noyer les revendications nationalistes les plus radicales. Les Basques (est-ce une prime à la radicalité ?) ont plus de pouvoirs que les Catalans. Dans cet édifice territorial et administratif, le pouvoir central de Madrid a tendance à trouver régulièrement des prétextes pour réduire les pouvoirs des autonomies ou refuser de leur en accorder des nouveaux. Ainsi le gouvernement socialiste de Zapatero a récemment saisi le tribunal constitutionnel espagnol (Conseil d’Etat) qui a déclaré inconstitutionnels quatre articles de la loi de l’occitan en Catalogne. Il s’agit notamment de l’obligation faite à l’administration de l’Etat espagnol d’utiliser de manière préférentielle l’occitan en Aran qui jouit d’un gouvernement autonome, le Conselh Generau d’Aran, dans le cadre de la Generalitat de Catalogne. Grâce au Tribunal constitutionnel, le gouvernement socialiste espagnol, supposé à tort être ouvert aux revendications autonomistes, peut suspendre des articles d’une loi votée par le Parlement de Catalogne à une large majorité en 2010. Si le Partido Popular accède au pouvoir en novembre, le contentieux risque de s’alourdir car ce parti est farouchement impérialiste castillan. Ceci au moment où l’organisation indépendantiste basque clandestine, ETA, a annoncé officiellement qu’elle abandonnait définitivement la lutte armée. Le pouvoir espagnol se voit donc offrir une occasion unique de rétablir la paix au Pays Basque à condition qu’il accepte enfin de négocier avec les Basques, y compris sur l’auto-détermination. Toutefois, il est loin d’être certain qu’un pouvoir impérialiste comme celui de Madrid s’y résoudra. Les exemples catalan et basque montrent bien les limites de l’autonomie si poussée soit-elle. Pour le Parti de la Nation Occitane tant que la Catalogne, le Pays Basque n’exerceront pas leur droit à l’auto-détermination et ne se doteront pas d’un état indépendant, le gouvernement de Madrid pourra encore avoir recours au Tribunal constitutionnel pour remettre en cause leurs pouvoirs. La seule solution est donc l’indépendance dans l’Europe. Ce qui vaut pour l’Espagne, vaut pour la France. Il sera utile de manifester pour les langues de France le 31 mars 2012 mais se limiter à la langue et au combat culturel, c’est se condamner à rester dans un cadre territorial français qui étouffe nos nations. Quelle attitude faudra t-il donc adopter vis-à-vis de l’élection présidentielle française de 2012 ? Bien sûr, il faudra interpeller tous les candidats et pas seulement sur les langues de France. Ce serait déjà un progrès d’obtenir les pouvoirs des Catalans et des Basques en Espagne. Mais ne nous faisons pas d’illusions, n’attendons pas du pouvoir à Paris qu’il nous les octroie si nous ne parvenons pas à établir un rapport de forces suffisant chez nous. Mobiliser 50.000 personnes à Toulouse pour la langue occitane, si nous y parvenons, ne suffira pas pour impressionner la classe politique. Il faudra pour cela, même si ce n’est pas pour demain, conquérir le pouvoir dans les régions grâce à des mouvements régionaux occitans les plus larges et les moins idéologiques possible. Ces mouvements régionaux restent à créer. Ils sont une étape incontournable pour l'émancipation de notre nation. Pour qu'ils soient des mouvements de masse, il faudra convaincre les Occitans qu'ils ont tout intérêt à sortir du cadre administratif et politique français. Leur parler de sauver la langue et de la promouvoir ne répondra pas à leurs préocupations immédiates.

 Jean-Pierre Hilaire

Le 26 octobre 2011

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