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Occitanie / Lo Lugarn N° 100 en ligne

9 Juillet 2010 , Rédigé par Papadoc Publié dans #occitanie

La revue occitane (en occitan et en français) du Parti de la Nation Occitane "Lo Lugarn" vient de sortir.

Ce numéro 100 fait soixante pages et il vous est proposé en téléchargement  libre.

Une partie importante de ce numéro est consacrée à la disparition de notre ancien Président, Jacques RESSAIRE.

Voici l'éditorial en "français" du rédacteur en chef Jean-Pierre Hilaire que je salut au passage pour son travail efficace. (l'éditorial est aussi en occitan et en provencal)

JMP

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Il a relevé le défi, relevons-le aussi !

manif_béziersL’année dernière a été particulièrement riche en anniversaires divers : notamment le cinquantième anniversaire de la création de notre parti par François Fontan et la disparition de ce dernier en 1979. Nous arrivons aussi au centième numéro de notre journal. Mais l’heure n’est pas à la fête.

Voici qu’un triste jour de ce mois de juin, vient de décéder bien prématurément, notre président honoraire, notre ami cher et notre inspirateur, Jacques Ressaire. Plus de 400 personnes, la famille, les amis, les occitanistes, les représentants du Gouvernement Provisoire Occitan, les responsables et membres du Parti de la Nation Occitane étaient présents au cimetière de Bagnols le 10 juin pour l’accompagner symboliquement dans son dernier voyage. Pour nous, cette disparition est un séisme comparable à celui de l’absence de François Fontan. Dans cette région charnière, administrativement languedocienne mais de dialecte provençal, entre Rhône et Cévennes, entre un ancien état théocratique occitan (Comtat Venaissin) et une terre de résistances à l’uniformisation religieuse française (camisards, huguenots) un ciel gris, pluvieux, un vent violent, le fracas perturbateur d’un train tout proche et d’un avion de chasse au dessus de nos têtes composaient un cadre idoine pour le drame qui venait de se nouer.

Le drapeau occitan sur le cercueil faillit s’envoler et les discours étaient quasiment inaudibles si on était un peu à l’écart.

Celui d’Eve, sa femme, fut admirable de dignité, de force de caractère et de conviction politique comme il sied à la mémoire d’un mari qui avait consacré une grande partie de sa vie au combat pour l’émancipation de la nation occitane.

Mais non moins émouvants furent ceux du maire de St Michel d’Euzet où vivait Jacques, de Michel Gravier, de Colette Fraisse, du groupe de Bagnols du P.N.O et de David Price, notre provençal d’origine américaine, étouffant difficilement ses sanglots tant Jacques était son père spirituel. Notre président, Philippe Bonnet, s’adressa à la foule venue rendre hommage à Jacques pour souligner la perte d’un des grands défenseurs de l’Occitanie. Christian Lacour trouva les mots justes pour nous dire que Jacques lui avait tout appris de l’Occitanie. Xavier Bada, ancien député, membre d’honneur du P.N.O, qui avait fait le déplacement depuis sa Catalogne, rendit hommage à notre ancien président, en catalan, en digne ambassadeur des nombreux Catalans qui considéraient Jacques comme un frère et un ami de la nation catalane. La surprise vint de l’intervention du représentant de la loge maçonnique venu honorer un de ses frères. Certains d’entre nous ignoraient cette appartenance somme toute logique et cohérente avec la volonté de Jacques de développer la conscience occitane dans tous les milieux. Il était juste que les discours soient suivis de nos deux beaux chants nationalistes mais pacifiques : le Se canta et la Coupo Santo.

Après la cérémonie, une fois la famille partie, Jean Larzac, alias Rouquette, occitaniste historique, prêtre, qui avait béni à l’église l’union d’un mécréant de culture catholique, Jacques, et d’Eve, protestante, était là aussi. Rassemblant autour de lui les chrétiens, ils récitèrent ensemble le Notre Père dans notre langue. Dans une homélie improvisée, Jean Larzac observa que ce qui le mettait mal à l’aise chez Fontan c’était le nationalisme sans la langue que ce dernier ne parlait pas. Ce qui lui plaisait, en revanche, chez Ressaire c’était le nationalisme avec la langue qu’il avait apprise au berceau. Nous avions ensuite rendez-vous au local du Parti à Bagnols où le groupe local se réunit un dimanche par mois pour le verre de l’amitié. L’ambiance y était plutôt festive compte tenu des circonstances telle que Jacques l’aurait, sans doute, voulue, et les conversations ne portaient pas que sur les souvenirs mais aussi beaucoup sur les projets. Car autant que l’homme Jacques Ressaire comptent son oeuvre et ses écrits sur l’Occitanie, le reichisme, l’ethnisme qu’il faudra trier, classer et publier peut-être sous forme de brochure. Mais surtout, la meilleure façon de l’honorer, c’est de continuer son oeuvre et d’abord et avant tout la rénovation du Parti de la Nation Occitane lancée par notre nouveau président Philippe Bonnet qui avait la confiance et le soutien de Jacques.

Nous avons une série d’échéances qu’il importe de préparer soigneusement : la présence à l’Estivada de Rodez, à l’Ecole Occitane d’Eté, le stage de formation sur la nation occitane et le nationalisme occitan et le Conseil National de Montauban de novembre prochain. La rénovation passe aussi par des stratégies pour densifier le nombre des adhérents du parti et tirer les leçons de notre incapacité à monter des liste indépendantes en Languedoc-Roussillon comme en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

La maladie de Jacques l’a empêché de fédérer les énergies et de jouer le rôle de locomotive comme il l’avait fait en 2004. Nous n’avons pas été collectivement capables de nous engager autant qu’il l’avait fait. Nous devrons être à sa hauteur à l’avenir. Séchons nos larmes et relevons le défi de la rénovation comme Jacques Ressaire et quelques compagnons ont relevé celui de la survie du P.N.O à la mort de Fontan. Il y va de la libération de notre nation occitane, ni plus ni moins.     

Jean-Pierre Hilaire

Agen, 15 juin 2010

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