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Occitanie - Tolosa 2012, le PNO veut casser les barrières

4 Avril 2012 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #occitanie

"Si nous parvenons à casser la barrière absurde entre culturel et politique, si les militants occitans se présentent massivement aux élections municipales de 2014 et obtiennent des élus, alors peut-être commencerons-nous à être pris au sérieux par la classe politique française et le peuple occitan." Hilaire Jean-Pierre

 

                 Mes impressions sur la journée du 31 mars

  Toulouse 2012Parlons chiffres. 30000 manifestants à Toulouse, 15000 à Quimper, 7000 au Pays Basque, 7000 personnes pour le Libdub à Perpignan etc. La mobilisation pour les langues de France est un succès incontestable. Nous avons fait mieux qu’à Carcassonne en 2009 et c’était une excellente idée de coordonner notre manifestation avec celles des autres peuples de France.
  A Toulouse, les représentants des candidats à l’élection présidentielle ne se bousculaient pas. Eva Joly était la seule candidate présente. François Hollande avait délégué le président du Sénat, Jean-Pierre Bel, François Bayrou avait envoyé le député Jean Lassalle. Il n’y avait personne pour représenter Mélenchon, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et les autres. Ceci d’ailleurs n’a pas empêché le NPA de Poutou de distribuer un tract entièrement en occitan et plus fort encore le Front de gauche dont le candidat Mélenchon ne brille pas par son amour des langues de France a osé donner ses tracts. Vous avez dit récupération ? En revanche le Parti de la Nation Occitane, le Partit Occitan, Libertat et le Govèrn Provisòri Occitan étaient là et bien visibles et c’est une excellente nouvelle.

Le tract du P.N.O « Anem Òc per la primièra Republica Occitana » a reçu un excellent accueil. Il a le mérite de ne pas se cantonner à des revendications linguistiques qui ont eu une journée l’oreille de quasiment tous les médias, à l’exception remarquée du Point et de Marianne avant de reprendre leur couverture de la campagne électorale.

Certains de ces médias, dont Midi Libre ont présenté la manif de Toulouse comme si c’était une manifestation écologiste menée par Eva Joly.

Certes, François Hollande, François Bayrou et Eva Joly ont promis de ratifier la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Selon toute vraisemblance, seul le premier sera en lice au second tour. En admettant qu’il tienne sa promesse s’il est élu, aura-t-il les voix des 3/5 des députés et des sénateurs pour modifier la Constitution dans ce sens ? Il est permis d’en douter. Mais le problème se situe ailleurs comme nous l’expliquions dans notre tract. Aucune reconnaissance officielle des langues de France et instauration de la démocratie linguistique ne seront possibles sans un pouvoir politique.

Cela veut dire pour parler clairement qu’il faut pour cela un pouvoir régional beaucoup plus fort qu’il ne l’est actuellement avec des régions autonomes sur le plan législatif et fiscal au minimum dans une République française fédérale. François Hollande ne va pas si loin, c’est le moins qu’on puisse dire.

La conclusion à en tirer est que nous n’obtiendrons d’avancées qu’en établissant un rapport de forces politiques.

Si nous parvenons à casser la barrière absurde entre culturel et politique, si les militants occitans se présentent massivement aux élections municipales de 2014 et obtiennent des élus, alors peut-être commencerons-nous à être pris au sérieux par la classe politique française et le peuple occitan. N’attendons rien d’important du prochain président de la République et comptons plutôt sur nos propres forces et nous n’aurons pas défilé en vain à Toulouse comme ailleurs.
 
Une dernière remarque : les médias mettent sur le même plan ce qui est dissemblable. Ni le picard, ni le gallo, ni le savoyard etc. ne sont des langues, ce sont des dialectes du français. Cela paraîtra peut-être incongru à leurs défenseurs qui sont respectables mais ce n’est pas étonnant qu’ils croient le contraire puisqu’on leur a lavé le cerveau, à l’école notamment, en présentant le français comme la langue des Lumières, de la civilisation, de la liberté et donc forcément sans dialectes, formes appauvries de langue dans la paranoia officielle.

De même, il est inopportun de mélanger dans les revendications langues ethniques territoriales comme le basque, le breton, l’occitan, le catalan et les langues extra-territoriales de l’immigration, quelque sympathie que l’on puisse avoir pour elles, sinon on aboutit au paradoxe d’un collège en Occitanie que je ne citerai pas où on envisage de proposer un enseignement de l’arabe alors que l’occitan n’y est pas enseigné.

Nul doute que si les Occitans étaient maîtres de leur destin, c'est-à-dire autonomes ou indépendants, ils paratiqueraient l’ouverture sur le plan linguistique mais dans leur situation actuelle, ce serait suicidaire. Ne mélangeons pas les problèmes. Nous souhaitons que les immigrés s’intègrent à la société occitane en apprenant l’occitan. Certains le font déjà et c’est tant mieux.
Jean-Pierre Hilaire, coprésident du Parti de la Nation Occitane

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