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Parti de la Nation Occitane - Lo Lugarn n°104 en ligne

26 Mars 2012 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #occitanie

Je vous propose à la lecture le tout nouveau numéro de la revue Lo Lugarn, revue du Parti de La Nation Occitane ( PNO ).

Le téléchargement est gratuit.

Pour télécharger le N°104 cliquer ICI

Editorial, version française.

Après 2012, par Jean-Pierre Hilaire

Lugarn104.Nous nationalistes occitans et militants de la cause occitane, nous avons notre échéance : la grande manifestation de Toulouse pour la langue occitane du samedi 31 mars.

Coordonnée avec des manifestations dans les autres nations de l’Etat français, celle-ci, si elle est d’une ampleur inégalée par rapport aux précédentes, sera peut-être de nature à faire oublier un instant aux médias leur obsession pour l’élection présidentielle du 22 avril et du 6 mai et à poser publiquement la question de la démocratie linguistique en France.

Nous savons déjà que Nicolas Sarkozy qui avait promis une loi sur les langues régionales, promesse non tenue, n’est pas favorable à la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. François Hollande est favorable à la ratification de cette Charte.

Mais outre qu’elle a été signée à minima, cette ratification ne pourra certainement pas passer l'obstacle du Conseil Constitutionnel sans une révision préalable de la constitution, et il n'est pas certain que François Hollande veuille aller jusque là. François Bayrou et Eva Joly ont pris des positions identiques voire plus nettes et leurs partisans pèseront dans le sens d'une ratification, avec les préalables constitutionnels nécessaires, et plus généralement pour une démocratie linguistique.

Le Parti de la Nation Occitane en tout cas ne peut se satisfaire de la démocratie linguistique en France comme seul objectif. Il est trop limité et serait néanmoins difficile à mettre en oeuvre dans le cadre étatique français actuel.

Les droits linguistiques et culturels doivent nous être reconnus en tant que peuple, communauté, nation, et c'est en tant que tels que nous devons les revendiquer, en cohérence avec les revendications politiques et économiques qui leurs donnent tout leur sens.

Il ne s’agit pas seulement pour les Occitans, les Bretons, les Basques, les Flamands, les Alsaciens, les Catalans et les Corses de sauver nos langues mais de sortir du jacobinisme qui imprègne à des degrés divers toute la classe politique française à droite comme à gauche.

Cela veut dire concrètement sortir de l’hyper-centralisme, avoir des régions qui ne soient pas des nains politiques mais représentent de vrais contre-pouvoirs comme les autonomies en Espagne ou les Länder en Allemagne, supprimer les départements, permettre à ces régions de se regrouper, de légiférer, de lever directement l’impôt sur place dans un Etat central qui se fédéralise et qu’elles pourraient à terme quitter pour devenir indépendantes.

Après tout, c’est ce qui pourrait se passer en Ecosse bientôt et plus tard en Catalogne et au Pays Basque. Pourquoi pas l’Occitanie demain ?

Nicolas Sarkozy a fait voter sa réforme territoriale dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne va pas dans ce sens. En outre, elle supprime la proportionnelle dans un des rares scrutins où elle existait.

François Hollande, s’il se propose d’approfondir la décentralisation, n’a visiblement pas l’intention d’aller aussi loin dans cette direction qu’Eva Joly qui de toutes façons ne pèsera pas lourd en cas de victoire socialiste.

Nous nous heurtons encore et toujours au cadre étatique français et aux mentalités aliénées des peuples de France. On ne peut pas leur expliquer qu’il faut sortir de ce cadre si, en même temps, on ne leur dit pas qu’ils ne sont pas français et qu’ils n’ont pas les mêmes intérêts.

La radicalité d’un tel discours risque de se heurter à l’incompréhension de la majorité de nos compatriotes. En effet, il faut aussi dire qui est occitan et qui ne l’est pas. Même si les médias se focalisent sur l’immigration en provenance des pays du Maghreb, celle qui est de nature à nous faire disparaître en tant que peuple et à nous assimiler à la culture dominante française c’est l’immigration française en Occitanie. C’est celle aussi qui nous empêche d’intégrer les immigrés venus du Sud comme le font les Catalans de l’autre côté des Pyrénées.

Notre définition de qui est occitan ne peut être qu’ouverte tout simplement par ce que c’est dans notre histoire et dans notre caractère national et parce que de toutes façons, nous n’avons plus le choix. Il nous faut faire preuve de pédagogie et d’ouverture.

Alors quelle attitude doit adopter le Parti de la Nation Occitane envers les échéances électorales qui se profilent ?

Il est clair qu’aucun candidat à la présidentielle n’a les objectifs de notre parti, l’indépendance de l’Occitanie, dans un système politique où nous sommes hors-jeu puisque les peuples de France n’ont jamais réussi à franchir les obstacles et à présenter un candidat aux suffrages des électeurs.

Aucun même ne propose d'objectifs que nous pourrions identifier clairement comme constituant un progrès significatif vers les nôtres, comme une fédéralisation de l'Etat français.

Toutefois, Eva Joly a pris position pour "l'autonomie politique des régions" et curieusement "remettre le fédéralisme au pouvoir". Nous ne trouvons rien de tel chez Bayrou sinon un fédéralisme européen.

En toute logique, nous devrions nous abstenir mais comme nous ne voulons pas passer aux yeux de l’opinion pour des extra-terrestres, nous pouvons aussi inviter les électeurs à voter pour ceux dont les idées se rapprochent un tant soit peu des nôtres.

Le Parti de la Nation Occitane continue à refuser de s’enfermer dans le clivage français droite-gauche.

Il y a chez nous des gens de sensibilités politiques et philosophiques différentes mais non-extrémistes. C’est une source de difficultés lorsque le Parti doit prendre position sur un sujet sensible mais c’est aussi une grande richesse.

Nous rappellerons quelques unes de nos idées force mais après que chacun vote librement selon sa conscience. Passées ces échéances, nous avons d’autres objectifs.

Dans le cadre de la rénovation du Parti, nous sommes, par exemple, engagés dans la refondation de l’occitanisme à l’initiative de David Grosclaude, conseiller régional occitaniste dans la région Aquitaine et des quatre autres conseillers régionaux occitanistes.

Nous sommes convaincus que nous devons prendre le pouvoir au niveau local pour que les militants occitans élus représentent une force politique capable de fortement concurrencer les partis politiques hexagonaux, l’hégémonie UMPS et à terme les remplacer chez nous.

Voilà pourquoi les occitanistes culturels et politiques de toutes tendances, réunis pour la première fois autour d’une plateforme commune, présenteront des candidats avec ou sans alliance partout où c’est possible aux élections municipales de 2014. La conquête du pouvoir ne se fera pas en 2014 mais il faut bien commencer un jour.

Le chemin de l’indépendance de l’Occitanie sera long mais ce n’est pas une raison pour ne pas l’emprunter.

Agen, 10 mars 2012

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