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occitan-touareg

Sénégal / La gazette de Saint Louis n°29

17 Juin 2010 , Rédigé par Papadoc Publié dans #TRIBUNE LIBRE

Lecture historique des éléments patrimoniaux de St-Louis

La route du sel dans la Région de Saint-Louis.

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La Gazette de Saint Louis 29Si aujourd'hui, on ne rencontre plus guère que quelques rares troupeaux de dromadaires en pâture dans les dunes de Gandiol ou sur la route de Diama, il faut se souvenir que, jusque dans les années 50, les convois de sel extrait des salines du Trarza occidental constituait une partie importante de l'économie locale dans un triangle approximatif reliant la région de Nouakchott, Rosso et Saint-Louis.

Le commerce du sel, vendu aux maisons traitantes locales ou européennes, a représenté jusqu'à 9375 tonnes en 1947 pour décliner ensuite rapidement.

Le sel était acheminé jusqu'à Rosso, plus rarement vers Podor, sur le dos des animaux de bât à raison de 170/180 kilos pour un chameau, 125/140 pour un boeuf et 60/70 kilos pour un âne. Le dromadaire était, évidemment, l’animal de prédilection des convoyeurs.

Selon son origine, le sel se présentait tantôt sous forme de poudre (Mines de Lemzewid et d'El Bokharia), tantôt sous la forme de barres (Mines de N'Terert et de Twidermi). A la cadence de 3 voyages par mois, c'est environ 1500 animaux guidés par 300 ou 400 convoyeurs qui cheminaient, de mai à août sur la piste de Rosso.

Les ouvriers extracteurs bénéficiaient d'un salaire équivalent à environ le double de celui d'un convoyeur, récompense d'un travail beaucoup plus pénible, en particulier en raison de leur station prolongée, pendant la période active, dans des eaux saturées de sel.

A Rosso, les barres de sel n'ont encore parcouru que leur première étape. Arrivées au fleuve par le soin des Maures, elles prenaient la route de Kayes sur de grandes pirogues wolof et sur des chalands modernes ou, préférablement, descendaient à Saint-Louis pour emprunter la voie ferrée vers Kouligoro et de là, vers les pays Songhai et Haoussa par le fleuve Niger.

Ce second cycle commercial n'est pas le moins important puisqu'au départ de Saint-Louis le sel vaut déjà 50% de plus qu'à Rosso et qu'il se revend à Kouligoro jusqu'à quatre fois le prix d'achat à Rosso.

Aujourd'hui, cette activité vitale est relayée par la collecte du sel de la mer dans les salines naturelles de Gandiol ou de Gandon qui tirent ainsi parti des modifications récentes survenues dans l'hydrographie de l'estuaire du fleuve Sénégal.

D'après: « La récolte du sel et les conditions de travail dans les salines du Trarza occidental » de G J Duchemin.

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