Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Présentation

VOUS ETES LE :

     
 
       
    
MERCI DE VOTRE VISITE

UNE VUE D'EN HAUT

Syndication

  • Flux RSS des articles

Images Aléatoires

  • IMG_0144.JPG
  • dessins-enfants_0322-copie-1.jpg
  • touareg-campement.JPG

Texte Libre

Vous êtes sur le blog d’une assos humanitaire OCCITANE qui «travaille » au Nord Niger avec les TOUAREG, entre AGADEZ et ARLIT.
Nous apportons une aide à quatres écoles de brousse, en zone nomade : SIKERAT / AZAR / ANOU N’AGAROF /
Vous pouvez aussi nous aider en adhérant à E.O.T, l'adhésion est fixée à 20€ pour l'année. Chèque à l'ordre  de "EOT"  à :  "Entraide Occitano Touarègue" La Cosste"  07700 St Remèze

TRIBUNE LIBRE


Samedi 7 novembre 2009

Je vous présente le deuxième texte du professeur Dialla Konate suite à son séjour en octobre 2009 à Bamako.

J'avais publié un texte sur son séjour en août 2009 :

"Le Mali tel qu’il m’est apparu de Bamako en août 2009"


A quoi mon récent voyage au Mali retourne t-il?

Je vais dans cette relation des réflexions qui me sont venues de mon récent séjour à Bamako, débuter par les thèmes ayant suscité en moi des déceptions.

Les Etats généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière.

Il est pour moi une grande désolation de constater que, pratiquement un an jour pour jour après la tenue des Etats Généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière, que pèse un lourd silence sur les recommandations de ces assises. Parce que nous y avons mis une grande foi, parce que nous avons amené de nombreux compatriotes à y croire que nous avons l’obligation morale de ne pas laisser oublier le travail qui fut accompli avec ardeur et application sous la direction alerte et appréciée du Président Modibo Keita Jr. Il nous faut susciter le débat afin que ce travail ne soit catalogué au chapitre des pertes pures. Mon Dieu ! Que la corruption, au Mali, a prospéré en un an. Les malfaiteurs n’ont ni honte ni peur. Durant mon séjour, nombre de promoteurs d’écoles sont venus me dire qu’ils sont rançonnés pour recevoir des élèves nouveaux. Ils sont rançonnés pour voir leurs étudiants sur la liste des admis aux examens. Bien entendu, je n’ai d’autres preuves que ces confessions-plaintes. Le moins que le gouvernement peut faire est de diligenter des inspections et, le cas échéant, appliquer des sanctions exemplaires.

Avant de quitter Bamako il m’est parvenu l’information selon laquelle le gouvernement s’apprêterait à donner satisfaction à la demande des magistrats relative au paiement d’une prime dite de « judicature ». Je rappelle mon opposition au paiement d’une telle prime qui renforce l’existence dans la fonction publique de statuts particuliers. Ceci est antirépublicain. La république encourage le mérite et l’excellence. Personne ne peut me convaincre que payer la même prime a tous les magistrats encourage ceux qui parmi eux, il en existe dans toutes les régions du pays, sont éminemment méritants. En république, a mon avis, le corps de métier le plus important est celui de la magistrature, même avant celui des enseignants, même avant celui du corps médical. En raison même de cette importance, lorsque le jour sera venu, les républicains et démocrates devront débuter la lutte contre la corruption par des mesures d’une extrême sévérité pour assainir et rectifier la magistrature.


L’affaire dite de la BHM :

Je me suis appliqué durant les mois passés, en m’appuyant sur l’honneur et sur ce que je sais, à montrer à l’opinion et à ceux qui sont en situation de décider en ultime ressort que cette affaire était devenue un cancer. Je crois plus que jamais que dans l’intérêt de notre pays et pour le triomphe du bon sens, ce problème doit être traité dans sa simplicité originelle. En extension de ce malheureux problème, j’ai le grand déplaisir de constater que dans notre pays et a cette heure, en dehors de toute légalité, deux hommes sont en prison. Il s’agit de Mamadou Diawara, ancien PDG de la BHM et aussi le Lieutenant Sékou Doumbia, ancien Régisseur de la Prison de Ségou. Encore une fois, je ne dit pas et n’ai jamais dit que ces hommes et les autres n’ont jamais commis aucune faute. Je dis qu’aucune preuve n’a été apportée pour justifier ni l’emprisonnement de ces hommes ni leur maintient en prison. J’ai rencontré la famille du Lieutenant Doumbia. Une famille dévastée, vivant désormais de rien, les enfants éparpillés. J’ai vu Mme Doumbia. J’ai vu la mère du Lieutenant Doumbia. Ces personnes humbles, sans pouvoir, sont anéanties et humiliées par l’injustice et aussi par le coupable silence de nous tous.


L’affaire de la BHM est aussi devenue une affaire internationale que l’Allemagne considère comme une gifle qu’elle reçoit en plein visage. Je ne vais pas m’étendre sur cela car ceux qui se sentent offensés ont des griffes et des dents pour se défendre. Pour ma part, autant que je le pourrai, je me battrai pour que soient préservés les intérêts du Mali, de la BHM mais aussi des investisseurs étrangers.


La constructibilité des berges du fleuve Niger et de certains autres espaces urbains.

Cela fend le cœur de constater que des constructions immobilières se font non seulement le long du fleuve mais s’étendent jusque dans son lit multipliant les sources de pollution graves de ce cours d’eau si vital mais fragile pour les populations maliennes. Les berges du fleuve Niger doivent être libérées et rendus au seul usage du public en tant que bien public. Il faudra sans doute par des méthodes scientifiques identifier les immeubles posant des problèmes environnementaux au fleuve avant de fixer par la loi une règle de compensation des propriétaires qui seront expropriés pour le bien public. Les immeubles incriminés devront, tous, être détruits.


Des motifs de satisfaction

Il m’est arrivé de me féliciter de certains faits. Par exemple j’ai constaté que la route de Kayes était une remarquable réalisation, fragile mais réelle qui peut devenir un instrument de développement en désenclavant des régions économiquement très actives. J’ai vu également que Bamako disposait maintenant a ACI-2000 de nombreux immeubles de bureaux pouvant offrir des opportunités de domiciliation a des entreprises. On peut seulement regretter que les ministères installés à l’ACI-2000 soient si misérablement et si étroitement logés.

J’ai aussi la notion que la Cité Administrative, en perpétuel devenir au bord du fleuve, lorsqu’elle sera achevée pourrait accentuer le déséquilibre de la ville au profit de la rive gauche qui est déjà si congestionnée. Je voudrais ici proposer que l’on fasse de cette cité un campus universitaire à étendre en y incluant l’actuel Camp Para de Jikoroni en préservant et incluant le mitoyen et verdoyant centre arboricole. La délocalisation du Camp Para en dehors de la ville sera l’occasion de créer des emplois pour les travaux à entreprendre. L’université de Bamako manque de classes. Voilà, à la Cité Administrative, des salles pouvant tenir lieu de classes. Elles sont presque disponibles immédiatement. Les fonctionnaires ont besoin de luxueuses salles pour s’installer. Une classe, pour fonctionner a juste besoin d’un tableau noir, de bâtons de craie, d’élèves et d’enseignants. De ce fait les locaux dans leur état actuel peuvent ne pas convenir aux fonctionnaires mais feraient parfaitement l’affaire des étudiants et de leurs enseignants. Le gouvernement pourra planifier sur 10 ans la construction d’une nouvelle vraie cité administrative mais sur la rive droite afin de désengorger la rive gauche et tenir compte du poids démographique de la rive droite. Les fonctionnaires sont déjà tous logés, ils peuvent attendre. Les étudiants et les enseignants sont en errance, ils ne peuvent attendre plus longtemps.


Dans le chapitre des succès il faut citer la façon dont la crise du code de la famille a été désamorcée. Mais le problème n’est pas résolu. A mon sens il ne devrait pas l’être avant la prochaine élection présidentielle. En républicain et en démocrate, mon opinion est que ce sont les thèmes débattus durant la campagne présidentielle qui sont couverts par le mandat donné par le peuple au président élu pour porter des modifications aux règles de fonctionnement de l’Etat et de la société. A ma connaissance aucun des présidents de 1992 a ce jour ne semble avoir mentionné, durant les campagnes électorales les ayant portés au pouvoir, leurs intentions de changer le code de la famille. Par conséquent aucun d’entre eux n’a jamais reçu un mandat de le réviser. Le débat tel qu’il s’était engagé portait sur la rédaction des articles de la loi. Un tel débat est technique et ne peut être l’affaire du public. A mon avis il y a quatre vrais sujets du débat d’ordre social et politique qui sont : (a) quel statut accorder a l’enfant né hors du mariage ?, (b) quelle est l’importance d’une femme lors du partage d’un héritage ?, (c) comment définir l’autorité au sen de la famille et qui la détient ?, (d) quel est l’âge minimal pour marier une fille ? Et ces questions doivent être débattues avant l’élection de tout président pouvant se considérer comme investi du mandat de toucher au code de la famille. Certains journaux ont blâmé celui-ci ou celui-là et souvent la jeune Ministre des Relations avec les Institutions en lui imputant un défaut de communication gouvernemental sur le sujet. Si quelqu’un doit être blâmé ce sont les partenaires techniques et financiers (PTF) qui ont manqué  d’à-propos en essayant de faire adopter au pas de course ces modifications qui visent une véritable modification de la société malienne et qui en ce sens doivent passer par le débat démocratique au moment des élections présidentielles. Dans les pays développés démocratiques les choses se passent ainsi. Le Président Obama se bat pour une modification de l’assurance maladie aux Etats-Unis du fait qu’il l’avait promis durant sa campagne et donc son élection lui a donné le mandat de le faire. Obama va améliorer la situation sociale, administrative et juridique des homosexuels. Parce qu’il l’avait promis durant la campagne électorale. Le Président Sarkozy est entrain de procéder a une reforme en profondeur de l’Etat en France conformément aux propositions qu’il a faites et qui ont été débattues durant la campagne électorale présidentielle.


En revanche, la « crise du code » a fait monter en grade un problème sous-jacent dont j’ai parlé dans un texte en 1994 déjà. Ce problème me semble partagé aujourd’hui par beaucoup d’autres intellectuels et acteurs politiques. Il s’agit du nombre de plus en plus élevé d’intellectuels maliens arabisants de très haut niveau et qui, du fait que leurs diplômes ne sont pas en français, sont marginalisés et laissés dans la paupérisation et le désœuvrement. Ces « cerveaux » sont disponibles. Pour faire mieux que survivre, certains parmi eux seront contraints de construire une force politique sur la vague religieuse qui est une réalité dans toute l’Afrique aujourd’hui. Là il y a un risque pour l’Etat laïque et la République. Nous devons tendre la main à nos sœurs et frères arabisants et les intégrer a la communauté économique et a la communaute intellectuelle de notre pays. Ils y ont droit.


Préparer l’avenir ensemble

Dans le monde que nous connaissons la force d’une nation n’est pas le nombre de canons dans ses casernes, mais le nombre d’ordinateurs dans ses universités. La richesse d’une nation n’est pas la réserve minière en or ou en pétrole dont son sous-sol regorge mais le nombre d’ingénieurs bien formés pour résoudre les problèmes des populations. Ceux des maliens qui ont le savoir et le savoir-faire sont utiles. Ils sont les vraies richesses de la Nation. Mais actuellement tant de barrages ont été créés par des fonctionnaires corrompus demandant des bakchichs pour avoir accès à des marchés publics ou des parents demandant aux jeunes de travailler « bénévolement ». Le bénévolat ne correspond à aucun modèle économique opérationnel et gagnant. Et pourquoi demander a des maliens, surtout les « maliens de l’extérieur » de travailler gratuitement alors que nous concevons de payer grassement des « experts étrangers » et même que nous regardons sans rien dire des maliens non productifs s’enrichir. Je le dis très clairement, ceux qui décident de consacrer une partie de leur temps a notre pays en y apportant des financements, du savoir, du savoir-faire, des opportunités aidant ainsi a améliorer le système éducatif, le système économique en élargissant l’horizon des possibles, méritent réussite considération et salaire. Ainsi sera-t-il si nous voulons que notre pays réussisse en mobilisant tous les maliens en suivant les règles de l’efficacité et de l’excellence.

Nous devons former les jeunes maliens. Nous devons attirer les maliens talentueux vivants partout dans le monde. Mais le seul slogan du patriotisme ne suffira pas à les faire venir. En venant il faut qu’ils puissent trouver de quoi vivre. En cela je rêve à l’émergence, d’ici 10 ans de plusieurs milliardaires maliens. De vrais milliardaires qui « feront » leur argent dans le labeur en utilisant leur expertise. Nous devons nous rendre a l’évidence que la race d’individus et d’entreprises qui prospèrent a l’ombre des régimes politiques successifs et qui souvent disparaissent avec ces régimes sans produire la moindre richesse ne peuvent construire le Mali gagnant de demain. Attention. Je reconnais à chaque gouvernement le droit, même le devoir, en fonction de sa vision économique, de favoriser des entrepreneurs. Mais ceci devrait se faire dans le seul but de créer du bien social et économique. Oui, un gouvernement a la capacité et même le devoir d’user du pouvoir discrétionnaire qu’il détient pour favoriser les meilleurs entrepreneurs patriotes.


Le Mali tel qu’il m’est apparu s’insérer dans le monde

Ces derniers mois tous les pays, populations et gouvernements confondus, s’inquiètent de la Grippe aviaire. Au Mali sauf erreur de ma part, je n’en ai jamais entendu parlé. Bon. Il est vrai que le Mali est le pays où de nombreuses personnes ont abandonné leurs responsabilités pour les mettre sur le dos de Dieu. C’est si facile. En revanche et sans pour autant que l’on en parle deux graves dangers pour la santé publique m’ont sauté aux yeux. Il s’agit de l’excès de sucre dans les boissons. Que ce soit les boissons industrielles ou les boissons fabriquées traditionnellement (jus de gingembre et assimilés). Il faut s’attendre à une explosion du diabète dans la population malienne et sa persistance dans la mesure où cette maladie passe vite dans les gènes et se transmet aux descendants des personnes affectées. En second lieu il s’agit de ces voitures alimentées en huile impropre lâchant des fumées toxiques dans les rues de Bamako et du Mali. Elles vont accroitre la prévalence des maladies respiratoires chroniques dans notre pays. Les embouteillages de Bamako aggravent le problème. Au fait je voudrais attirer l’attention des responsables de la circulation routière sur la nécessité de multiplier les feux tricolores. Non seulement cela rendrait la vie facile aux piétons, cela obligerait les gens à réduire la vitesse mais cela créera de multiples petits bouchons gérables en lieux et places des 2 ou 3 gros bouchons ingérables actuels.


Lorsque j’étais à Bamako les prix Nobel ont été attribués.

Deux prix ont retenu mon attention et devraient intéresser les maliens a plus d’un titre. Le premier est le prix Nobel d’Economie. Les auteurs primés (Elinor Ostrom et Oliver E. Williamson) ont prouvé que les ressources publiques ne sont pas des biens publics. Par définition un bien public est un bien que l’on peut se partager sans pour autant que la part d’un agent quelconque affecte ni la qualité ni la quantité de la part disponible pour les autres. Cette simple phrase explique à elle seule que l’usage que les africains font des ressources publiques minérales ou financières ne peuvent qu’aggraver la misère de leurs peuples car ils partagent ces ressources entre une infime partie de la population (ceux qui sont au pouvoir) au lieu de l’utiliser pour créer de la richesse qui elle est un bien public accessible a chacun et a tous. J’espère qu’au Mali, nos économistes réfléchiront sur les travaux de ces chercheurs et en déduirons des stratégies pour la bonne gouvernance de notre pays.


Il y a eu aussi le prix Nobel de Physiologie et de Médecine. Les lauréats (Elizabeth Blackburn, Carol W. Greider, Jack D. Szostack) ont été couronnés pour leurs travaux sur le télomère. On à découvert que cette substance appelée télomère, située au bout du chromosome, est ce qui, en réponse au stress décide du vieillissement et de la mort d’une personne. Et une autre dame Dr Doris Taylor, chercheur à l’Université du Minnesota, une université où un de nos frères le Professeur Harouna Maiga enseigne la biologie animale, a montré qu’avec les cellules souches (stem cells) on peut régénérer les télomères et vaincre le vieillissement et surtout vaincre la mort !!! En effet le Dr Taylor a réussi à réveiller et redonner vie à des cœurs d’animaux morts. Cela vient juste d’arriver.


Qui ne savait pas que la mort était invincible ? C’est une nouvelle ère que la science et la technologie sont entrain d’ouvrir dans l’Histoire de l’Humanité. Mais a quel point le malien fait partie de cette humanité ?

Remarquons que ce sont essentiellement des femmes (elles qui donnent la vie) qui sont entrain de vaincre la mort en utilisant les ressources de la technologie. Dans le même temps, des maladies nouvelles qui ne frappent que les femmes noires et les enfants noirs émergent. Ce sont des types nouveaux de cancer. Il y a en particulier ce cancer du sein qui ne vise que des femmes noires ou ayant un ancêtre noir. Le cancer est le plus souvent une maladie de la vieillesse où des cellules avec la bonne intention de se multiplier afin de prolonger la vie, « commettent une erreur »  et deviennent anormales. Elles propagent cette « erreur » qui devient le cancer et finissent ainsi par donner la mort. Le problème est que ces cancers nouveaux qui visent celles qui donnent la vie chez nous apparait même chez des femmes très jeunes y compris a des âges aussi tôt que 20 ans. Voila qu’au moment ou l’Humanité technologique triomphe de la mort, une menace terrible menace les communautés noires dans ce qui est leur lien a la vie : la femme noire. Nous scientifiques africains sommes-nous capables de relever ce vital défi? J’ai vu la promptitude et l’efficacité avec lesquelles certains de nos sœurs et nos frères ont répondu au discours de Sarkozy. Saurons nous entendre et répondre a l’appel de nos sœurs et de nos enfants ?

Voila telle que j’ai vu le Mali par lui même et tel que j’ai vu le Mali dans le monde. Telles sont aussi les réflexions que ces visions ont fait naitre en moi et les interrogations qui me sont venues avec. Et pour clore je vais me répéter et cela autant de fois que cela sera possible. Il s’agit d’appeler tous les patriotes, les démocrates, les républicains à s’unir pour que le Mali et les maliens de demain soient fiers de nous.


Dialla Konaté

1 octobre 2009





- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mardi 27 octobre 2009
Amnistie à la nigérienne : un « Grand Pardon » sous le glaive de l’uranium
Un épilogue cocasse.
Le Guide avait commencé son travail en 2006 en lançant à Timbuctu son projet de Ligue des Tribus du Grand Sahara.
Début 2009, dopé par la présidence de l’Union Africaine, « j’ai décidé que la paix règnerait au Sahara» a-t-il dit dans son « appel aux rebelles du Mali et du Niger ».
Dans une précédente acclamation, en 2008, il écartait la nécessité de la fondation d’un Etat touareg, affirmant que s’il y avait nécessité de le créer, il aurait été le premier à l’encourager, à le reconnaître et à faire de la ville d’Ubari, dans le sud- libyen, la capitale.
Il a relevé que si le millier de tribus composant l’Afrique réclamait chacune de former son Etat, le continent sera composé de mille Etats, ce qui est, de toute évidence, impossible… (Source Pana Tripoli).
Ainsi la question touarègue serait scellée par son nouveau guide à celle de toutes les tribus de l’Afrique et sera arrangée si et seulement s’il y a nécessité et si le guide devient un jour roi des mille tribus, bien sûr…
Dès lors, les fronts choient les uns après les autres.
Repus, deux grands chefs nomades hésitent à se fixer entre Lybie et Algérie après avoir attroupé pendant deux ans au Mali et au Niger.
Le général trois turbans condamné à mort par contumace, disparaît une fois ouvert, depuis la France, « la bataille de l’uranium » ; resurgit six mois plus tard sous la représentation du frérot pour requérir une bonté présidentielle.
Un émissaire de fortune moelleux et hésitant, maire étrangement auto-déchu, agronome de circonstance et magnanime, s’envole vers l’hexagone pour le sillonner avec son rémora, rallie dans son exil la rébellion en abandonnant sur place non sans une légère contrariété famille et biens, saisit quelques mains, s’en retourne pour générer avec d’autres un « front de rébellion pour la paix » et séduire pour la députation.
Et puis il y a tous les autres.
Vivants endeuillés sans frère ni terre
Pauvres affamés sans le sou
Morts cadavéreux sans espoir sous terre
Combattants utilisés, décalés dans les errements, embarrassés d’arsenal
Un jour bien choisi, une grâce a été lue sur les ondes.
Le rideau s’est-il déchiré ? Que nenni !
Le territoire touareg perpétuellement sous décret de mise en garde
Les encellulés d’opinion toujours en cellule
Les réfugiés constamment en refuge
Les villages détruits oubliés ?
Les animaux abattus en pertes et profits?
L’aide aux inondés détournée
Une opposition brutalisée relayant la résistance
Et le Niger, humainement pauvre,
Affame
Et assoiffe.
Un siècle d’exploitation uranifère en territoire touareg.
Et après.
A l’abri dans l’antre de la terre, des besogneux œuvrent à Azelik, Akokan, Arlit, Imouraren. Pour certains, c’était il y a près d’un demi siècle. Pour d’autres ce n’est que l’enfantement de 40 années minimum à venir.
D’autres réserves sont en attente… Tout n’est-il pas déjà piqueté ?
Dans un demi siècle, la plupart d’entre nous ne seront plus là ; le guide non plus, qu’adviendra t-il de son royaume, des Tribus du Grand Sahara et de la capitale des Touareg?
 A combien se vendra alors le kilogramme d’oxyde d’uranium en 2050?
Acheté 20 € au Niger jusqu’en 2007 Négocié à 60 € en 2008
Cours mondial en 2009 à 100 €, Areva annonce sur Challenges une progression de son chiffre d’affaires de 3,3 milliards € grâce au minerai.
Ouvrir enfin les yeux à partir d’ordres de grandeurs approximatifs.
Merci à chacun de faire les comptes exacts et de les publier.
Cours de l’uranium
Le prix du marché du kilogramme d’uranium est resté longtemps inférieur à 20€ ; Il a connu une pointe à 300 € en 2007. Son cours actuel est de 100€ ;
Le prix d’achat au Niger conclu au dernier contrat est de 60,98€ (40 000 FCFA) ; L’ancien prix était de 27 300 FCFA.
Tout a été renégocié.
Quelqu’un connait-il le dernier prix?
Où va l’argent ?
Pourtant le territoire quadrillé et saccagé, les autochtones le percevront?)
Prix de la tonne d’Unat et consommations
Il faut environ 20 tonnes d’uranium naturel pour produire 1TWh (1 TWh = 1 million de MWh qui valent 1000 kWh)
Coût de production d’électricité en France
Le coût de production de 1 MWh pour une centrale neuve est annoncé entre 30 et 50 € mais vendu à plus de 100€ (12,11 euros pour 100 KWh par les ménages français, source EUROSTAT 2007).
Reprenons nos comptes.
Pour produire 1 TWh, il faut donc 20 tonnes d’uranium à 60€ achetées 1 200 000 € au Niger... Or la production d’1 TWh est vendue plus de 100 millions d’euros. Nous sommes dans un rapport supérieur à 100 ! Certes, il y a du travail entre les deux, cependant cela reste énorme.
Il faut y voir plus clair car on approche de l’indécence, surtout lorsqu’il y a morts d’hommes et ventres vides dans le pays le plus pauvre du monde depuis un demi siècle.
 En 2008, la production d’électricité en France est d’environ 500 TWh dont 418 TWh nucléaires qui nécessite 9000 tonnes d’Unat (la France en achète plus car il y a aussi des exports d’électricité qui ne sont pas comptés ici).
Faites maintenant vos comptes à partir des prévisions d’extraction du président nigérien... De plus en plus de pays se demandent pourquoi ils ne feraient pas une partie de l’enrichissement qui rapporte tant.
La Namibie est en train de se préparer à cette transformation.
Que propose t-on aux populations du nord Niger en contrepartie de la razzia sur leurs terres?
A qui profite la manne d’Uranate ?
300 à 400 euros par combattants, a-t-on vu.
Juste de quoi tenir un semestre ;
Guère davantage pour les chefs et quelques propriétés en républiques islamiques sahariennes, on sait que ce n’est ni le Niger ni le Mali qui les entretiennent ;
Le pardon pour tous, y compris les civils innocents… ça ne coute rien ;
Liberté pour les encellulés-otages.
La liberté n’a pas de prix, dira t-on ;
Pollution des eaux, de l’air et des aliments.
Maladies comprises dans le contrat de concessions.
Qu’importe on mettra en place un observatoire de la santé par arrêté ;
Raréfaction de l’eau, accélération de la désertification (humaine aussi) ;
Abandon de l’élevage en zones arides et disparition des faunes (quelques 100 ans après les éléphants, les autruches et les outardes) ;
Droit éminent de l’Etat sur les terres par rapport au droit coutumier ;
Evincement des populations de leurs terres ;
Emplois dans les exploitations inférieurs aux activités disparues (élevage) ;
Peu importe l’opposition politique et la société civile (ROTAB/PCQVP, Transparency Initiative, etc.), « circulez, il n’y a rien à voir » en pays touareg.
Le projet du président-griot pour les Touareg s’accomplirait-il ?
Plus aucun Kel Tamasheq éleveur au nord de son pré carré.
L’assurance d’une disparition programmée en 2050!
C’est d’une simplicité mathématique.
Tous les instruments et mécanismes existent pourtant, mais cela visiblement ne s’ordonnance pas par décret présidentiel ; C’est autour d’une table qu’on en parle. Sur pièces.
 La France, l’Europe, le Niger, les peuples et les Nations unies, malgré les dires des uns et des autres, sont liés durablement.
A quand la Contribution Energétique Equitable des Français au développement humain des peuples du Niger ?
Thomas FORTUNE
Président de l’internationale touarègue


- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Mardi 20 octobre 2009
La censure étant de mise , tant sur la presse de droite que celle de gôche, je tiens à vous donner un lien fort intéressant où vous pourrez trouver des informations un peu différentes sur le soi-disant "réchauffement climatique" et ses conséquences, voir les Maldives !
C'est le site "Pensée unique"



Il est coutumier de lire dans la presse ou d'entendre répéter dans les médias que les quelques "rares" chercheurs (NDLR : Ils sont quand même plusieurs milliers répertoriés (voir un exemple, ici, ( liste dans la colonne de gauche) ou encore ici, une pétition auprès du gouvernement canadien) qui contestent que l'effet de serre provoqué par l'homme serait le responsable du réchauffement climatique, sont de simples déviants, incompétents, mal informés voire financés par les lobbies pétroliers comme EXXON Mobil...ou encore des "flat-earthers" (comme disent les américains : ceux qui croient encore que la terre est plate !) et même, des négationnistes comme ceux qui nient l'existence de la Shoah. Mais où en sommes nous arrivés ?

J'ouvre cette rubrique pour équilibrer le débat et vous montrer qu'il n'en est rien et que de grands experts en climatologie ou dans les sciences fondamentales de l'espace ou de la terre, se donnent beaucoup de mal pour faire entendre un tout autre discours que celui qui est propagé par le GIEC, les écologistes, relayé par la grande presse et les politiques en mal de popularité. Jusqu'au Vice-Président du GIEC, lui-même, qui n'est pas d'accord avec la Pensée Unique ! Comme vous allez le voir, les quelques contestataires que je cite ne sont pas débutants. Au contraire, ce sont tous des spécialistes chevronnés. Et ils ne mâchent pas leurs mots pour dire ce qu'ils pensent du GIEC et de ses conclusions ...
En voici la liste qui s'allonge, jour après jour : Vincent Courtillot, Mojib Latif, Jan Veizer, Rapport JSER, John Theon, Roger Pielke Sr, Frank Tipler, William Happer, Ian Plimer, William R. Cotton, Harrison Schmitt, Cliff Ollier, Roy Spencer, Yury Izrael, Khabibullo Abdoussamatov, Richard Lindzen, Marcel Leroux, Bill Gray, Paul Reiter, Frederick Seitz, Vincent Gray, Antonio Zichichi, Augie Auer, Michael Griffin, Robert Carter, Reid Bryson, Nils-Axel Mörner, Tom V. Segalstad, Madhav L. Khandekar, Al Pekarek, Tim Patterson, Freeman Dyson, Tim Ball, John Coleman, Daniel Botkin, David Douglass, John Christy, Fred Singer, Syun Akasofu, Rosa Compagnucci, Juan Minetti, Eduardo Toni, Oleg Sorokhtin, Jose Joaquim Delgado Domingos, Hendrik Tennekes, Art Douglas; Howard C. Hayden, Don J. Easterbrook, Kunihiko Takeda, Garth Paltrdige, Stan Goldenberg, Arun D. Ahluwalia, Roger W. Cohen... Tous des scientifiques tout à fait qualifiés pour parler du fameux "réchauffement climatique". Et ce ne sont pas les seuls. N'oubliez pas les quelques 9000 et quelques docteurs ès sciences qui ont signés la pétition ici. Et les plus de 400 spécialistes, dont on peut trouver la liste ici et qui se sont exprimés rien qu'en 2007...

 

Bonne lecture !



- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Lundi 19 octobre 2009
À propos des Maldives qui plongent dans la mer...
MaldivesLe gouvernement des Maldives tenait il y a quelques jours un conseil des ministres à six mètres sous l'eau pour attirer l'attention de la réunion sur le climat qui se tient à Copenhague, sur la pollution, par les pays industrialisées, qui menace de faire disparaître ses îles sous l'eau en raison du réchauffement globale.
Le professeur Nils-Axel Mörner de Suède a passé sa vie à étudier les changements du niveau de la mer vis-à-vis de la terre à différents endroits du globe.
En l'an 2000 il étudia le cas des Maldives.
Il a découvert que ces îles remontaient en réalité et que le rehaussement était d'environ 30 cm depuis 1880.
Il voulait annoncer cette bonne nouvelle à la télévision locale mais ce programme fût arrêté et le professeur Mörner fût de suite expulsé des Maldives comme personne "non grata".
Ceci s'explique par le fait que le gouvernement des Maldives essaye depuis vingt ans de tirer des compensations économiques des pays industrialisées comme compensation pour leurs pollutions avec le CO2 qui risque de faire sombrer ses îles dans la mer. Mörner fût ainsi un grand danger car il risquait d'arrêter cette manne du ciel tant attendu!
Les îles Tuvalu jouent aussi les victimes du "réchauffement global". 
Le niveau de la mer n'est pas monté là bas non plus mais en raison du pompage trop fort de l'eau potable pour irriguer les plantations industrielles de l'ananas, l'eau salée pénètre maintenant la nappe phréatique des îles.
Pendant que Mörner faisait ses travaux sur les Maldives, arriva un groupe d'écologistes australiens qui arracha un vieil arbre qui poussait sur la terre ferme à distance de la côte. Il existait des photos anciennes de cet arbre qui le montrait au bord de l'eau et ainsi l'arbre prouvait très visiblement le rehaussement de la terre. Il devait disparaître...
Le phénomène du rehaussement de la terre est quand même un phénomène local. Des mensurations globales montrent que le niveau de la mer n'a pas changé globalement depuis les 50 dernières années que des bonnes mensurations existent. Les modèles par ordinateurs d'IPCC montrent par contre un rehaussement du niveau de la mer avec une vitesse de 2,3 mm par an et Mörner devenait totalement choqué quand il a apprit que ceci se basait sur les mensurations d'une seule station situé à Hong Kong!
Là bas, la terre descend pour des raisons tectoniques. 
Depuis la dernière glaciation, le niveau de la mer est monté de 120mètres.
La question est maintenant de savoir si ce rehaussement du niveau de la mer est totalement arrêté ou seulement presque arrêté.
De ces glaciers restant, 90% se trouvent dans l'Antarctique et pour qu'ils fondent, il faudrait un réchauffement avec plusieurs dizaines de degrés avant d'arriver au zéro!
Même dans ce cas, il faudrait plusieurs milliers d'années avant qu'un rehaussement de la mer se fasse remarquer d'une manière vraiment visible.
Nils-Axel Mörner a très certainement raison quand il dit que l'histoire de la mer qui monte maintenant dangereusement est le plus grand mensonge qui n'ait jamais été raconté.
Même le premier ministre de la Finlande dit qu'il faut agir vite pour arrêter que la mer ne monte.
Ne sait-il pas que la terre à Helsinki monte de 3mm par an et de 1 cm par an à 500km au nord ouest du pays?
Le vrai problème global est que l'information sur "la nature" et sur "notre terre" est maintenant pour la grande majorité dans des mains de charlatans et non dans les mains de vrais scientifiques.
 
Magnus Hagelstam
Ingénieur des Eaux et Forêts
Sjundeå
Finlande 

- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 11 octobre 2009
Le mot de Mahamoudane AGHALI
niger-Mahamoudane AGHALI
Il vient d'être célébré la fin des hostilités entre le gouvernement central et la branche armée des touareg.
Arrachée par le Guide libyen, sans aucune contrepartie en matière de revendications pourtant justes, nous espérons que nous ne venons pas de "faire des tresses sur des poux".
Tout le monde souhaite cette paix à Agadez, mais compte tenu des sacrifices elle aurait pu être moins honteuse pour les "combattants" qui ont engagé la communauté sans la consulter et reviennent courber l'échine devant Baba comme s'ils n'ont rien fait!
L'autre pôle des problèmes à savoir la politique où tout le système consensuel des dix années passées a été défait passe peu à peu pour "légal" car les opposants y adhèrent petit à petit... Serait-il finalement possible d'instaurer un "ordre" pourvu qu'on évite de tuer des gens? L'exemple va immédiatement servir en Afrique..du moment qu'il préserve les intérêts des hypocrites puissances.
Les problèmes du Niger ne sont guère réglés.
Mahamoudane AGHALI

- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés