Lu Lugarn PdfARCHIVES Lu Lugarn /printemps-été/ Pdf n°97/98
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Sept raisons qui font que nous devons tous aller manifester à Carcassonne le 24 octobre
La manifestation de Carcassonne sera sans aucun doute sympathique et colorée
mais elle serarevendicative avant tout.
1-) La situation dans laquelle est maintenue la langue d’oc est inacceptable.
Elle est scandaleuse au regard des déclarations et promesses qui ont été faites mais aussi au regard de la constitution telle qu’elle a été modifiée en juillet 2008. Si ça continue la
reconnaissance des langues dites régionales comme patrimoine de la France risque de déboucher sur un enterrement.
Un patrimoine linguistique cela s’entretient par une politique linguistique ambitieuse qui a pour but de faire en sorte que la langue soit plus parlée, plus écrite, plus utile dans les relations
sociales. 2-) Où est la loi promise par le président de la République et le gouvernement ?
Nous voulons que les promesses soient tenues et que se mette en place une législation claire. 3) Que font les collectivités ?
Certaines régions font un peu, certains départements et certaines communes aussi, mais ce n’est pas suffisant. Nous ne voulons plus de lignes budgétaires misérables.
Nous voulons une politique linguistique ambitieuse.
Quant aux collectivités qui ne font rien, elles participent par leur passivité à la destruction de la langue d’Oc qui est le bien commun de tous ceux qui vivent dans les pays d’Oc. 4) Le service de public de radio et de télévision réduit chaque année la place accordée à la langue d’oc. C’est le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui le constate. La radio publique
"Radio France" réduit la place de la langue parlée et même celle des chansons en lengo nostro. Nous voulons une radio et une télévision en langue d’oc financée par des fonds publics. Nous payons
une redevance : elle doit servir à tous. 5) L’enseignement de l’occitan-langue d’oc est sinistré.
Dans les collèges et les lycées tout d’abord, rares sont les endroits où l’offre est vraiment organisée.
L’enseignement de notre langue est systématiquement dévalorisé.
La mort de l’enseignement de la langue d’oc serait-elle programmée ?
La mise en place de classes bilingues dans l’enseignement public est trop compliquée et ne tient pas assez compte de la demande des parents. Il y a trop de niveaux administratifs qui ont un
pouvoir de blocage. L'information donnée aux parents est largement insuffisante pour ne pas dire souvent inexistante. Pour les écoles Calandreta qui enseignent par immersion, chaque jour nous
amène des exemples de difficultés qui entravent leur développement.
6) Nous sommes à six mois des élections régionales.
Les candidats doivent s’engager sur la mise en place d’une politique interrégionale en faveur de la langue d’oc en relations avec les institutions qui représentent les gascons du Val d’Aran et
les provençaux de la Région Piemont en Italie. 7) En défendant notre langue avec toutes ses variantes, nous défendons la diversité linguistique et culturelle, notre démarche s’inscrit dans le refus de l’uniformisation, de la
globalisation, dans la volonté de promouvoir une façon de vivre originale, une civilisation.
La situation dans laquelle est maintenue la langue d’oc est scandaleuse, indigne et donc inacceptable.
Elle est scandaleuse au regard des déclarations et promesses qui ont été faites mais aussi au regard de
l’introduction de l’article 75-1 dans la Constitution en juillet 2008.
Nous avons le sentiment que la reconnaissance des langues dites régionales comme patrimoine de la France risque de
déboucher sur un enterrement.
Si ce patrimoine linguistique n’a aucune valeur alors pourquoi s’occupe-t-on du patrimoine matériel ? Est-il
plus utile ?
Un patrimoine linguistique cela s’entretient par une politique linguistique ambitieuse.
La loi promise par le gouvernement n’arrive pas. Nous n’avons aucune nouvelle positive de la part du ministre
en charge du sujet.
Nos députés, nos élus dans les collectivités locales doivent intervenir auprès de l’Etat pour qu’il tienne ses
promesses.
A Carcassonne, ceux qui viendront interrogeront l’Etat par leur présence mais aussi les élus locaux et les
parlementaires. Être à Carcassonne sera une façon de demander à ces élus de faire la pression nécessaire pour que l’avenir de la langue d’oc, patrimoine commun à tous ceux qui habitent en Pays
d’Oc, soit assuré et que la langue fasse l’objet d’une politique de la part de l’Etat.
Mais la loi future n’est pas notre seule préoccupation.
Des choses nous inquiètent beaucoup dans plusieurs domaines :
Prétendre que la demande baisse est un argument fallacieux surtout quand tout est fait pour empêcher son expression
ou pour la décourager.
L’enseignement de l’occitan-Langue d’oc est systématiquement dévalorisé.
Cela fait peser un risque mortel sur le reste de la filière. Comment peut- on former des enseignants de langue
d’oc si la source qui permet d’alimenter l’université est asséchée ?
La mise en place de classes bilingues dans l’enseignement public est trop compliquée et ne tient pas assez compte de
la demande des parents qui doit être l’élément déclencheur de la création de ces classes. Trop de mécanismes permettent à divers niveaux de l’institution de bloquer le système.
L’information donnée aux parents est largement insuffisante pour ne pas dire souvent inexistante.
La télévision publique accorde moins d’une heure à la langue d’Oc par semaine dans le cas de la région la plus
favorable.
Dans certaines régions il n’y a rien !
La radio publique supprime régulièrement des émissions en langue d’oc. On en arrive aujourd’hui à compter le temps
consacré à notre langue sur les antennes de Radio France (France Bleu) en secondes/jour parfois en minutes, dans de rares cas.
NOUS ne VOULONS PLUS de ce SERVICE qui n’est PAS UN SERVICE PUBLIC mais un service qui raisonne sur la base de
préjugés. Chaque fois que des émissions ont été mises en place elles ont trouvé leur public. Pourtant on les supprime.
Le service public ne fait rien non plus pour aider à la formation de professionnels des médias en langue d’oc. Il
prend ensuite prétexte de cela pour dire qu’il lui manque des gens capables de répondre à ses critères de qualité.
Que dire de la diffusion des artistes s’exprimant en langue d’Oc sur ce service public ? Qui décide qu’il
ne faut plus programmer de chansons en langue d’oc ?
Si certains élus locaux, certaines collectivités ont commencé à faire un peu pour la langue d’oc nous leur disons
que c’est bien, mais que ce n’est pas assez. D’autant plus qu’au regard de certaines promesses et déclarations nous sommes loin du compte.
ILS DOIVENT FAIRE PLUSque ce soit dans les communes,
les départements ou les régions.
La politique pour l’occitan-langue d’oc ne peut se résumer à une maigre ligne budgétaire. S’ils ont commencé à
faire un peu, ils sont sur la bonne voie mais il est clair qu’ils doivent être beaucoup plus ambitieux et volontaristes.
La politique en faveur de la langue d'Oc nécessite que l’Etat prenne sa part de responsabilités et que les
collectivités en fassent autant. Mais il est du devoir des élus des régions, des départements et des communes et des parlementaires de faire la pression nécessaire sur l’Etat.
Ils doivent aussi faire la pression sur les partis pour que le sujet ne soit plus l’objet de sarcasmes, de déclarations
insultantes, de fantasmes ou d’amalgames d’un autre temps.
Il y aurait bien d’autres sujets à aborder comme par exemple ces ridicules résistances à la création de crèches
bilingues. Il faudrait se demander pourquoi la langue ne peut apparaître dans la vie publique (signalisation bilingue, publications, etc).
Parmi ceux qui organisent la manifestation de Carcassonne, il y a des associations, des spécialistes de tous ces
domaines. Nous avons fait des propositions aux diverses collectivités et à l’Etat . Que les responsables politiques à quelques mois des régionales nous disent ce qu’ils ont fait, qu’ils nous
disent surtout ce qu’ils vont faire et qu’ils le fassent !
C'est devenu une banalité que de dire et d'écrire que la Provence fait partie de l'Occitanie. Il reste encore quelques passéistes d'extrême droite ou de gauche jacobine pour isoler notre Provence par un discours anti-occitan. Que ne feraient ils pas pour recevoir quelques subventions
de la capitale ! Je vous fais passer deux textes de mon ami Jacques Ressaire, un sur "sa Provence" et un autre sur la création du deuxième gouvernement provisoire occitan ( GPO ). Bonne lecture. JMP
PROVENCE, O ! MON PAYS
Pourquoi suis-je à ce point fasciné par la Provence ? J’habite un petit
village du Gard Rhodanien en Languedoc-Roussillon. J’aurais aimé que ma famille habite de l’autre côté du Rhône. Mes parents ont essayé d’émigrer en Camargue, mais la mort de mon père a
fait que ma pauvre mère est retournée vivre avec ses deux enfants à Bagnols sur Cèze. J’avais alors quatre ans. La Camargue a probablement laissé en moi un complexe d’insularité. J’ai
toujours imaginé la Camargue comme une île au milieu de la Méditerranée, sauvage, rude, et indépendante. J’ai depuis élargi mon horizon à la grande Occitanie. J’ai parcouru l’Occitanie dans tous
les sens, mais plus que toutes les régions occitanes, c’est la Provence qui m’attire. O ! Provence qui t’a vu et qui te voit.
Plus que tout j’aime Avignon, ses papes
occitans, ses hauts lieux mistraliens. Je rêve de la Marseille de Cazaulx. Elle aurait pu devenir une autre Venise si le grand traître de la Gascogne, je veux parler d’Henri IV, n’avait fait
assassiner le libérateur de la cité phocéenne. Dès qu’il fut à la tête de Marseille Cazaulx, fit venir d’Avignon la première imprimerie. Le premier livre qui en sortit fut l’œuvre de Bellaud de
la Bellaudière en provençal. Je rêve de la Nice d’avant 1860 avant qu’elle ne soit occupée par l’armée de Napoléon III. Je rêve de la Provence intérieure avant qu’elle ne subisse la domination
des Anjou. J’aime l’histoire de la Provence parce qu’on y a parlé plus longtemps ma langue maternelle qu’on y a parlé français. « Anen ; Oc, per la lengo
ouccitano ! » A Carcassonne, puis à Béziers, et encore à Carcassonne, j’aurai préféré cette fois-ci qu’on aille à Marseille. Les provençaux sont délaissés. Que peuvent-ils
faire ? Se laisser encore et encore assimiler par le rouleau compresseur parisien. Je crois que la francisation de la Provence a atteint ses limites. On ne peut aller plus loin. On ne peut
que s’attendre au retour du balancier. L’avenir de la Provence n’est pas à Paris, il est tout simplement provençal.
Je sais que je ne suis pas seul à être fou
de Provence. Je connais même quelques provençaux prêts à prendre les armes pour libérer ce qu’ils appellent leur nation. Bien sûr, je ne vous dirai pas qui. Je leur suis farouchement
opposé, mais je les comprends. Je les aime trop pour les voir finir leurs jours dans les geôles françaises. La Provence n’est pas la Corse.
Je lis sur le net les sites et blogs sur
la Provence. On y accuse le voisin languedocien d’être sources de tous les maux dont souffre la région. Le ridicule ne tue pas. On se prend le plus souvent pour le dernier des Mohicans. On
se passionne pour le folklore, pour les traditions. Plus rien n’existe que la chanson, les courses libres de taureaux, les défilés de Carretos Ramados, les concours de pétanque. On boit le
pastis. Du Ricard, bien sûr, parce qu’on sait dans les milieux cultivés que Paul Ricard était nationaliste et qu’il a fondé avec ses amis Jordi Reboul et Carles Camproux un parti provençal
aussitôt interdit par le justice française. Il faut dire qu’en 1935 on sentait déjà que la guerre avec l’Allemagne allait recommencer. On assiste aujourd’hui massivement aux messes en
Provençal surtout si on ne croit à rien. O ! hérésie ! la majorité des foyers provençaux font la crèche, pour les enfants, bien sûr. Ailleurs on se conforme à l’image qu’ont les
parisiens des provençaux jusqu’à en vomir. On s’en sort par la dérision. Mais au fond on est tous malades de la Provence.
Non, on peut en rester là, la Provence au
fond d’elle-même attend son Moïse. Un sage ou mieux une sage qui accepte le jeu démocratique le seul possible à ce jour. La puissance de la France impériale décline depuis la décolonisation. On
croit de moins en moins aux partis français et c’est heureux. Paris devra de gré ou de force déléguer ses pouvoirs aux régions. Au bout du compte l’indépendance de la Provence ne sera
bientôt plus une utopie. L’Europe peut y aider ainsi que les exemples catalan, flamand ou écossais. Il se peut que la plus aliénée des régions occitanes se libère avant les autres. Je ne
peux le dire assurément, mais je le souhaite de tout cœur.
J. Ressaire. Le 22 septembre 2009
********************
Date historique, le 26 septembre 2009 le deuxième Gouvernement Provisoire Occitan est créé à Nice sous la
présidence de Cristòu Dauroure.
Àqui s'adresse le
Gouvernement Provisoire Occitan ? Il s'adresse en premier lieu aux 15 millions d'occitans d'origine ou de destin et qui vivent au pays ou dans
l'émigration. Il leur fait savoir qu'il y a parmi eux une jeunesse qui reconnaît l'existence d'un nation occitane colonisée par l'Espagne, l'Italie et surtout la France. Il appelle par son
auto-nomination plus que symbolique à la construction d'un véritable État moderne doté de son propre gouvernement .
Le G.P.O. en appelle à tous les États du monde représentés ou non à l'ONU et aux dirigeants européens pour que ceux-ci reconnaissent les droits nationaux d'une nation fière de sa langue, de
son économie et de son sens de la liberté. Concrètement le GPO en appelle aux 7 régions occitanes:
Provence, Languedoc, Midi-Pyrénées, Aquitain, Limousin, Auvegne, ainsi qu'à la Région Drôme -Ardècche qui est à créer, pour que leurs dirigeants obtiennent des transferts de pouvoirs sans
cesse croissants de l'Etat impérial français vers ses régions.
Le G.P.O. cessera d'être provisoire lorsque les régions confédérées du Midi seront autonomes vis à vis de Paris de Rome ou de Madrid.
Il annonce des modifications de la carte d'Europe où apparaîtront à côté de l'État Occitan les États
Flamands, Ecossais, Sardes, Catalans et Basques ... Des États amis qui devront s'engager à coopérer amicalement avec tous les États du monde. J. Ressaire.
1209-2009 Béziers :
Ne pas oublier le passé pour préparer l’avenir
Il y a 800 ans, le 22 juillet 1209 eut
lieu à Béziers, dans le cadre de la seule croisade en terre chrétienne pour éradiquer l’hérésie cathare, à l’appel du Pape, le massacre délibéré par les vassaux du roi de France Philippe Auguste
des 20000 habitants de la ville, hommes, femmes, enfants et vieillards.
La phrase attribuée à l’abbé Arnaut-Amalric "Tuez les tous ! Dieu reconnaitra les siens" témoigne du refus de l’Eglise de faire le tri entre Chrétiens et hérétiques lors de l’assaut des
Croisés.
Ces derniers étaient moins motivés par le combat contre l’hérésie que par la conquête des riches terres du Comte de Toulouse qui ne faisaient pas partie du Royaume de France.
Pourquoi commémorer ce douloureux évènement si longtemps après ?
Nos ancêtres sont devenus français par la force des armes et on leur a imposé une langue et une culture étrangères.
Le Parti de la Nation Occitane ne demande pas une quelconque repentance mais plus simplement que figure au programme d’histoire des lycées et collèges de la République française un compte rendu
objectif de la Croisade contre les Albigeois et de la conquête morceau par morceau du territoire occitan.
Il appelle le gouvernement à tenir sa promesse de faire voter une loi donnant un statut officiel aux langues « régionales ».
Il ne s’agit pas en rappelant ce qui s’est passé à Béziers, ville martyre, d’appeler à la haine ou à la revanche. Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.
Le peuple occitan comme les autres peuples de la République française doit connaître son passé véritable, source de son identité, pour se préparer un avenir digne dans le respect de sa langue, sa
culture et son économie.
Cela ne pourra se faire sans des pouvoirs régionaux forts que le Parti de la Nation Occitane appelle de ses vœux pour desserrer le carcan imposé par le pouvoir central parisien.
Parti de la Nation Occitane Le 17 juillet 2009
B.P 44
F - 30201 Bagnols sur Cèze
Felip Bonnet, président
F - 31440 Marignac (Occitanie)
+33 6 81 37 81 14
Rodez, 25 juillet 2009,
à l’occasion de l’Estivada, le Parti de la Nation Occitane vous
invite à partager un repas amical pour célébrer le cinquantenaire de sa création.
L’année 2009 marquera le huit centième anniversaire de la première Croisade contre l’hérésie cathare conduite par les seigneurs français en Occitanie.
2009 représente aussi le quatre vingtième anniversaire de la naissance de François Fontan qui créa le Parti Nationaliste Occitan à Nice il y a précisément cinquante ans et qui est mort
prématurément en 1979.
Nous célébrerons le 25 juillet prochain à Rodez, dans cette région de Guyenne, pendant l’Estivada, la naissance de ce parti que nous nommons depuis un certain temps le Parti de la Nation Occitane
et aussi le passage progressif d’une nouvelle génération aux commandes.
Lors d’une conférence de Presse, nous présenterons Philippe Bonnet qui remplace Jacques Ressaire comme président du P.N.O.
Tous ces anniversaires (il y en a d’autres aussi importants comme le cent cinquantième anniversaire de Mireille (1859) du grand Mistral, notre seul prix Nobel de littérature, défenseur de la
langue d’oc des Alpes aux Pyrénées et aussi les trente ans des Calandretas, sans oublier la chute du Mur de Berlin) nous invitent à nous poser la question suivante :
Quelques siècles après la conquête morceau par morceau de l’Occitanie et l’entreprise d’assimilation du peuple occitan par les pouvoirs français successifs, où en est l’Occitanie ?
En 1959, lorsque Fontan a lancé son parti, donc l’objectif avoué était l’indépendance de l’Occitanie et la création d’un Etat occitan, on imagine combien une telle idée a pu paraître délirante et
utopique aux Occitans qui ignoraient pour la plupart l’existence de l’Occitanie.
Et pourtant il s’est trouvé quelques hommes et quelques femmes pour y croire et le suivre.
Il faut dire que Fontan, s’appuyant sur sa théorie l’ethnisme et soutenant les Arabes et les Berbères qui luttaient, les armes à la main, contre le pouvoir français pour l’indépendance de
l’Algérie, trouvait un écho chez les internationalistes opposés à la guerre d’Algérie.
Son soutien au FLN le mena en prison puis à l’exil dans les vallées occitanes d’Italie où il fonda le Movimento Autonomista Occitano.
Et aujourd’hui ?
Lorsque l’on parle de l’Occitanie, on ne passe plus pour un extra-terrestre tant le terme s’est banalisé.
Pour autant, nous sommes loin de l’émancipation nationale et notre nation est découpée et incluse dans trois Etats : la France, l’Italie et l’Espagne, où avec le Conseil Général d’Aran, qui
célèbre lui aussi cette année son trentième anniversaire, nous avons un gouvernement et des institutions autonomes ainsi que la reconnaissance officielle de notre langue.
Mais c’est au pouvoir autonome catalan de Barcelone que nous le devons et non à Madrid.
La plus grande partie de l’Occitanie est sous domination française et les régions occitanes sont des nains politiques par rapport à leurs voisines catalanes ou basques sans parler des Länder
allemands.
Nous, les nationalistes occitans, ne sommes qu’une force certes déterminée et courageuse mais petite et nos résultats électoraux demeurent encore très modestes.
Même si nous avons obtenu des avancées, le chemin à parcourir est encore long pour sauver notre langue et conquérir l’autonomie.
Le Parti de la Nation Occitane continuera de jouer son rôle dans ce combat démocratique et pacifique jusqu’à la libération de l’Occitanie.
C’est le même combat que celui de tous les peuples des nations sans état de l’Hexagone : Basques, Bretons, Catalans, Alsaciens, Corses, Flamands, peuples d’Outre-mer et du monde entier car nous
sommes ethnistes, c'est-à-dire nationalistes internationalistes, héritiers de François Fontan.
Toutefois, nous revendiquons le droit d’inventaire.
Nous venons de nous doter d’un nouveau programme.
Depuis des années, nous ne sommes plus opposés à l’intégration européenne. Nous envisageons pour l’Occitanie une indépendance étape par étape, morceau par morceau et la réunification dans le
cadre d’une République fédérale et d’un Etat, membre de l’Union européenne et de l’ONU.
A ceux qui prétendent que l’ethnisme est trop rigide, nous répondons que nous sommes ouverts à la discussion pour l’adapter aux nouvelles réalités du XXIème siècle.
A ceux qui disent que l’ethnisme c’est le racisme et la guerre, nous répondons que ne pas appliquer l’ethnisme est un facteur d’affrontements, certains graves et meurtriers, comme le montrent à
nos portes, les Catalans, les Basques, les Flamands et les Wallons, les Albanais et les Serbes et plus loin l’Afrique déchirée par des conflits ethniques au sein d’Etats artificiels.
Il ne s’agit pas d’imposer nos solutions aux peuples mais de proposer ce qui nous semble de nature à établir la paix chez nous comme ailleurs en refusant le statu quo et l’intangibilité des
frontières qui perpétuent les impérialismes. L’indépendance de l’Occitanie s’imposera jour où les Occitans abandonneront leur aliénation profonde.
Nos actes sont le meilleur hommage que nous puissions rendre à la mémoire de François Fontan.
Les anniversaires sont faits pour dresser des bilans et tracer des perspectives. Nous savons quant à nous où nous voulons aller.
D’accord ou pas d’accord, nous vous invitons à débattre avec nous.
Il est encore temps de s’inscrire à la taulejada de Rodez le samedi 25 juillet 2009 à l’Hôtel du Midi à 12 h 30.
Ce repas amical, honoré par la présence du poète occitan Yves Rouquette, sera suivi d’une conférence de presse à la salle du Parking Foch, boulevard Gally à 15 h.
Après la conférence, il y aura un débat public jusqu’à 17 h sur l’avenir de l’Occitanie.
Vous pouvez envoyer un courriel à : "jean-pierre.hilaire@wanadoo.fr" ou envoyer un SMS ou téléphoner au 06 76 47 32 12.
Si vous arrivez la veille, vous pourrez assister et participer au débat organisé par Ben Vautier autour de l’atlas ethno-linguistique La Clef à 18 h.
Le lieu sera communiqué sur place.