Pour info :
Bonjour,
L’affaire pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence raciale » engagée contre la société AREVA et son Directeur Protection du Patrimoine et des Personnes, Monsieur Thierry
d’Arbonneau, sera plaidée en vue d’être jugée le MARDI 23 JUIN, à 13 h 30 devant la XVIIe Chambre du Tribunal correctionnel de Paris.
Vous êtes tous invités à assister à cette audience historique dans les rapports entre AREVA et les Touaregs.
Une conférence de presse se tiendra dans le tribunal à la fin du procès.
Pour plus d'informations voir le communiqué de presse ci-joint.
Bien cordialement,
Comité de Soutien Alhak
Porte Parole : Moussa Bilalan
06 65 54 12 33
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La Société AREVA exploite l’uranium du Niger depuis les années 70 par l’intermédiaire de ses fil iales la Société des Mines de l’Aïr (SOMAIR) et la Compagnie
Minière d’Akouta (COMINAK).
Contrairement à ce que prévoient les normes internationales en vigueur et le droit du Niger, les populations Touaregs, sur le territoire traditionnel desquelles ces mines ont été exploitées,
n’ont jamais été consultées et n’ont jamais été à même de donner leur consentement préalable, libre et éclairé à ces activités minières. Les impacts de l’exploitation de l’uranium sur la
population autochtone Touareg ont été multiples :
• problèmes sanitaires majeurs liés à la pollution radioactive
• contamination du sol et de la ressource en eau vitale pour les populations
• destruction des espaces naturels et de la faune
• spoliations territoriales, déplacements forcés sans indemnisation
• atteinte au mode de vie et à la culture Touaregs
Plus récemment, la quasi-totalité des zones de pâturage et des zones aquifères des Touaregs ont été données en concession à des sociétés minières, dont AREVA, qui s’est vu octroyer des droits
d’exploitation sur le nouveau gisement d’Imouraren, pour en faire la plus grande mine d’uranium à ciel ouvert du monde. La première pierre du complexe a été posée le 4 mai dernier.
L’ensemble de ces facteurs est en partie à l’origine de la rébellion Touareg.
À cela se sont ajoutées les multiples violations des droits de l’homme perpétrées par les forces armées du Niger à l’encontre de la population civile Touareg : exécutions extrajudiciaires,
tortures, déplacements forcés, destructions de biens nécessaires à la survie de la population civile, etc.
Les conditions de vie auxquelles sont soumises les populations Touareg du Nord Niger sont aujourd’hui de nature à entraîner à plus ou moins long terme leur destruction totale ou partielle.
Les faits poursuivis :
C’est dans ce contexte que, lors d’un colloque organisé le 21 octobre 2008 à Paris par le MEDEF sur le thème Garantir « la sécurité économique », en présence de nombreux chefs d’entreprises et de
Madame Michèle ALLIOT-MARIE, ministre de l’Intérieur, la Société AREVA et Monsieur Thierry d’ARBONNEAU Directeur Protection du Patrimoine et des Personnes d’AREVA ont invité publiquement le
Gouvernement français à donner aux autorités nigériennes les moyens militaires « de mater la rébellion des Touaregs, ces hommes en bleu qui font rêver les hommes et chavirer le coeur des femmes
mais ne sont qu'une illusion ».
Ces propos, dans un contexte déjà dramatique, en revenaient à nier l’existence même et, a fortiori, les droits de la population Touareg du Nord Niger. L’ASSOCIATION ALHAK-EN-AKAL, émanation de la
société civile Touareg du Niger, Monsieur Boutali TCHIWERIN, ancien infirmier Touareg d’Areva, et l’Association MENSCHENRECHTE 3000 E.V ont, dans ces conditions, cité à comparaître devant le
Tribunal Correctionnel de Paris la Société AREVA et Monsieur Thierry d’ARBONNEAU pour avoir commis le 21 octobre 2008 à Paris les faits de provocation à la discrimination, à la haine ou à la
violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, faits prévus et réprimés par les
articles 23 et 24 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881.
Par ailleurs, l’Association ALHAK N’AKAL vient de déposer une requête contre la République française devant le COMITE POUR L’ELIMINATION DES DISCRIMINATIONS RACIALES DES NATIONS UNIES à raison de
l’activité d’AREVA au NIGER.
Il est demandé au Comité, dans le cadre de sa procédure d’intervention d’urgence, d’enjoindre notamment à la France :
a) d’imposer à sa société AREVA la réalisation d’une étude d’impact « droits de l’homme » dans le cadre de tout nouveau projet minier au Niger et notamment dans le périmètre de la concession
d’Imouraren ;
b) d’imposer à sa société AREVA de respecter le principe du consentement préalable, libre et éclairé, des populations autochtones avant toute nouvelle exploitation dans la région du Nord Niger
;
c) d’interdire à sa société AREVA toute nouvelle exploitation sur les terres et aires de pâturage nécessaires aux populations autochtones touarègues et sur lesquelles ces dernières n'auraient pas
consenti au développement d’activités minières ;
d) d’assurer une compensation équitable aux populations autochtones touarègues privées de l’usage des zones de pâturage incluses dans le périmètre des concessions ;
e) d’assurer une compensation équitable des impacts environnementaux sociaux et culturels de l’ensemble des sites miniers d’AREVA et de ses filiales subis par les populations autochtones
touarègues ;
f) d’assurer un encadrement de ses sites miniers et de ceux de ses filia les, de nature à empêcher que le « développement » de l’activité de sa société AREVA ne nuise à la santé, à
l’environnement, à la culture et aux conditions de vie des Touaregs ;
g) de cesser tout soutien direct ou indirect aux auteurs de crimes contre l’humanité perpétrés à l’encontre des populations touarègues.
Cette action se fonde sur l’Observation Générale n° XXIII du Comité pour l’élimination des discriminations raciales et sur la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples
Autochtones.
Pour appuyer l’action engagée et centraliser la communication, le comité de soutien Alhak (le droit) a été créé, avec pour porte-parole Moussa Bilalan Ag Ganta.
Ses représentants seront à votre disposition après l’audience pour répondre à vos questions.
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Dimanche 11 janvier 2009 à 21.30 (exclusivité soirée) sur France 5
Niger : la bataille de l'uranium
Au nord du Niger, dans une région de plaines désertiques où est implantée Areva, le fleuron français de l'industrie
nucléaire, les Touareg ont pris les armes.
Leurs revendications : un partage équitable des revenus issus de l'extraction d'uranium et des conditions d'exploitation du minerai qui respectent
leur mode de vie, leur santé et leur environnement.
Enlèvements, attaques de garnisons, blocages d'axes routiers névralgiques : ce sont les seuls moyens de pression dont disposent les rebelles touareg du Mouvement des Nigériens pour la
justice (MNJ) pour exiger du gouvernement de Niamey une répartition équitable des revenus uranifères. Exploitées depuis quarante ans par la firme française Areva, numéro un mondial du
nucléaire, les mines d'uranium du nord du Niger constituent une manne économique pour le sud du pays. Quant aux Touareg et aux 80 000 âmes de la ville d'Arlit, à proximité des sites
d'extraction, ils ont « gagné la poussière, la radioactivité, plus de pollution et plus d'atteintes à l'environnement », selon Moussa Tchangari, un militant associatif.
Eau, air, sols : un lourd tribut
De fait, l'eau des puits est polluée par l'acide sulfurique utilisé dans le traitement de la pierre. L'air est chargé de poussières de minerais hautement
radiotoxiques. Enfin, des matériaux irradiés récupérés par les mineurs se retrouvent dans les charpentes des maisons, les voitures ou les ustensiles de cuisine. En dépit de preuves tangibles,
l'absence de dépistage ne permet pas d'établir l'ampleur de la contamination à l'uranium de la population. Surplombant les activités minières, les vergers de la région agricole de l'Aïr,
classée au patrimoine mondial de l'humanité, sont également menacés. Tandis que le gouvernement étend les zones de prospection sans consulter les Touareg qui y vivent, le président du MNJ,
Aghali Alambo, appréhende la sédentarisation à laquelle est contrainte sa communauté. « Le nomadisme, c'est notre culture, explique-t-il. Ces gens n'ont pas l'habitude de payer l'eau, le
bois, l'électricité. Dans les villes, tout est payant. Et s'ils n'ont pas de travail, il faut qu'ils demandent la charité devant tout le monde. Et ça touche la crédibilité de notre
culture. »
Gaëlle Gonthier
Durée 47'
Réalisation Nahan Siby, Frédérique Denis et Stéphane Manier
Production France 5 / Galaxie Presse
Année 2008
voir sur "France
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