Le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ) a, à maintes occasions, attiré l’attention des partenaires miniers de notre pays à se méfier des encouragements du
gouvernement actuel du Niger qui les pousse à tomber dans son piège et, à comprendre l’impossibilité, dans le cas présent, de s’adonner à des activités d’exploitation de ressources de
notre sous-sol.
Pour démontrer son pouvoir d’aller où il veut, quand il veut et d’y faire ce qu’il veut, le Mouvement des Nigériens pour la Justice vient d’en faire la
démonstration au Peuple Nigérien, à la communauté internationale et aux partenaires miniers du Niger, en allant courant cette nuit du 21 au 22 juin, à la COMINAK (Arlit).
Nous rappelons ici que cette opération commando n’a pour seul objectif que de ramener à la réalité les partenaires miniers de notre pays qui semblent plus écouter
les illusions et fantasmes du gouvernements actuel du Niger qui dit pouvoir leur assurer la garantie de travailler dans cette situation de conflit qui nous oppose à lui au lieu, de prendre à sa
juste valeur la gravité de la situation.
Nous rassurons les nigériens, les pays amis dont sont ressortissants les personnes responsables de la COMINAK (revenues à notre base avec
notre commando afin que le MNJ leur explique de vive voix notre position et les raisons qui la sous-tendent), les familles de ces personnes et la communauté internationale que
ces personnes ne courent aucun danger de la part du MNJ qui d’ailleurs les remettra dès aujourd’hui à la Croix rouge si cela lui convient, pour les ramener dans leurs
familles.
Une fois encore le MNJ interpelle les sociétés intéressées à aider notre pays à exploiter ses ressources minières, de regarder la réalité
telle qu’elle est, de cesser de vouloir succomber aux mensonges qui leur sont distribués quotidiennement par le pouvoir en place dans notre pays et donc, d’arrêter de poser des actes qui ne
peuvent être interprétés que comme de la provocation à l’endroit du Mouvement des Nigériens pour la Justice.
Signé,
Aghali ALAMBO,
Président du Mouvement des
Nigériens pour la Justice (MNJ).
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Sur
LIBERATION
Quatre cadres français travaillant au Niger pour le groupe nucléaire Areva ont été enlevés, hier, par des rebelles touaregs du MNJ
(Mouvement des Nigériens pour la justice). Selon un porte-parole du groupe français, il s’agit de trois hommes - un directeur d’exploitation et deux de ses collaborateurs - et d’une femme, une
géologue, âgés de 30 à 50 ans.
Les rebelles affirment les avoir enlevés alors qu’ils effectuaient un jogging en plein centre-ville d’Arlit (nord du Niger), une région
stratégique où Areva exploite des mines d’uranium depuis quarante ans. Celui-ci alimente près du tiers des centrales nucléaires françaises.
«En bonne santé». Hier soir, le MNJ, en conflit ouvert avec le régime de Niamey depuis début 2007, s’est voulu rassurant,
promettant de relâcher ses otages au plus vite. «Ils sont en bonne santé et sont arrivés à notre camp. Nous ne demandons rien pour leur libération. Nous voulons faire passer le message au
gouvernement [nigérien]qu’il est impossible de faire quoi que ce soit en matière de prospection et d’exploitation avant le règlement des problèmes dans le nord du pays», a
expliqué à l’AFP le chef du MNJ, Agali Alambo.
Sur son site (1), le MNJ dit vouloir adresser un avertissement aux compagnies minières qui opèrent dans le nord du Niger avec
l’assentiment du pouvoir. Les rebelles touaregs ont toujours affirmé avoir pris les armes contre le pouvoir central pour l’obliger à respecter leurs droits. Le MNJ, dont l’émergence a coïncidé
avec la hausse des cours mondiaux de l’uranium et un net regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire, reproche au gouvernement de confisquer cette rente à son seul profit. De son côté, le pouvoir
de Mamadou Tandja qualifie les hommes du MNJ de «trafiquants de drogue», leur déniant toute motivation politique. En avril, Niamey a proposé l’ouverture de négociations avec les rebelles
touaregs à condition qu’ils déposent les armes.
Le fait qu’Areva serve de canal pour porter ce message ne manque pas d’ironie. Il y a quelques semaines, Paris s’inquiétait en effet de
l’attitude des autorités locales à l’égard d’Areva, notant que le régime distribuait à tout va les nouveaux permis d’exploration à des compagnies étrangères… sauf au groupe français. Des
entreprises chinoises, canadiennes ou encore sud-africaines ont récemment fait irruption sur la scène locale.
«Double jeu». L’utilisation des Français comme messagers pourrait, paradoxalement, renforcer la conviction de certains «durs»
dans l’entourage du président Tandja sur un possible «double jeu» d’Areva au Niger. En 2007, Niamey avait expulsé deux responsables du groupe, soupçonnés de collusion avec les rebelles. Paris
avait alors dû réaffirmer, à plusieurs reprises, son soutien au président Tandja, et accepter une révision à la hausse du prix d’achat de l’uranium.