Les Nations-Unies mettent à la disposition du Niger un avion du service humanitaire
Vol inaugural, hier, en destination d'Agadez
La ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, SEMme Aïchatou Mindaoudou, a conduit, hier 12 juin 2008, une délégation à Agadez, dans le cadre de
l'inauguration du premier vol d'un avion du service humanitaire des Nations- Unies mis à la disposition de notre pays, indique un communiqué émanant de la Direction des relations publiques et de
la communication du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération.
Etaient dans la délégation outre la ministre, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies pour l'Afrique de l'ouest et du centre, M. Said Djinnit, la coordonnatrice du
système des Nations-Unies au Niger, Mme Khardiata N'Diaye et plusieurs représentants des missions diplomatiques et organismes des Nations-Unies accrédités au Niger.
A Agadez, indique le communiqué, la ministre et la délégation qui l'accompagne ont reçu un accueil des grands jours, rehaussé par la présence du gouverneur Abba Malam Boucar, de plusieurs
responsables administratifs et coutumiers, ainsi que des élus locaux. Au cours d'une réunion qui a regroupé la délégation et les responsables régionaux, le gouverneur Abba Mallam Boucar s'est
réjoui du choix d'Agadez pour accueillir ce premier vol, avant de présenter sa région qui, en dépit du banditisme armé, connaît un bon fonctionnement de ses institutions administratives.
La ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, s'agissant justement de ce banditisme armé, a rappelé la position de SEM Mamadou Tandja, Président de la République, Chef de l'Etat. Le
Niger, a-t-elle dit, est un état démocratique, et donc ne saurait accepter qu'un groupe de citoyens prenne les armes pour quelque raison que ce soit.
Evoquant le premier vol du service humanitaire des Nations-Unies, objet de cette visite de la délégation ministérielle, la coordonnatrice du Système des Nations- Unies, Mme Khardiata N'Diaye, a
souligné que l'obtention de cet avion a été rendue possible grâce aux efforts déployés par la ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, pour avoir facilité toutes les démarches
administratives liées à ce service”, précise la même source. “Mme N'Diaye qui a ajouté que le PAM va assurer la gestion technique et opérationnelle de l'avion sous la supervision du Système des
Nations Unies, a situé les objectifs et avantages du vol humanitaire des Nations- Unies : il permettra de faciliter des missions conjointes avec les partenaires par un gain de temps, d'assurer la
liaison entre l'Afrique de l'ouest et l'Afrique centrale, de transporter des articles non alimentaires utiles aux projets, d'effectuer des interventions plus rapides en cas d'urgence
(inondations) et d'apporter ainsi une assistance à temps aux personnes sinistrées, et enfin de réduire de façon significative le temps de voyage et les coûts y afférents. La délégation
ministérielle a regagné Niamey en fin de matinée”, conclut le communiqué.
N°1291 Sahel Dimanche
Anna Bednik-Le Monde Diplomatique-Juin 2008
Bataille pour l’uranium au Niger
Le 15 mai 2008, la Cour suprême du Niger a rejeté la demande de remise en liberté provisoire de Moussa Kaka, correspondant de Radio France
Internationale. Le journaliste est incarcéré depuis huit mois en raison de ses contacts avec la rébellion touarègue. En février 2007, celle-ci a en effet repris les armes pour réclamer un plus
juste partage des revenus de l’uranium. Quelque quatre-vingt-cinq militaires ont déjà trouvé la mort dans la région d’Agadez, où opère le groupe nucléaire français Areva.
PAR ANNA BEDNIK
« Si la lutte est la seule voix qui puisse être entendue, tel est notre choix », annonce le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) (1), formation à
majorité touarègue qui, douze ans après les accords de six du 24 avril 1995 entre le gouvernement et une première rébellion armée, a repris le combat contre le pouvoir central. S’étendant jusqu’à
la zone du lac Tchad, dans le sud-est du Niger, les affrontements ont débuté en février 2007 dans la région d’Agadez, au centre du pays. Composé essentiellement d’anciens rebelles rejoints en
2007 par des transfuges de l’armée régulière et par certains élus locaux, le MNJ multiplie les attaques contre des sites militaires et des symboles de l’Etat.
Pour lire la suite cliquez sur le lien
Le Monde Diplomatique, juin
2008
CAUCUS AFRICAIN, IPACC (Indigenous Peoples of Africa Co-ordinating Commitee), l’Internationale Touarègue
Intervention du Président de l’Internationale Touarègue à la 7eme session de l’Instance Permanente des Nations Unies sur les questions autochtones
New York – 29 avril 2008
Merci Madame la Présidente,
Chers experts, membres de l’Instance Permanente,
Chers sœurs et frères autochtones,
Chers participants,
C’est un grand honneur pour nous de participer à cette 7ème session de l’Instance Permanente des Nations Unies sur les questions autochtones ;
C’est avec beaucoup d’émotion que nous nous retrouvons et échangeons les informations entre différentes délégations d’organisations autochtones ;
Et c’est avec solennité que je vous informe de la situation de populations touarègues au Mali et au Niger :
Depuis les indépendances en Afrique de l’Ouest, le peuple Touareg a été marginalisé et exclu du processus de découpage territorial et de formation des
Etats.
A la veille de la décolonisation, la puissance coloniale n’a pas restitué au peuple Touareg son territoire malgré la demande des chefs de confédérations. C’est
ainsi que les Kel Tamasheks (les Touareg) se sont retrouvés repartis entre cinq Etats.
De ce fait ils n’ont plus de voix et ont perdu le droit à disposer d’eux même.
Plusieurs rebellions ont ponctué l’histoire des Touaregs depuis l’occupation de leur territoire, la désorganisation de leur société et leur
marginalisation.
Des conflits ont éclaté au Mali en mai 2006 et au Niger en février 2007 entre des mouvements de rebellions et les autorités de ces Etats. Ces conflits internes
reposent à nouveau dans ces pays la question fondamentale de l’aspiration des peuples à plus de justice et de leur participation effective à la vie nationale.
Outre les aspects de politique intérieure et de justice qui ne seront pas développés devant cette instance, le Niger a lancé un programme intensif d’exploitation et
d’exploration d’uranium en pays touareg sans consultation préalable des populations autochtones.
Apres la colonisation, reconnue pour avoir été une véritable machine économique, qui a déchiqueté leur territoire, les Touareg ont aujourd’hui à subir les effets de
la mondialisation.
Nous pensons que ce processus va conduire cette fois-ci à la disparition d’un mode de vie ancestral adapté à l’environnement, à la perte de compétences, d’une
pensée et d’une démarche intellectuelle spécifiques aux peuples nomades, d’une représentation d’un univers dynamique équilibré oscillant entre le connu et l’inconnu ; et cela, parce qu’un certain
nombre de sociétés industrialisées et émergentes recherchent la durabilité de leur appétit de consommation, la conservation de leur mode de vie ou souhaiteraient atteindre un niveau de
développement par application d’un modèle aujourd’hui controversé.
Ce processus est accentué par l’état de mise en garde décrété par le Niger sur une partie du pays touareg.
Depuis un an, l’armée s’en prend aux populations civiles par des exactions, des crimes, des arrestations et emprisonnements arbitraires. Il y a eu au moins 60
morts civiles touarègues depuis le début des conflits. 77 prisonniers civils touaregs et un journaliste sont arbitrairement détenus, les premiers depuis aout 2007.
Du cheptel, patrimoine des peuples nomades, est décimé, des villages sont saccagés et brulés.
Au Mali, les affrontements entre rébellion et armée régulière dans la Région de Kidal ont provoqué des réactions de vengeance ayant conduit à des massacres :
l’armée a exécuté sauvagement un de ses soldats touareg ; un citoyen touareg a été exécuté de la même façon entrainant ainsi la crainte de répressions collectives de population touarègues de
‘‘teint clair’’. La majorité de la population de Kidal, essentiellement femmes et enfants, ont fui dans le désert, sans provision. Certains ont regagnes les frontières voisines à pied.
Ces répressions amènent les populations touarègues à se refugier à l’extérieur de leur pays d’origine.
Madame La Présidente,
Considérant le processus international de promotion de protection des peuples autochtones, la déclaration des droits des Peuples Autochtones, la convention 169 de
l’OIT, le rapport de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et Peuples en Afrique sur les droits des Peuples Autochtones et Minorités et face à une situation qui s’aggrave tous les jours
sur le terrain, nous demandons de toute urgence à la communauté internationale, aux agences des Nations Unies et aux organisations internationales de mesurer la gravité de la situation que vivent
les populations autochtones touarègues au Mali et au Niger et de faciliter la promotion d’une paix durable basée sur le respect des droits des peuples autochtones.
Nous appelons à :
- L’arrêt des crimes, exactions, emprisonnements et de la mise en garde
- La libération des prisonniers d’opinion
- Une trêve
- L’arrêt et l’annulation de toutes les ventes de permis d’exploitation et d’exploration au Nord du Niger
Nous demandons :
- La mise en place d’une commission d’enquête indépendante sur les crimes
- Le jugement des auteurs de crimes devant une cour internationale
- La réparation de tous les préjudices
- La tenue d’un forum international sur les conflits au Nord Niger et Mali, s’appuyant sur la déclaration des Nations Unies pour les droits des Peuples Autochtones
et avec la participation des organisations autochtones.
Nous associons à notre appel le cas du peuple pastoral Parakuiyo de Tanzanie qui subit également plusieurs tentatives d’évictions, dont la dernière a entraine la
perte de 320 000 animaux.
Le Président de l’Internationale Touarègue
thomas.fortune@wanadoo.fr
Entraide Protestante de Livron
84 avenue Léon Aubin 26250 LIVRON sur Drôme
à
Reporters sans Frontières
Messieurs,
Bravo pour vos actions spectaculaires en faveur de la défense des Droits de l'Homme en Chine et de votre soutien au peuple tibétain. Ces actions
commencent à porter leurs fruits. Nous approuvons vos combats pour la liberté d'informer partout dans le monde.
Nous étions présents à Valence lors de votre engagement pour la libération des journalistes (dont l'un drômois) arrêtés et emprisonnés au Niger. Dans ce
pays nous nous sommes investis dans une action humanitaire pour la réhabilitation d'une école publique pour enfants touaregs à Tamazalak (à 100 km au Nord d'Agadez). Vous devez savoir
ce qui se passe dans cette région. Comme au Tibet aucun journaliste, aucune image pour témoigner des atrocités commises (les chinois sont aussi présents dans cette région).
Aucune raison économique ne peut justifier la barbarie. Le journaliste Nigérien est toujours en prison.
S'il vous plait agissez comme vous savez si bien le faire, avant qu'il ne soit trop tard, pour que l'on parle Niger et de cette terrible répression.
Nous ne pouvons pas laisser disparaître les Touaregs et leur culture.
Nous comptons sur vous pour ce combat,
Merci
Pour le Conseil d'administration,
Le Président, Marc Terrasse
Halte au massacre du peuple touareg par l’armée nigérienne
Rassemblement de soutien et de solidarité, le samedi 19 avril 2008 au Trocadéro à 14h00
Afin de dénoncer les exactions auxquelles se livre l’Etat nigérien dans le Pays touareg, et pour exprimer leurs soutien au peuple touareg en lutte, trois
organisations de l’Hexagone, L’Internationale Touarègue, France Libertés et Tamazgha appellent à un rassemblement le samedi 19 avril 2008 à 14h00 sur
le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro à Paris.
Rejoignez les organisations et participez au rassemblement du 19 avril pour dénoncer :
-
l’état de « mise en gade » décrété en Pays touareg par l’Etat nigérien ;
-
les exactions sur les populations civiles touarègues ;
-
les détentions arbitraires et sans jugements ;
-
les déportations d’Agadez aux prisons du sud ;
-
les liquidations extrajudiciaires.
Exiger :
-
l'arrêt de la mise en garde en pays touareg ;
-
la libération de tous les prisonniers d’opinion ;
-
une enquête sur les crimes et exactions commises par l’armée nigérienne ;
-
le jugement des auteurs des crimes et exactions par une Cour de Justice Internationale ;
-
la réparation de tous les préjudices.
Et demander :
-
A la communauté internationale de se mobiliser aux côtés du peuple touareg contre une injustice récurrente subie depuis des décennies ;
-
Aux organisations internationales, aux Etats et aux élus de prendre leurs responsabilités en sortant d’un silence complice ;
-
Un moratoire sur l’attribution de licences d’exploitation et d’exploration en pays touareg.
Toutes et tous au rassemblement de soutien et de solidarité avec le peuple touareg
Le samedi 19 avril 2008 à 14h00
Parvis des Droits de l’Homme (Trocadéro – Paris)
Pour avoir les infos complètes voici un lien pour le tract en version PDF
De notre correspondant à Agadez
-"Un camion civil a sauté sur une mine sur l'axe Tamazlak : 4 morts sur place et beaucoup de blessés."
-M. Mohammed Ben Ommar a été auditionné cet après-midi par le groupe d'amitié France-Niger de l'Assemblée nationale présidé par Marc Vampa, député Nouveau Centre de l'Eure (suppléant du ministre de
la défense).
Vous pouvez contacter les différents membres de ce groupe.
adresse de ces personnes en cliquant ici
Groupe d'amitié France-République du Niger