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DÉCLARATION DU COMITÉ D’ORGANISATION POUR LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA QUESTION TOUARÈGUE

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DÉCLARATION DU COMITÉ D’ORGANISATION POUR LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LA QUESTION TOUARÈGUE


En 1885, les puissances coloniales décident de partager l’Afrique et de tracer des frontières correspondant à leurs territoires d’influence.
 Le pays touareg est alors réparti entre cinq Etats (Libye, Algérie, Niger, Mali et Burkina Faso) en dépit de la demande faite par les notables touaregs de restitution de leur pays. Cette répartition a eu pour première conséquence le démembrement des Touaregs en constituant des minorités, en marge géographique de chacun de ces Etats.
Les différentes révoltes et le refus systématique des Touareg de scolariser leurs enfants ont eu notamment pour conséquences l’accentuation de cette marginalisassions de ce peuple depuis l’émergence du monde dit « moderne et développé ».
 Nomades ou sédentaires, les Touaregs, difficilement contrôlables, dérangent les Etats issus de la colonisation qui tentent de modifier leur mode de vie, celui-ci étant peu compatible avec le développement d’une économie capitaliste et contrôlée.
 Le programme accéléré de développement de l’exploitation de l’uranium en est un exemple : celui-ci est basée sur le profit rapide, sans consultation des populations et au détriment de l’humain et de son activité familiale ancestrale et de l’environnement.
Près de cent ans après, dans les années 90, avec le constat d’une décroissance démographique régulière, après avoir subi dix ans auparavant la disparition de la quasi-totalité de leur cheptel, et écartée dans la gestion de leur région, une partie de l’élite Touarègue prennent les armes. Cette rébellion, qui durera cinq ans, se soldera par des accords de paix.
 En février 2007, devant les difficultés à obtenir l’application intégrale des accords de paix (face à une fin de non recevoir en provenance) du Pouvoir central de Niamey, de nombreux Touaregs, qui réclamaient, notamment, l’application de ces accords de paix, se regroupent au sein d’un nouveau mouvement de résistance baptisé Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ).
Ce mouvement, à majorité touarègue, comprend d’autres Nigériens et groupes ethniques différents, se reconnaissant dans les revendications touarègues. Depuis cette date, des actes de violence, perpétrés de part et d’autre, ont causé la mort de populations civiles vivant au nord du pays. Cette région, mise sous « état d’urgence » par les autorités, est le théâtre d’exactions de toutes sortes perpétrées par les Forces Armées Nigériennes, exclusivement en direction de la population touarègue : destruction de bétail, exécutions sommaires, pose de mines, déplacements de populations, arrestations et détention arbitraires, presse muselée.
De plus, des témoignages directs font état de graves menaces de viol sur les femmes touarègues, procédé habituel pour faire disparaitre une ethnie.
Par ailleurs, les populations touarègues du Mali subissent également des injustices contre lesquelles un mouvement rebelle s’est également dressé.

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  Les organisations signataires ci-dessous dénoncent :
- les Etat Nigérien et Malien pour leur non respect des accords de paix signés en 1995 ;
- l'exclusion des cadres touaregs dans l'administration locale et régionale
- le régime de la propriété foncière et les conditions de l’occupation de l’espace pastoral
- Le recrutement dans l'armée et les bourses aux étudiants assis sur des critères tout sauf équitables.
- tout particulièrement l’Etat Nigérien pour les exactions qu’il commet sur les populations civiles du Nord Niger ;
- la complicité de la communauté internationale, notamment celle de la France, des Etats-Unis et de la Chine dans leur silence face au drame que vivent les populations civiles victimes du conflit ;
- la politique de non contrôle d’Areva sur les impacts néfastes au regard de l’environnement de l’exploitation de leur mine d’Arlit et des conditions de travail des employés ;

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 Les organisations signataires ci-dessous demandent :
- la cessation immédiate des hostilités et de l’état d’urgence,
- la cessation des exactions militaires
- la nomination d’une commission d’enquête sur toutes les exactions commises par l’armée nigérienne sur les populations civiles ;
- une résolution urgente et paisible du conflit par la voie du dialogue ;
- la remise des coupables devant un tribunal indépendant ;
- le respect des conventions internationales, de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la Convention de Genève;
- la libération des civils arrêtés arbitrairement et incarcérés ainsi que celle des journalistes et le rétablissement de la liberté de la presse ;
- qu’une étude indépendante soit menée sur les conséquences de l’exploitation uranifère sur l’environnement (eau, air, sol, faune et flore), sur l’ensemble de la chaine alimentaire, et sur les habitants de la région et sur leur santé ;
- la cessation d’attribution de nouveaux permis d’exploitation et la restitution aux populations touarègues de leurs territoires conformément à l’article 10 de la déclaration des Nations Unies du 13 septembre 2007 sur le droit des peuples autochtones ;
- la nomination immédiate de cadres touaregs dans l’administration locale et régionale
- la nomination d’une commission locale d’étude sur les termes d’un nouveau code pastoral
- l’application des accords de 1995 et la négociation d’un nouvel accord ou programme en raison des enjeux économiques, fonciers et sécuritaires de la zone nord Niger
- un statut particulier de la zone Nord.
ET EXPRIMENT LEUR SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE TOUAREG EN LUTTE POUR : LE RESPECT DE SES DROITS ET DE SA DIGNITÉ LA REAPPROPRIATION DE LEURS TERRES

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