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occitan-touareg

/MNJ/NIGER/Communication de Monsieur Ahmed Akoli 23/06/2008

Communication de Monsieur Ahmed Akoli

Ahmed AKOLI

Secrétaire politique du
Mouvement des Nigériens pour la Justice                           

(MNJ) sur la situation du peuple touareg au Niger .

Depuis un peu plus d’un an et demi un conflit armé s’est déclenché au Niger opposant l’Etat au Mouvement des Nigériens pour la Justice MNJ.  Il résulte des frustrations et privations  subit par les populations du nord. Leur  conditions socio économique précaires se sont aggravées avec l’état d’urgence décrété depuis neuf mois par l’Etat qui refuse d’accéder aux revendications du mouvement.

Cet Etat mène une politique qui dépossède ce peuple de son bien collectif, sa terre, berceau de sa civilisation, moyens séculaire de sa subsistance. Il accorde plus d’une centaine de permis d’exploitations à des multinationales dont une partie est composée de chinois ou leurs sous-traitants pour exploiter l’uranium et d’autres richesses du sous sol. Une course effrénée est engagée par les dirigeants politiques pour dilapider ces espaces de pastoralisme sans aucune référence au droit des peuples autochtones.
 Les sociétés minières  qui exploitent pour certaines depuis plus de quarante ans l’uranium, en premier AREVA, ne recrutent guère parmi les ressortissants de ces régions et ne font rien pour les former. Ils polluent l’environnement traitant avec arrogance les populations locales et s’allient les faveurs d’un pouvoir despotique et anachronique qui prétend les protéger, alors que c’est du leurre. Cette région ne pourra être sécurisée sans avoir à associer les ressortissants de ce Sahara qui en sont les ayants droit qui doivent faire parti d’une armée véritablement nationale. Les populations ne demandent qu’à ce que l’Etat du Niger s’il vend l’uranium reverse une partie au moins à la région d’Agadez pour faire face aux besoins de ses populations qui sont très pauvres.
Il serait naïf voire aberrant pour ces sociétés minières de croire qu’ils vont continuer à exploiter les richesses minières de la région du Nord  et faire l'économie de régler le problème politique posé par le MNJ. Une armée qui n’est pas le reflet des composantes nationale avec en son sein des ressortissants de cette zone saharienne, ne peut même pas assurer sa propre sécurité à fortiori celle des installations minières dans la région

Les agents de ces sociétés minières, en grande partie venus des régions sud, au lieu de travailler en symbiose avec ceux de la région nord en toute fraternité, ont préféré mettre en place une doctrine rodé, soutenue et parrainé par les institutions d’Etat qui visent  à réduire les chances d’épanouissement de cette communauté, polluant à outrance l’environnement de la région. Depuis des décennies, il planifie et dicte aux sociétés les comportements à observer vis-à-vis de ces populations pour mieux les marginaliser de maniére lente et programmée.

L’Etat cherche à vendre aujourd’hui un discours sur la démocratie plein d’illusion, mais œuvre pour faire perdre à cette population, la possibilité de transmettre sa langue, instrument de liberté à ses enfants, sa culture, son identité, son histoire, son mode de vie. Cela n’est nullement le résultat d’une évolution naturelle, mais le fruit d’une manipulation politique délibérée.

Devant le refus de l’Etat de responsabiliser les populations locales dans le cadre d’une décentralisation effective et aider à promouvoir le développement de cette  région, ce  peuple du nord s’est trouvé dans l’obligation de lutter légitimement contre cette oppression.  La junte à la tête de l’Etat  douée dans la mafia et la contre bande dans ces régions, ne cherche en vain qu’à confronter les communautés pour mieux occulter les questions de justice qui lui sont posé.

 L’armée  qu’il envoie couvre ce trafic, en profite et exécute des vieillards innocents sur la base de leur origine ethnique dans des campements  qu’il brûle au lieu de les protéger.

Au Niger, la démocratie, c’est de l’arnaque car aucun journaliste comme les autres nigériens d’ailleurs n’osent dénoncer des injustices dans les médias si elle touche à la région nord. A l’assemblée nationale c’est du théâtre qui a pour finalité l’enrichissement illicite ou on régle des comptes personnels,les amis d’hier sont devenus des ennemis. Sa représentativité laisse à désirer,  car il n’y a pas un juste équilibre des communautés à l’assemblée ne prenant en compte que la démographie au détriment des identités et des surfaces des territoires. Le conflit actuel doit être perçu aussi comme l’échec du système de représentativité actuel  qui doit s’amender.

Ces communauté sont dépouillées de manière illégitime de la réalité de leurs pouvoirs.
Il faut rééquilibrer les quotas par région, mais aussi en fonction de composantes nationales, de l’immensité de territoire et de la démographie. Il est aussi possible de créer un Sénat qui s’occuperait de l’équilibre des composantes dans l’Etat et la question de compétitions qui existe entre éleveurs et agriculteurs.  Elle touche la question du foncier, du mode d’administration des communautés et de l’accès juste et équitable au moyens de l’Etat alors que ces question sont généralement traité par les députés sur une base des sentiments identitaires grégaires. Ils ne décrètent que des lois injustes et discriminatoires à l’endroit de certaines composantes  nationales et pour mieux les assujettir.

Ainsi par exemple la région d’Agadez capitale de l’AÏR n’a jamais étée administré durant  des décennies par ses populations mais plutôt par celle venues  d’ailleurs à commencer par le gouverneur, son adjoint, les directeurs centraux, les premiers responsables de la police, de la gendarmerie, de la garde républicaine, de la douane, des eaux et forets,  des trésors public, bref dans toutes les instances de décisions de la région d’Agadez. Une vérité qu’on ne peut affirmer chez nous sans être inquiété.

La population de cette région ne peut rester indifférente les bras croisés et cela révolte plus d’un et au lieu d’analyser de prendre en compte cette injustice et la corriger on la perpétue en attendant une rébellion pour stigmatiser cette région. Il y a des martyrs de cette cause, sacrifiés pour des lendemains meilleurs.  Que reste-t-il à ce peuple face à un Etat démissionnaire qui n’assume plus son rôle régalien qui traite ses composantes nationales de manière inéquitable, au plan d’infrastructures de bases tels que la santé, des routes, la formation l’emploie, l’environnement et autres.

Les mamelles de l’Etat sont destinées à certaine régions pour dominer économiquement ou politiquement ou militairement et nulle part, il n’existe de  tribune pour dénoncer cette injustice que nous subissons depuis des décennies sinon celle qui font semblant.

Il y a des vérités à se dire et des choses à solder pour créer l’équilibre nécessaire à une justice sociale pour tous au Niger. Remettre sur le tapis les tares des systèmes, lever le voile sur des crimes commis à l’endroit de la communauté touarègue sur d’autres personnes comme Baré  Mainassara qui sont resté impunies ou à tort amnistiés.

L’absence de véritable justice sociale dans cadre démocratique hante l’avenir du pays et réduit les chances de traiter en toute lucidité la question politique que pose le MNJ par rapport à la marginalisassions dont fait l’objet le peuple touareg. Nous sommes loin de ce schéma et c’est pourquoi, nous voulons régler ce problème dans un cadre international et solliciter l’implication d’autres pays comme la France qui à un rôle historique à jouer et qui exploite le minerai dans cette région et l’Algérie qui a de l’expérience dans ce domaine, pays avec lequel nous partageons la frontière. Nous avons besoin d’une paix juste et durable pour rompre avec les conflits cycliques que connaît notre pays.
Ahmed AKOLI le 23/06/2008

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