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occitan-touareg

/NIGER/ Vers une grâce présidentielle pour Moussa Kaka ?

27 Septembre 2008 , Rédigé par Papadoc Publié dans #En direct de KOUTOU KALE

En dépit d'un non-lieu prononcé par un juge d'instruction, le correspondant de Radio France Internationale (RFI) au Niger, Moussa Kaka, croupit depuis douze mois à la prison de Niamey, symbole d'une crispation entre les medias et le pouvoir. (sur TV5.org )

Interpellé le 19 septembre 2007, Moussa Kaka a été placé sous mandat de dépôt le 26 septembre pour "complicité d'atteinte à l'autorité de l'Etat" en lien avec les rebelles touareg, un crime théoriquement passible de la prison à vie.

Les autorités affirment depuis le début de l'affaire que l'arrestation du journaliste, également correspondant de Reporters sans frontières (RSF) et directeur de la radio privée Saraounya, n'a aucun rapport avec ses activités professionnelles mais qu'elle est motivée par des liens présumés avec le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), un groupe rebelle touareg apparu début 2007 dans le Nord du Niger.

Depuis l'apparition du MNJ, le Nord a d'ailleurs été interdit à la presse, considéré comme zone militaire. Deux journalistes français de la chaîne franco-allemande Arte en ont fait l'expérience: arrêtés en décembre 2007 ils ont été finalement relâchés un mois plus tard.

Pour Moussa Kaka, c'est une longue bataille juridique, visiblement teintée de politique, qui commence.

En octobre, la Cour d'appel de Niamey annule une ordonnance d'un premier juge d'instruction qui avait rejeté des enregistrements d'écoutes téléphoniques, seuls éléments à charge, l'article 22 de la Constitution garantissant le secret de la correspondance et des communications.

Ces bandes contiennent des conversations de Moussa Kaka avec des chefs du MNJ, de vulgaires "bandits armés" pour les autorités.

Rapidement, le juge est dessaisi, remplacé par le doyen des juges d'instruction, et le dossier repart à zéro en mars.

Deux mois plus tard, la Cour suprême saisie par la défense refuse la liberté provisoire.

Mais coup de théâtre: le 23 juin, le doyen des juges, un magistrat réputé pour son intégrité, accorde la liberté provisoire. Et en juillet, il délivre une ordonnance de non-lieu.

Rien n'y fait: le parquet fait appel sur toute la ligne et le 16 septembre la Cour d'appel refuse encore la liberté provisoire. Elle devrait rendre son verdict le 7 octobre sur le non-lieu.

Dans la foulée, le procureur demande de requalifier les accusations initiales en "acte tendant à nuire à la Défense nationale", passible de un à cinq ans de prison.

Ce type d'infraction n'est valable qu'en temps de guerre, a rétorqué l'avocat de la défense Moussa Coulibaly.

Plus les mois passent, plus des voix s'élèvent pour demander la libération du journaliste et dénoncer l'"acharnement" des autorités, notamment RSF, Amnesty International et des organisation de presse nigériennes.

Parallèlement, la machine diplomatique se met en marche.

En mai, le secrétaire d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie, Alain Joyandet, est reparti bredouille de Niamey. Plus récemment le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, Louis Michel, a dit éprouver un "sentiment d'injustice et de tristesse" pour le correspondant de RFI.

Le patron de RFI, Alain de Pouzilhac, s'est rendu cette semaine à Niamey pour solliciter la clémence du président Mamadou Tandja.

Et pour la première fois, la télévision officielle nigérienne a laissé entrevoir jeudi soir la possibilité d'une grâce présidentielle.

"Le procureur, le gouvernement et le président de la République peuvent bien retirer leur appel (ndlr: contre le non-lieu) et l'affaire s'éteint", a déclaré le député d'opposition Sanoussi Jackou.

Autre signe que les choses sont peut-être enfin en train de bouger: Saadou Aladoua, le juge d'instruction dessaisi au début de l'affaire, vient d'être nommé par le président Tandja au poste de doyen des juges d'instruction.

© 2008 AFP

NB : une pensée aussi pour TOUS LES AUTRES EMPRISONNES


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