occitanie/ les occitans enfin décidés à travailler ensemble ?
Il semblerait que les militants politiques occitans prennent conscience de la nécessité de travailler en bonne harmonie. Le passé montre que la division ne paie pas et que le temps des invectives et des anathèmes sont dépassés.
L'ensemble des militants et du peuple occitan ont un ennemi commun, la france et sa domination culturelle, politique, économique.
Ce n'est que uni que nous pourrons sortir de plusieurs siècles de colonisation, ainsi nous pourrons envisager un avenir organisé en fonction de nos propres besoins et non pas en fonction des besoins et des intérêts de Paris.
Ci dessous le compte rendu de Jean-Pierre Hilaire d'une des réunions qui s'est déroulée à Villeneuve sur Lot.
Pour lire l'article complet merci de suivre le lien lo lugarn-pno
Pellet Jean-Marc
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Compte rendu de la réunion du mercredi 23 juin pour la refondation de l’occitanisme à Villeneuve sur Lot
(Lot-et-Garonne.
Cette réunion est la suite d’une première réunion convoquée à Marmande en janvier dernier par David Grosclaude dont j’ai fait un compte rendu. Elle fait partie d’une
suite de réunions convoquées par les cinq conseillers régionaux du Partit Occitan, David Grosclaude (Aquitaine), Guilhem Latrubesse (Midi-Pyrénées), Gustau Alirol (Auvergne), Anne-Marie Hautant
et Hervé Guerrera (PACA) pour la refondation du mouvement occitaniste. La première a eu lieu à Rodez le 8 juin, la deuxième à Pau le 10 juin (compte rendu ci-joint), la troisième à Béziers le 17
juin (compte rendu ci-joint de Patrick Nouguier) la quatrième à Villeneuve sur Lot le 23 juin et la cinquième le même jour à Saint Flour (Cantal).
Les présents
David Grosclaude, Guilhèm Latrubesse, Rémy Roussille (professeur d’occitan), Joan-Luc Granet (P.N.O), Pèire
Boissière (Partit Occitan, président de l’IEO 47), Yves Boissière (Partit Occitan), Andriu Bianchi (IEO 47), Joan-Pèire Alari (président du P.N.O), David Escarpit (P.N.O et IEO 33), Jeanine
Cazes-Grande (P.N.O), Gèli Grande (P.N.O), Laurent Lemaître-Martin, Pontalier (Partit Occitan), Marie-Jo Maruejouls (Partit Occitan), Michel Bovard, Joan-Pau Capdecomme (radio planèta Occitània),
Claude Cuvier, Martine Borie et Jean-Jacques Bezelgues.
Soit 19 personnes dont 8 non encartées. Six du P.Oc, cinq du P.N.O
Avertissement
Ce compte rendu est personnel et subjectif. Je n’étais pas là pour représenter officiellement le P.N.O. Les échanges se sont déroulés surtout en occitan mais
je choisis d’en faire état en français.
Il est procédé à un tour de table qui donne l’occasion à chacun de se présenter aux autres. Dans son exposé introductif, David Grosclaude fait la genèse de cette
initiative et assure qu’il ne s’agit pas d’une OPA du Partit Occitan sur le mouvement occitan. Il manifeste une volonté de discuter avec les occitanistes de toutes tendances, culturels et/ou
politiques sans mettre son appartenance partisane dans la poche mais avec la volonté de la dépasser pour voir si on peut arriver à bâtir quelque chose ensemble. Il ne peut pas y avoir de barrière
entre le culturel et le politique puisque l’action culturelle occitane dans un pays comme la France est nécessairement politique. Les manifestations pour la langue occitane qui ont eu lieu
jusqu’ici étaient politiques et perçues comme telles par le monde politique hexagonal. Serem çò qui bastirem pour reprendre un slogan connu. Selon lui, en tant qu’élu, on a atteint les limites de
ce qu’on peut faire dans le système actuel. L’alliance du P.Oc avec Europe-Ecologie a permis d’avoir des élus mais ceux-ci ont du mal à peser sur les décideurs politiques pour avancer sur la
question de la langue par exemple. En outre, les régions ont des pouvoirs limités. Une région devrait pouvoir légiférer pour créer une télévision de service public en occitan. Mais quand on
s’adresse aux décideurs, on se heurte à la question : l’occitanisme, combien de divisions ? Si nous sommes l’expression d’une demande sociale, nous aurons plus de poids. Nous avons une échéance
en 2014 : les élections municipales qui nécessitent une mobilisation occitane par une organisation politique. L’occitanisme doit aussi être présent sur le terrain des conflits sociaux.
La discussion qui suit n’est absolument pas modérée (un défaut peut-être) et a tendance à prendre des chemins de traverse hors-sujet. Il est question d’autonomie et de
fédéralisme, sujet sur lequel tout le monde est d’accord finalement. Faut-il un fédéralisme français avant un fédéralisme occitan ? Et l’indépendance ?
Après être resté un certain temps à ronger mon frein sans prendre de notes, j’interviens pour recentrer le débat. Je rappelle qu’aux dernières élections régionales de 2010, le
P.N.O s’était prononcé pour une union des forces occitanes et le Partit Occitan pour une alliance conjoncturelle avec les écologistes. Je reconnais l’impérative nécessité qu’il y a à ce que le
mouvement occitan obtienne non pas 5 élus mais des centaines et cela ne pourra arriver qu’avec un mouvement très large et en réexaminant la question des alliances avec les partis et mouvement
hexagonaux. Je suis prêt, à titre personnel à en discuter. Je pose même la question suivante : si en 2014 à Agen, une des listes en lice me propose une place en position éligible comme
occitaniste dois-je y aller ?
La réponse de l’assemblée est positive. Nous revenons au véritable objet du débat qui est de trouver le dénominateur commun de l’occitanisme et de nous organiser en mouvement,
en parti ? On verra.
La question de la langue occitane est certes centrale et fait l’objet d’un consensus parmi nous mais nous devons pouvoir trouver d’autres points d’accord. Comme le remarque
justement David Escarpit, il ne peut y avoir d’Occitanie sans langue occitane. Néanmoins, une langue ne peut pas vivre dans un pays mort. Il s’agit non seulement d’affirmer l’identité du pays
occitan mais de le faire vivre économiquement. L’Occitanie d’aujourd’hui n’est plus l’Occitanie rurale que les plus anciens d’entre nous ont bien connu. Aujourd’hui elle est essentiellement
urbaine. Elle est confrontée au nouveau défi d’une immigration de masse venue du Nord et du Sud et au problème de son intégration, à la dépolitisation de sa jeunesse qui ne se reconnaît pas dans
l’offre politique traditionnelle mais dans les réseaux sociaux. Nous assistons à des manifestations d’ « indignés » chez les jeunes de plusieurs pays. Mais l’indignation n’est pas un programme
politique. Nous devons leur proposer un projet pour les accueillir. Leur dépolitisation n’est que conjoncturelle.
Sur la question des alliances, David Grosclaude remarque qu’il est plus facile de négocier quand on est fort et qu’on peut garder nos idées même si on s’allie. Il cite
l’exemple des sénatoriales au Pays basque où une alliance avec le PS pourrait permettre de faire élire un sénateur abertzale. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?
De manière générale, nous nous accordons sur le constat que dans tous les domaines, il y a un point de vue occitaniste à donner ou quelque chose à faire. Il faut continuer à
montrer à la population et aux élus que nous avons beau être des militants occitans, nous ne sommes pas des extraterrestres, nous sommes des gens normaux. Nous sommes le produit des générations
d’occitanistes avant nous.
Nous terminons ces trois heures d’échanges avec le projet d’élaborer un texte mentionnant quelques points clé sur lesquels nous sommes tous d’accord et qui pourrait déboucher
sur une convention de l’occitanisme. Ce texte serait aussi le résultat d’une synthèse de toutes les réunions. Des assises auraient lieu en octobre à Houeillès (Lot-et-Garonne) pour l’Aquitaine.
Nous restons en contact les uns avec les autres. Si d’ici 2014, nous avions un mouvement suffisamment large et fort, nous pourrions avoir beaucoup d’élus municipaux.
Conclusion
Je suis satisfait de cette réunion. Malgré les aigreurs de certains chez nous, je crois à la sincérité de David Grosclaude et à l’utilité de son projet. Je regrette
bien sûr que beaucoup de régions occitanes soient laissées pour compte pour l’instant. Je ne comprends pas, en particulier, pourquoi les deux élus du P.Oc en PACA n’ont pas encore provoqué de
réunions chez eux. Mais peut-être vont-ils le faire. Je veux rendre hommage aux non-encartés qui nous ont fait quelquefois descendre des hautes sphères et ramené aux réalités du terrain. Je
remarque avec plaisir que les militants du P.N.O ne sont plus considérés comme des pestiférés mais comme des interlocuteurs valables. L’ouverture aux autres paie plus que le repli sur soi. La
publication d’un communiqué de presse du Partit Occitan dans le dernier numéro du Lugarn a été appréciée. Ce n’est peut-être qu’une impression personnelle mais j’ai trouvé les militants du P.Oc
du Lot-et-Garonne présents plutôt en retrait par rapport à David Grosclaude.
En tout cas, mon approbation de cette démarche ne m’empêchera nullement de poursuivre en tant que co-président, la rénovation du P.N.O
Agen le 25 juin 2011
Joan-Pèire Alari (Hilaire)
