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Azawad-Mali / le retour du "Touareg" dans les médias

21 Janvier 2013 , Rédigé par Pellet Jean-Marc Publié dans #AZAWAD

Azawad-Mali / le retour du "Touareg" dans les médias

   Depuis le début de l'intervention colonialiste française au Mali, sous couvert de chasse aux terroristes, la question touarègue était momentanément passée au second plan.

Il se trouve que la "realpolitik" ne pouvait en fait se passer de ce support médiatique qu'est notre "homme bleu". Le gentil Touareg, barde, guide touristique par excellence ou nomade pour les nostalgiques nous revient en pleine figure. Au gré des informations des chaînes et radios de l'État français nous sommes censés apprendre tout des spécialistes du sahel et autres africanistes.

Je sais que, pour mes amis habitués à lire mes petits textes, je vais sembler un peu lourd mais il me semble nécessaire pour ceux qui ont la mémoire courte ou qui flanche de plus en plus, comme moi même, de rappeler quelques évidences.

Pour reprendre les dires de nos "spécialistes" il y a au  Mali des Touareg, des Arabes et des populations noires....

Refuser de donner un nom à ces populations dites noires, relève d'un racisme avéré.

Pourquoi parler d'Arabes, de Touareg et de Noirs ?

Pour nos ignares spécialistes, dont vous trouverez les noms en écoutant vos chaînes et radios préférées, sachez que les Touareg ne sont pas tous "blancs", mais que la majorité est "noire".

Les "blancs" sont les "nobles" et les "noirs" sont soit des "forgerons" soit des "iklans" que cela plaise ou non, j'assume. Mais tous sont touareg ou kel tamasheq. Ce qui fait un peuple c'est sa langue.

Pour ce qui est des "noirs" non touareg, ces gens là sont soit songhaï (djerma), malinké (bambara), peuls, haoussa (au Niger)...

Ces "noirs" appartiennent à divers peuples et c'est du pur racisme que de ne pas le reconnaître en laissant entrevoir que être noir est une appellation correspondant à un peuple unique et indifférencié. Il y aurait dans ce monde un peuple blanc, un peuple jaune, un peuple noir !

En fait nos spécialistes payés par l'État colonialiste français ne peuvent pas dire librement qu’au Mali par exemple la question de l'Azawad n'est pas un seul problème touareg. De la même façon, nos spécialistes ne peuvent pas dire qu’au Niger voisin, le nord est touareg et toubou et que le sud est haoussa et djerma (songhaï). Et oui c'est le même peuple de Gao à Niamey, la grande nation songhaï.

Pour en revenir à notre État artificiel, dénommé Mali, créé de toute pièce par les colons "français" et plus particulièrement à ce "septentrion" comme le dénomme Bamako, nous avons en fait, comme cela était enseigné à l'école, un Mali utile et un mali inutile, le même discours se retrouve au Niger voisin.

Ce Mali inutile ou Azawad est composé majoritairement de Songhaïs, de Touareg, d'Arabes et de Peuls.

Ce que j'appelle "peuple touareg" est constitué en divers groupes (fédérations) amis et ennemis.... Le "peuple touareg" est profondément divisé et cette division a été entretenue et accentuée par les colons français. Le résultat est qu'aujourd'hui nous trouvons un groupe touareg rassemblé sous la houlette d’Ansar Dine, un autre sous la Houlette du MNLA et un autre faisant allégeance à Bamako. Vous pouvez comprendre que le chemin d'une éventuelle future accession à l'autonomie (ou indépendance) n'est pas encore pour demain. Personnellement, je souhaite que la prise de conscience de cette unité réelle qu'est la "nation touarègue" arrive enfin à éclore. Mais qui a intérêt à mettre autour de la même table l'ensemble des groupements touareg ?

L'État français vient de réaliser que "reconquérir" cet Azawad est plus compliqué que prévu. Est ce vraiment le rôle de cet État que de mener une telle entreprise ?

En faisant appel au MNLA, du moins à ce qu'il en reste, Paris veut encore nous faire croire que le seul intérêt de son action militaire est la lutte contre les djhadistes, ce qui est une mascarade. De plus sachant que les anciennes milices du style Ganda koy ou Ganda izo n'attendent que l'arrivée de leurs amis "africains" et militaires du sud pour se faire un petit "barbecue touareg" (cela commence à Sévaré), et que nous savons tous par expérience que aucune armée d'intervention (appelée force internationale) ne sera capable d'empêcher ces massacres, Paris veut nous rassurer en envisageant l'intégration de membres du MNLA dans ces combats.... Quel cirque, côte à côte nos amis du MNLA encadré par les forces spéciales françaises sous commandement de l'AM (Armée Malienne) pour redonner l'indépendance à l'Azawad !...

Les Touareg (comme les Kurdes) étant à cheval sur plusieurs États, resteront des parias tant qu'un large mouvement politique ne revendiquera pas une terre "réelle". De ce territoire "réaliste" sera exclu le Burkina par exemple, de même sera exclu Gao ou Tombouctou, mais il englobera le "sud algérien" de Tamanrasset à Djanet et bien entendu les territoires de Kidal à Agadez.

La faiblesse de la revendication indépendantiste globale des Touareg les fragilise et s’ils persistent dans ce chemin ils disparaîtront. Pour vous citer un exemple flagrant, il suffit de vivre un certain temps à Agadez et vous constatez que la langue réelle de communication devient progressivement la langue haoussa...

En attendant le "grand soir" de la libération des peuples, la seule et unique solution pour stabiliser cette région du Sahel passe par une véritable reconnaissance des différents peuples qui la composent. Dans un premier temps un véritable redécoupage de type fédéral pour le Mali est nécessaire avec des régions songhaï, arabe, touarègue et avec tout ce que cela suppose (gestion économique politique sociale et les moyens financiers d'accompagnement).

Cela suppose aussi que la corruption chronique soit éradiquée à tous les échelons de l'État malien, ce qui pourra difficilement s'organiser car toute une population, du Sud majoritairement, profite de cette situation, qui plus est avec l'aide et l'absolution de tous les États soi-disant démocratiques qui s'en s'accommodent fort bien.

A vouloir conserver ces frontières débiles qui divisent les différents peuples de cette région, les soi-disant gendarmes du monde s'enlisent dans la stupidité et l'erreur. Mais faut-il rappeler que cet immense sous-sol est riche en matières premières non exploitées et que ces pays  "gendarmes"voulaient les garder en "réserve" ?

Cette période est achevée, les Chinois, les Américains, les Européens, les Africains aussi, veulent valoriser ces richesses inexploitées. Il se trouve que ces immenses territoires ne sont pas "cadastrés" donc le propriétaire c'est l'État. Le malheur des populations "nomades" c'est qu'aucun État n'a mis en place des titres de propriétés pour les éleveurs avec les conséquences attendues. C'est Niamey qui vend les concessions ou les "blocs" pour extraire l'uranium ou le pétrole et il en est de même pour l'Azawad. Les populations dites "nomades" n'existent pas.

Pour en revenir à la politique "étrangère" de cet État français dont je suis un citoyen, il n'est qu'à réécouter le discours "national impérialiste" du nouveau président, glorifiant cette France "éternelle, lumière universelle éclairant le monde démocratique" (transcription personnelle de son discours du 6 mai 2012).

Quant à l'Azawad et son impossibilité à accéder à l'indépendance au nom de l'intangibilité des frontières qui plus est pour cause de territoire multi-ethnique, merci de m'expliquer pourquoi l'Algérie a pu accéder à l'indépendance tout en étant "multiculturelle" (arabe-berbère)... Je ne vais pas reparler des Écossais, Catalans et autres Slovènes....

La vérité et la justice sont encore malheureusement des notions à paramètre fort variable et comme dit le dicton : "vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà !".

Je demande donc à Monsieur Hollande d'arrêter de parler de Paix de Justice et de Liberté.

Pellet Jean-Marc

21 janvier 2013

 

 

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