Lu Lugarn PdfARCHIVES Lu Lugarn /printemps-été/ Pdf n°97/98
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Tout doucement la Chine-Afrique va remplacer la France-Afrique et ce, sur tout le continent.
Au Niger les Chinois sont déjà bien installés et la famille Tandja baigne avec ces amis qui n'ont que faire des droits de l'homme et de la démocratie.
La Chine est prête à remplacer rapidement si nécessaire l'U.E et la CEDEAO.....
JMP
Un article sur ce thème sur Courrier International.
Pékin met le turbo sur le continent Un forum sur la coopération sino-africaine se tient depuis le 8 novembre à Charm El-Cheikh en Egypte. Il devrait confirmer la volonté des
Chinois de consolider leur position déjà forte dans cette partie du monde.
Le 4ème forum sur la coopération Chine-Afrique, ouvert le 8 novembre dans la station balnéaire égyptienne de Charm El-Cheikh, confirmera, à l'issue de ses travaux, cette forte relation de
coopération entre les deux parties.
L'élan économique, mais également politique, de Pékin pour l'Afrique est sans commune mesure ni avec les Etats-Unis, la France ou le G7+ la Russie.
Les investissements directs chinois dans le continent sont passés de 491 millions de dollars [327 millions d'euros] en 2003 à 7,8 milliards de dollars [5,2 milliards d'euros] en 2008.
Les échanges extérieurs sont passés, quant à eux, à 106,8 milliards de dollars en 2008, soit une hausse de 45 %.
La rencontre de Charm El-Cheikh, dont la déclaration finale devrait renforcer cette coopération que certains milieux en Occident assimilent au "néocolonialisme'', intervient à un moment où
l'Afrique fait face aux effets pervers de la crise financière mondiale. La Chine, dont la propre croissance économique est tirée à la hausse par ses marchés en Afrique, va ainsi débloquer, selon
le Premier ministre Wen Jiabao, 10 milliards de dollars sous forme de nouveaux prêts aux pays africains au cours des trois prochaines années.
Encore plus concret dans cette relation de coopération, le chef du gouvernement chinois a promis l'annulation de la dette de certains pays, les plus pauvres du continent.
Mieux que les promesses du G7 pour les pays les plus endettés d'Afrique, et plus directe, la Chine semble être en phase avec l'Afrique où elle compte investir énormément. "Malgré ses propres
difficultés liées à l'impact de la crise financière mondiale, la Chine s'est engagée à augmenter à nouveau son aide à l'Afrique", souligne le projet d'accord.
Pékin souhaite montrer que son intérêt pour le continent africain ne se limite pas à l'extraction de ressources naturelles. "Au cours des trois prochaines années, la Chine continuera à fournir
des prêts à taux préférentiel aux pays africains, qui serviront principalement à soutenir le développement des infrastructures et des projet sociaux." "La Chine poursuivra sa coopération avec
l'Afrique et tentera d'accroître la valeur ajoutée des ressources naturelles des pays africains et leur capacité de traitement intensif de ces ressources", poursuivent les auteurs du texte. Et
les entreprises et les grands groupes industriels chinois, mais également ceux du BTP et de l'énergie sont aujourd'hui très présents en Afrique.
Plusieurs observateurs relèvent ainsi que Pékin a opéré un sérieux toilettage de sa politique extérieure, donnant plus de mordant à sa coopération avec l'Afrique, un continent victime des enjeux
géostratégiques entre les anciennes puissances coloniales et les Etats-Unis. Mais, ni la France qui domine au centre, ni les Etats-Unis, encore moins les promesses (politiques) du G7+la Russie ne
sont parvenus à donner un réel essor économique à l'Afrique et lutté efficacement contre la pauvreté chronique de plusieurs pays du continent.
Mieux que tous les discours, Pékin a réussi à concrétiser sa coopération en s'implantant durablement dans plusieurs pays africains à travers des projets de développement ambitieux.
Pétrole et énergie au Soudan, BTP et infrastructures routières en Algérie, industries et mines dans plusieurs autres pays du continent illustrent une prédominance de plus en plus importante
des entreprises chinoises par rapport à celles d'Europe et des Etats-Unis.
En Algérie, Pékin est très présente, avec plusieurs milliers de chinois travaillant dans les différents chantiers de l'autoroute Est-Ouest et des projets d'habitat. Depuis 2000, les entreprises
chinoises ont investi plus de 15 milliards de dollars, alors que ses exportations vers l'Algérie ont atteint 2,7 milliards de dollars. Et, avec une croissance économique de presque 10 Pc par an
même en période de crise financière mondiale, Pékin reste, pour les pays africains, ce "grand frère'' d'Orient capable de subvenir aux besoins économiques de l'Afrique. Et, dans la foulée,
l'Empire aura grillé les Etats-Unis, et l'Europe qui font des droits de l'Homme un préalable politique parfois anachronique lorsque des milliers de personnes meurent chaque jour de
faim.
Merci à Tamazgha pour cet interview de M. Boudhan.
Il est à noter que les "turpitudes" de l'Etat Marocain sont du même style que l'Etat Français !
Si la "question berbère" doit rester dans le cadre "culturel", il en est de même en "France" où les Occitans, Bretons et autres doivent eux aussi rester dans le "culturel" et doivent laisser le
"politique" aux partis parisiens.
JMP
L’IRCAM représente la plus grande supercherie du vingt et unième siècle
Entretien avec Moha Boudhan
L’association "Identité amazighe" a rendu public le 4 octobre 2008 un document qui apporte du nouveau dans le paysage politique amazigh. Intitulé "Pour un Etat qui
tire son identité de la terre amazighe au Maroc", le document déplace, pour la première fois dans l’histoire du mouvement amazigh contemporain, la question de l’identité au niveau de la notion de
l’Etat et du pouvoir politique en prônant une "réamazighation" de l’Etat.
Nous avons entretenu, à ce sujet, à Selouan au Nord de Tamazgha occidentale, Moha Boudhan, l’un des membres de cette association et directeur du mensuel amazigh Tawiza.
Entretien.
Tamazgha.fr : Où en est le combat amazigh à Tamazgha occidentale ?
M. Boudhan : On peut dire, sans crainte d’erreur, qu’avec la création de l’IRCAM (Institut royal de la culture amazighe), le 17 octobre 2001,
le combat amazigh, si l’on veut continuer à l’appeler ainsi, a été "intégré" avec succès à la nouvelle "politique berbère" inaugurée par le dit institut, ce qui lui a fait, bien sûr, perdre
beaucoup de sa combativité.
En effet, le pouvoir a magnifiquement réussi à apprivoiser le Mouvement amazigh et à le vider de son contenu politique qui dérangeait énormément le pouvoir arabiste du Maroc, en lui donnant,
grâce à l’IRCAM, une orientation "culturaliste" où les revendications amazighes portent sur la culture, la langue, la poésie, les contes, la chanson, le folklore… et non sur le pouvoir
politique, qui continue à être arabe sur une terre amazighe sans être contesté par le Mouvement amazigh, avec pour corollaire l’exclusion politique permanente de l’amazighité sur sa propre
terre. Ce qui constitue l’essence de la nouvelle "politique berbère" de la "nouvelle ère" au Maroc : vous, Imazighen, "faites" la culture mais ne faites pas la politique réservée aux seuls
Arabes.
L’IRCAM, représentant la nouvelle "politique berbère" du pouvoir, a réussi donc l’apprivoisement et la "culturalisation" la de la cause amazighe, c’est-à-dire sa dépolitisation, en agissant
selon les éléments suivant :
- "Décapiter" les "têtes" du Mouvement amazigh en les nommant comme "élite royale" à l’Institut royal de la culture amazighe, avec tous les privilèges matériels et
symboliques que procure l’appartenance à une telle "élite royale".
- Le renouvellement de cette "élite royale" tous les quatre ans, incite une grande partie de militants amazighs à être "sages" en renonçant à toute revendication politique et on se contentant
des revendications "culturalistes" autorisées par la nouvelle "politique berbère", et ce dans le but de ne pas "salir" le dossier du "militant" qui aspire à être recruté un jour comme membre de
l’"élite royale" amazighe.
- Une grande partie des associations amazighes agissent de la même façon et avec la même "prudence" : paraître "sage" et "modérée" dans le but d’établir des "partenariats" juteux avec
l’IRCAM qui n’accepte comme "partenaires", parmi les associations amazighes, que celles qui ont fait preuve de leur conformité à la nouvelle "politique berbère" que supervise l’IRCAM.
- En outre, cet IRCAM joue le rôle de "courtier" qui marchande les militants et associations amazighs pour les rallier à la nouvelle "politique berbère" en les soudoyant sous couvert d’argent
alloué aux "activités" culturelles amazighes et à la "recherche" et en leur miroitant des postes de travail à l’IRCAM et des "partenariats" très lucratifs.
Tout le danger de l’IRCAM réside dans cette politique "incitative" qui encourage, usant de l’argent, les associations et militants amazighs à adhérer à la nouvelle "politique berbère".
C’est-à-dire "militer" pour tamazight comme le veut le pouvoir arabe et conformément à ses intérêts et non à ceux de tamazight. C’est pourquoi cet institut (IRCAM) représente la plus grande
supercherie du vingt et unième siècle visant tamazight, après l’autre grande supercherie du vingtième siècle qui est le mythe dit "Dahir berbère". Malheureusement cette supercherie (Celle du
21ème siècle) n’aurait jamais réussi sans la bénédiction et la collaboration de certains "grands" militants amazighs.
Un re-décollage du combat amazigh exige donc, comme condition sine qua non, la rupture totale et définitive avec la nouvelle "politique berbère" qui a neutralisé le combat amazigh en le
dépolitisant. Il faut revenir à l’essence politique du problème amazigh en posant la question de l’identité, non pas des individus ou des groupes ethniques, mais de l’identité de l’Etat. C’est
ce qu’a fait l’association "Identité Amazighe" en publiant le document "Pour un État qui tire son identité de la terre amazighe au Maroc".
Comment expliquez-vous cette facilité de la monarchie à corrompre ceux qui sont censés être l’élite amazighe ?
Avec la même facilité par laquelle la Monarchie avait réussi à "corrompre" ses irréductibles adversaires des années 70 – 80, appartenant aux partis d’opposition de cette époque, dont certains
ont été même condamnés à mort, comme l’ex-premier ministre Abderrahman Youssoufi devenu, depuis sa nomination premier ministre par Hassan II, plus défenseur du Makhzen que le Makhzen lui-même.
En effet, ce dernier a pu domestiquer et "makhzéniser" ses anciens ennemis qui remplissaient jadis les prisons, comme Benzekri, Herzni, Salah Elouadi, Serfati… etc. Les moyens de cette
domestication facile, c’est, bien sûr, l’argent que ces nouveaux serviteurs de la monarchie, qu’ils combattaient hier, reçoivent à flots en les nommant dans des postes à des millions par mois.
C’est là la capacité extraordinaire du makhzen à s’adapter aux situations hostiles et en tirer profit.
En ce qui concerne l’"élite amazighe", en plus de l’argent qui coule avec abondance à l’IRCAM, et qui est employé pour corrompre cette élite, il faut reconnaître que la nature "culturaliste"
des revendications amazighes depuis "la charte d’Agadir", explique, en partie, cet apprivoisement facile de cette "élite" amazighe. Celle-ci revendiquait l’enseignement de tamazight, son
introduction dans les média… C’est ce qu’a fait la monarchie. Donc, pour cette "élite" amazighe, le pouvoir ne les a pas domestiqués, il a, au contraire, répondu à leurs revendications. Voilà
le contenu pratique de la politique berbère. Cette politique est un autre moyen qui a fait preuve de son efficacité pour apprivoiser les "militants" amazighs.
Le document intitulé "Pour un Etat qui tire son identité de la terre amazighe au Maroc" semble très critique et propose une nouvelle stratégie de "survie". Est
ce que vous pouvez nous éclairer sur ce point ?
Avant de vous répondre, j’aimerais faire une petite rectification concernant le mot "survie". Le but du document n’est pas la "survie" de tamazight. Pourquoi ? Parce que la "survie", selon
le dictionnaire, c’est le "fait de se maintenir en vie dans un environnement naturel mortifère". Dans ce cas le "survivant" ne cherche qu’à rester en vie, même marginalisé, humilié, privé de
ses droits et sans aucune dignité… La "survie" est donc une "vie moindre", une "vie" qui manque de vie. C’est cette situation de "survie", ou de "vie moindre", que vit l’amazighité
actuellement. Elle "survit" mais ne vit pas. Pour continuer à rester en vie, elle est humiliée, marginalisée, privée de ses droits et sa dignité. C’est une survie donc et non pas une vie. Cette
situation de "survie" est créée et maintenue par la nouvelle politique berbère que mène l’IRCAM dont le but est justement de faire en sorte que tamazight "survive" tout en l’empêchant de
"vivre" pleinement.
Le nouveau projet que propose notre document, c’est donc redonner la vraie vie à tamazight en la sortant le l’état de "survie" dans laquelle la maintient la nouvelle "politique berbère" du
pouvoir arabiste au Maroc.
Comment faire passer tamazight de la "survie" à une vie vraie et pleine ? Tout simplement, en la faisant passer de la "politique berbère" à une vraie "politique amazighe". Comment réussir
ce passage de la "politique berbère" à la "politique amazighe" ? En revenant au contenu politique, et non culturel, de la question amazighe. En quoi consiste ce contenu politique de la
question amazighe ? Il consiste en des revendications, non pas culturelles, mais politiques aspirant à l’exercice du pouvoir par tamazight en tant qu’identité de l’Etat au Maroc.
La nouveauté du document est qu’il déplace, pour la première fois dans l’histoire du Mouvement amazigh, la question de l’identité du niveau des individus et des groupes ethniques, au niveau de
l’Etat et du pouvoir politique. Ce qui fait de cette revendication de "réamazigher" l’Etat une revendication de référence, première et originelle qu’il suffit de satisfaire pour que toutes les
autres revendications (comme l’enseignement et la constitutionnalisation de tamazight par exemple) soient toutes réalisées automatiquement parce qu’elles sont incluses dans la grande
revendication de référence, la première et l’originelle qui concerne l’identité de l’Etat. Nous sommes partis du constat selon lequel l’identité, partout dans le monde, se définit
essentiellement par le territoire et non pas par la race et l’appartenance ethnique. Ainsi, lorsque je dis que je suis d’identité amazighe, cela ne veut nullement dire que je porte des "gènes"
amazighs, que personne d’ailleurs ne peut prouver. Cela veut dire simplement que j’appartiens à la terre amazighe du Maroc. Mon identité est donc amazighe, suivant l’identité de la terre, où je
vis comme y ont vécu mes aïeuls, même si mes origines raciales ne sont pas vraiment amazighes. Cette identité territoriale est représentée dans chaque pays par l’identité de l’Etat de ce pays
de qui tire cet Etat son identité. Ceci est valable pour tous les pays et les Etats du monde, sauf en cas de colonisation d’un pays par une puissance étrangère, où ce pays est gouverné par un
Etat dont l’identité est différente de l’identité du pays qu’il colonise.
Ici au Maroc, le pays est amazigh. Il n’a jamais été un territoire arabe. Mais le problème c’est qu’il est gouverné par un Etat qui se réclame de l’identité arabe. Ce qui est une anomalie qu’il
faut corriger en réinstaurant l’identité amazighe de l’Etat conformément à l’identité du pays qui est amazighe. Cette identité amazighe de l’Etat n’a jamais fait partie des revendications
amazighes. On revendique toujours l’enseignement de tamazight, sa constitutionnalisation, une télévision amazighe, son emploi dans l’administration et les tribunaux, etc.… A supposer que toutes
ces revendications sont exaucées, pourtant cela ne change rien à l’identité arabe de l’Etat au Maroc, ce qui signifie que l’exclusion politique – et non culturelle et linguistique – de
tamazight se poursuit.
En plus, ces revendications, parce qu’elles sont culturelles, linguistique et ethniques, font paraître Imazighen comme une minorité ethnique qui revendique la reconnaissance des ses droits
culturels et linguistiques en tant que groupe ethnique ayant des droits spécifiques. Voilà ce qui met à l’aise le pouvoir arabiste au Maroc : si Imazighen sont une minorité, c’est par
rapport à une majorité "arabe" que cette minorité amazighe sollicite de reconnaître ses droits en tant que minorité ethnique. Donc, ce sont ces revendications culturelles, linguistiques et
ethniques du Mouvement amazigh qui consolident l’identité arabe au Maroc en tant qu’identité de la "majorité" et affaiblit du même coup, Imazighen en en faisant une petite minorité.
Voilà pourquoi le pouvoir arabiste ne trouve pas d’inconvénient à répondre à ces revendications culturelles amazighes puisqu’elles ne constituent aucun danger sur le pouvoir politique qui reste
exercée au nom de l’identité arabe. Ainsi est le contenu même de la nouvelle "politiques berbère" : Le pouvoir politique continue d’être accaparé par les arabistes et exercé au nom de
l’appartenance arabe que représente l’Etat arabe du Maroc tout en feignant de reconnaître à la "minorité" amazighe ses droits ethniques et culturels. Voilà où mène ce type de revendications que
le Mouvement amazigh arbore depuis les années soixante-dix du siècle dernier.
Il faut donc revenir à la question de l’identité de l’Etat qui doit être une identité amazighe. Voilà, en gros, le contenu du document. Le pouvoir politique doit redevenir amazigh, c’est-à-dire
être exercé au nom de l’identité amazighe qui est l’identité de la terre amazighe où s’exerce ce pouvoir. Cela ne veut pas dire que les responsables politiques qui exercent le pouvoir doivent
être racialement amazighs, non, cela veut dire simplement qu’ils doivent exercer leur pouvoir au nom de l’indenté amazighe représentée par l’Etat amazigh.
Lorsque l’Etat redevient amazigh, suivant la terre amazighe, l’amazighité recouvre sa "vie" et abandonne la "survie" dans laquelle l’ont mises les revendications qui font d’elle l’identité
d’une "minorité" alors que la terre amazighe est toujours amazighe dans sa totalité.
Qu’est-ce qui distingue votre initiative de toutes les autres qu’a connu le mouvement amazigh (partis, CNC, Tada …)
La différence est de taille. Tous les autres projets et initiatives (Charte d’Agadir, Le manifeste amazigh, Partis, CNC, Tada, Autonomies régionales…) n’ont jamais revendiqué la
"réamazighation" de l’Etat, de sorte qu’il redevienne un Etat amazigh, où le pouvoir est amazigh, c’est-à-dire exercé au nom de l’identité amazighe en conformité avec l’identité de la terre
amazighe du Maroc. Cette revendication identitaire portant sur l’identité de l’Etat et du pouvoir politique, et non sur l’identité des individus et des groupes ethniques, est quelque chose de
totalement nouveau dans l’histoire du MA qui n’a jamais demandé, dans ses communications et ses documents, à ce que l’Etat marocain soit un Etat amazigh. Voilà ce qui distingue notre initiative
de toutes les autres.
Que pensez-vous de l’initiative du groupe de militants qui avaient rendu publique une déclaration dans laquelle ils font savoir qu’ils vont donner naissance à
une structure politique ?
Je ne pense que du bien. Ce n’est pour le moment qu’un projet de rencontre pour débattre de la nature de cette structure. Nous, nous sommes déjà invités à participer à cette rencontre. Nous
comptons défendre notre point de vue lié à la problématique de l’identité de l’Etat qui doit être un Etat amazigh parce qu’il gouverne un pays amazigh. Nous espérons que cette structure
politique, quelque en soit la forme, aura des objectifs orientés vers le combat pour la reconstruction d’un Etat amazigh comme nous l’affirmons dans notre document.
Revenons au Mouvement amazigh, nous constatons qu’aucune de ses revendications n’avait été satisfaite après plusieurs décennies de combat. Devrons-nous,
désormais, faire du combat pour la souveraineté l’un de nos buts stratégiques ?
Je ne partage pas l’idée selon laquelle "aucune des revendications du MCA n’avait été satisfaite après plusieurs décennies du combat". Le pouvoir arabiste a su, comme je l’ai expliqué
auparavant, répondre à certaines revendications culturelles et linguistiques amazighes. Par exemple on ne peut pas nier la décision de l’Etat d’introduire tamazight à la télévision, d’enseigner
tamazight avec son alphabet tifinagh, même si cet enseignement connaît beaucoup de problèmes. Ces accomplissements au profit de tamazight les revendiquaient le MA depuis la charte d’Agadir
(1992) et ne se sont réalisées qu’à partir de la création de l’IRCAM.
Donc la question est de savoir si des revendications amazighes ont été satisfaites ou non. La question c’est dans quel sens le pouvoir a répondu à ces revendications. Dans le sens de la
nouvelle "politique berbère" qui traite Imazighen comme une "minorité" revendiquant la reconnaissance de leurs doits spécifiques. Le paradoxe, c’est que cette situation de minorité est
entérinée par les revendications amazighes qui corroborent cette situation qui ne menace en aucun cas le pouvoir arabiste puisque ces revendications ne contestent pas ce pouvoir et n’aspirent
pas à le remplacer par un pouvoir amazigh, c’est-à-dire exercé au non de l’identité amazighe de la terre amazighe du Maroc. Quand le pouvoir sera exercé au nom de l’amazighité, cela signifie
effectivement que celle-ci a recouvré sa pleine souveraineté, ce qui veut dire la fin de la "politique berbère" d’origine étrangère comme le mot "berbère", et le début de la "politique
amazighe" qui est une politique nationale exercée par imazighen eux-mêmes, comme le mot "amazigh" qui est d’origine proprement amazighe et interne, contrairement au vocable "berbère" venu de
l’extérieur.
Le recouvrement de la souveraineté amazighe est inséparable du recouvrement de l’identité amazighe de l’Etat. Voilà sur quoi doivent porter les revendications amazighes pour sortir de la
"politique berbère" d’origine étrangère.
Quel accueil le Mouvement amazigh a réservé à votre document ?
Un accueil mitigé sans grand enthousiasme chez les associations amazighes. Cette attitude s’explique par plusieurs raisons :
- Premièrement, le document est encore nouveau. Or les idées nouvelles requièrent plus de temps pour qu’elles se répandent et soient comprises et assimilées.
- Certains militants et associations amazighs se cramponnent de façon tellement forte à leurs positions vis-à-vis de l’amazighité qu’ils ne peuvent y renoncer, les dépasser, les faire évoluer
ou les remplacer par d’autres positions plus novatrices et plus utiles à l’amazighité. Parce qu’ils considèrent ces positions comme leur "capital" personnel qu’ils doivent protéger, préserver
et "fructifier" en organisant des colloques et des activités autour de ce "capital", dont certains exemples sont : "la charte d’Agadir", "le manifeste amazigh", "les peuples autochtones",
"l’autonomie des régions amazighes", "la laïcité", "le parti amazigh"… Ces questions qui portent sur des sujets partiels, sectoriels et secondaires constituent une vraie entrave à la position
de la question générale, globale et fondamentale de l’exclusion politique de l’amazighité, qui est la question de l’identité de l’Etat au Maroc. En effet, le recouvrement de l’identité amazighe
de l’Etat au Maroc entraîne et implique une solution immédiate à toutes ces petites questions "sectorielles" et partielles.
- Beaucoup de militants et associations amazighs surtout, ne veulent pas "salir leur dossier" vis-à-vis du temple IRCAM en adoptant une nouvelle conception de l’identité qui est l’opposé direct
de la nouvelle "politique berbère" que dirige l’IRCAM.
Ce qui explique que les militants indépendants ont accueilli favorablement le document duquel ils s’inspirent et auquel ils se réfèrent dans leurs écrits publiés dans des journaux ou sur
Internet. Dans ces écrits, un nouveau débat sur l’identité commence à s’installer où l’élément "terre" est central dans ce débat et où le politique, lié à l’Etat et l’exercice du pouvoir ;
prend la place du culturel et du linguistique.
Nous sommes optimistes et confiants dans l’avenir. Parce que nous croyons que le mensonge ne peut pas continuer à tromper toujours les gens, sinon il n’y aurait jamais de science et de vérités.
À un moment ou un autre, la vérité finit toujours par éclater au grand jour. Il viendra donc un jour où le Mouvement amazigh fera de la "réamazighation" de l’Etat sa principale revendication
parce qu’il aura pris conscience que c’est par la satisfaction de celle-ci que toutes les autres revendications seront automatiquement satisfaites.
L’Allemagne vingt ans après la chute du Mur de Berlin. Pour les générations nées après la deuxième guerre mondiale, la
division de l’Allemagne devenue concrète en 1961 avec la construction du mur séparant à l’Ouest la République fédérale allemande avec une économie de type capitaliste et à l’Est, la bien mal nommée
République démocratique allemande avec un régime de type socialiste soviétique, paraissait de voir durer peut-être un siècle pour reprendre la prédiction faite à l’époque par Mikhail Gorbachev,
secrétaire général du Parti Communiste soviétique.
Cette division n’était qu’un exemple, ô combien symbolique, de la division du monde en deux blocs antagonistes, les Etats Unis et leurs alliés d’une part, l’Union Soviètique et ses satellites
d’autre part.
C’était compter sans la volonté des peuples qui, après l’échec de la révolte ouvrière de 1953 à Berlin Est, a fini par venir à bout du Mur de Berlin, annonçant l’effondrement de la RDA, puis
l’éclatement de l’Union soviétique en 1991, prévu longtemps avant par François Fontan.
Vingt ans après, l’Allemagne est réunifiée mais les disparités économiques et la méfiance réciproque demeurent entre les deux anciennes Allemagnes.
Le Parti de la Nation Occitane pour qui l’existence d’une langue autochtone est le signe de l’existence d’une nation, considère que la réunification de l’Allemagne a masqué le clivage Nord- Sud,
plus précisément entre une Allemagne du Nord dont la culture et la langue d’origine, le Platt Deutsch, sont proches de la langue et de la culture néerlandaises et une Allemagne du Sud
linguistiquement et culturellement proche de la Suisse alémanique et de l’Autriche.
L’Allemagne du Nord serait donc en fait le prolongement de la nation néerlandaise.
Ce clivage reste un tabou de la politique allemande d’autant que l’unification politique de l’Allemagne s’est faite par la Prusse qui justement n’est pas allemande à l’origine.
Cette division souterraine trouvera t-elle un jour une traduction politique ?
C’est aux peuples d’en décider. Quoi qu’il en soit, la leçon à tirer de la chute du Mur est qu’on ne peut séparer par la force ceux qui veulent vivre ensemble.
Cela vaut pour la Corée qui sera réunifiée un jour et plus près de nous pour la Catalogne et le Pays Basque écartelés entre la France et l’Espagne.
Pour le Parti de la Nation Occitane, l’Occitanie elle-même, placée sous la juridiction de trois Etats, l’Espagne avec le Val d’Aran, l’Italie avec les vallées occitanes du Piémont italien et la
France, sera, un jour ou l’autre, réunifiée de manière pacifique dans une République Confédérale.
L’anniversaire de la chute du mur de Berlin que nous célébrons est riche de cette promesse. Le 6 novembre 2009 PNO
Le prix littéraire Louis Malassis 2009 a été décerné au SECRET DE LA RABASSIERE, un roman qui explore le monde de la truffe, ses secrets et les passions
qu’elle déchaîne.
L’auteur Nicole FAUCON-PELLET née dans une ferme de la Drôme provençale est boulangère dans un petit village ardéchois, à Saint Remèze.
Le boulanger n'est autre que le président de l'association E.O.T, et responsable de ce blog...
Sur Louis Malassis :
Le Breton Louis Malassis (1918-2007), pionnier de l’économie rurale et agro-alimentaire a parcouru le monde à la rencontre des paysans.
Il a été le père fondateur d’Agropolis et d’Agropolis Museum à Montpellier. Auteur de nombreux ouvrages, il note dans sa trilogie paysanne que l’ « on ne nourrira pas la population
mondiale avec des paysans soumis, pauvres et sans instruction ».
Le prix littéraire Louis Malassis est attribué conjointement par l'Association Paroles des Paysans du Monde (APPM) et l'Association des Ecrivains et
Artistes Paysans (AEAP).
À noter que ce livre met en scène le destin d'une jeune berbère de l'Atlas Marocain de la région d'Imilchil. Mina, l'héroïne, va s'installer et vivre en occitanie provençale. L'histoire se
termine dans le "tome 2", "la rabassière au pays des bergers", au nord-niger à Agadez.
À noter aussi que Nicole Faucon-Pellet vient de sortir son dernier roman intitulé "Le fournil de César", roman qui se situe dans le milieu de la "boulange".
La couverture est signée par un ami peintre : Cortedune.
Je vais dans cette relation des réflexions qui me sont venues de mon récent séjour à Bamako, débuter par les thèmes ayant suscité en moi des déceptions.
Les Etats généraux sur la Corruption et la Délinquance Financière.
Il est pour moi une grande désolation de constater que, pratiquement un an jour pour jour après la tenue des Etats Généraux sur la Corruption et la Délinquance
Financière, que pèse un lourd silence sur les recommandations de ces assises. Parce que nous y avons mis une grande foi, parce que nous avons amené de nombreux compatriotes à y croire que nous
avons l’obligation morale de ne pas laisser oublier le travail qui fut accompli avec ardeur et application sous la direction alerte et appréciée du Président Modibo Keita Jr. Il nous faut
susciter le débat afin que ce travail ne soit catalogué au chapitre des pertes pures. Mon Dieu ! Que la corruption, au Mali, a prospéré en un an. Les malfaiteurs n’ont ni honte ni peur.
Durant mon séjour, nombre de promoteurs d’écoles sont venus me dire qu’ils sont rançonnés pour recevoir des élèves nouveaux. Ils sont rançonnés pour voir leurs étudiants sur la liste des admis
aux examens. Bien entendu, je n’ai d’autres preuves que ces confessions-plaintes. Le moins que le gouvernement peut faire est de diligenter des inspections et, le cas échéant, appliquer des
sanctions exemplaires.
Avant de quitter Bamako il m’est parvenu l’information selon laquelle le gouvernement s’apprêterait à donner satisfaction à la demande des magistrats relative au
paiement d’une prime dite de « judicature ». Je rappelle mon opposition au paiement d’une telle prime qui renforce l’existence dans la fonction publique de statuts particuliers. Ceci
est antirépublicain. La république encourage le mérite et l’excellence. Personne ne peut me convaincre que payer la même prime a tous les magistrats encourage ceux qui parmi eux, il en existe
dans toutes les régions du pays, sont éminemment méritants. En république, a mon avis, le corps de métier le plus important est celui de la magistrature, même avant celui des enseignants, même
avant celui du corps médical. En raison même de cette importance, lorsque le jour sera venu, les républicains et démocrates devront débuter la lutte contre la corruption par des mesures d’une
extrême sévérité pour assainir et rectifier la magistrature.
L’affaire dite de la BHM :
Je me suis appliqué durant les mois passés, en m’appuyant sur l’honneur et sur ce que je sais, à montrer à l’opinion et à ceux qui sont en situation de décider en
ultime ressort que cette affaire était devenue un cancer. Je crois plus que jamais que dans l’intérêt de notre pays et pour le triomphe du bon sens, ce problème doit être traité dans sa
simplicité originelle. En extension de ce malheureux problème, j’ai le grand déplaisir de constater que dans notre pays et a cette heure, en dehors de toute légalité, deux hommes sont en prison.
Il s’agit de Mamadou Diawara, ancien PDG de la BHM et aussi le Lieutenant Sékou Doumbia, ancien Régisseur de la Prison de Ségou. Encore une fois, je ne dit pas et n’ai jamais dit que ces hommes
et les autres n’ont jamais commis aucune faute. Je dis qu’aucune preuve n’a été apportée pour justifier ni l’emprisonnement de ces hommes ni leur maintient en prison. J’ai rencontré la famille du
Lieutenant Doumbia. Une famille dévastée, vivant désormais de rien, les enfants éparpillés. J’ai vu Mme Doumbia. J’ai vu la mère du Lieutenant Doumbia. Ces personnes humbles, sans pouvoir, sont
anéanties et humiliées par l’injustice et aussi par le coupable silence de nous tous.
L’affaire de la BHM est aussi devenue une affaire internationale que l’Allemagne considère comme une gifle qu’elle reçoit en plein visage. Je ne vais pas m’étendre
sur cela car ceux qui se sentent offensés ont des griffes et des dents pour se défendre. Pour ma part, autant que je le pourrai, je me battrai pour que soient préservés les intérêts du Mali, de
la BHM mais aussi des investisseurs étrangers.
La constructibilité des berges du fleuve Niger et de certains autres espaces urbains.
Cela fend le cœur de constater que des constructions immobilières se font non seulement le long du fleuve mais s’étendent jusque dans son lit multipliant les
sources de pollution graves de ce cours d’eau si vital mais fragile pour les populations maliennes. Les berges du fleuve Niger doivent être libérées et rendus au seul usage du public en tant que
bien public. Il faudra sans doute par des méthodes scientifiques identifier les immeubles posant des problèmes environnementaux au fleuve avant de fixer par la loi une règle de compensation des
propriétaires qui seront expropriés pour le bien public. Les immeubles incriminés devront, tous, être détruits.
Des motifs de satisfaction
Il m’est arrivé de me féliciter de certains faits. Par exemple j’ai constaté que la route de Kayes était une remarquable réalisation, fragile mais réelle qui peut
devenir un instrument de développement en désenclavant des régions économiquement très actives. J’ai vu également que Bamako disposait maintenant a ACI-2000 de nombreux immeubles de bureaux
pouvant offrir des opportunités de domiciliation a des entreprises. On peut seulement regretter que les ministères installés à l’ACI-2000 soient si misérablement et si étroitement logés.
J’ai aussi la notion que la Cité Administrative, en perpétuel devenir au bord du fleuve, lorsqu’elle sera achevée pourrait accentuer le déséquilibre de la ville au
profit de la rive gauche qui est déjà si congestionnée. Je voudrais ici proposer que l’on fasse de cette cité un campus universitaire à étendre en y incluant l’actuel Camp Para de Jikoroni en
préservant et incluant le mitoyen et verdoyant centre arboricole. La délocalisation du Camp Para en dehors de la ville sera l’occasion de créer des emplois pour les travaux à entreprendre.
L’université de Bamako manque de classes. Voilà, à la Cité Administrative, des salles pouvant tenir lieu de classes. Elles sont presque disponibles immédiatement. Les fonctionnaires ont besoin de
luxueuses salles pour s’installer. Une classe, pour fonctionner a juste besoin d’un tableau noir, de bâtons de craie, d’élèves et d’enseignants. De ce fait les locaux dans leur état actuel
peuvent ne pas convenir aux fonctionnaires mais feraient parfaitement l’affaire des étudiants et de leurs enseignants. Le gouvernement pourra planifier sur 10 ans la construction d’une nouvelle
vraie cité administrative mais sur la rive droite afin de désengorger la rive gauche et tenir compte du poids démographique de la rive droite. Les fonctionnaires sont déjà tous logés, ils peuvent
attendre. Les étudiants et les enseignants sont en errance, ils ne peuvent attendre plus longtemps.
Dans le chapitre des succès il faut citer la façon dont la crise du code de la famille a été désamorcée. Mais le problème n’est pas résolu. A mon sens il ne devrait
pas l’être avant la prochaine élection présidentielle. En républicain et en démocrate, mon opinion est que ce sont les thèmes débattus durant la campagne présidentielle qui sont couverts par le
mandat donné par le peuple au président élu pour porter des modifications aux règles de fonctionnement de l’Etat et de la société. A ma connaissance aucun des présidents de 1992 a ce jour ne
semble avoir mentionné, durant les campagnes électorales les ayant portés au pouvoir, leurs intentions de changer le code de la famille. Par conséquent aucun d’entre eux n’a jamais reçu un mandat
de le réviser. Le débat tel qu’il s’était engagé portait sur la rédaction des articles de la loi. Un tel débat est technique et ne peut être l’affaire du public. A mon avis il y a quatre vrais
sujets du débat d’ordre social et politique qui sont : (a) quel statut accorder a l’enfant né hors du mariage ?, (b) quelle est l’importance d’une femme lors du partage d’un
héritage ?, (c) comment définir l’autorité au sen de la famille et qui la détient ?, (d) quel est l’âge minimal pour marier une fille ? Et ces questions doivent être débattues
avant l’élection de tout président pouvant se considérer comme investi du mandat de toucher au code de la famille. Certains journaux ont blâmé celui-ci ou celui-là et souvent la jeune Ministre
des Relations avec les Institutions en lui imputant un défaut de communication gouvernemental sur le sujet. Si quelqu’un doit être blâmé ce sont les partenaires techniques et financiers (PTF) qui
ont manqué d’à-propos en essayant de faire adopter au pas de course ces modifications qui visent une véritable modification de la société malienne et qui en ce sens doivent passer par le
débat démocratique au moment des élections présidentielles. Dans les pays développés démocratiques les choses se passent ainsi. Le Président Obama se bat pour une modification de l’assurance
maladie aux Etats-Unis du fait qu’il l’avait promis durant sa campagne et donc son élection lui a donné le mandat de le faire. Obama va améliorer la situation sociale, administrative et juridique
des homosexuels. Parce qu’il l’avait promis durant la campagne électorale. Le Président Sarkozy est entrain de procéder a une reforme en profondeur de l’Etat en France conformément aux
propositions qu’il a faites et qui ont été débattues durant la campagne électorale présidentielle.
En revanche, la « crise du code » a fait monter en grade un problème sous-jacent dont j’ai parlé dans un texte en 1994 déjà. Ce problème me semble partagé
aujourd’hui par beaucoup d’autres intellectuels et acteurs politiques. Il s’agit du nombre de plus en plus élevé d’intellectuels maliens arabisants de très haut niveau et qui, du fait que leurs
diplômes ne sont pas en français, sont marginalisés et laissés dans la paupérisation et le désœuvrement. Ces « cerveaux » sont disponibles. Pour faire mieux que survivre, certains parmi
eux seront contraints de construire une force politique sur la vague religieuse qui est une réalité dans toute l’Afrique aujourd’hui. Là il y a un risque pour l’Etat laïque et la République. Nous
devons tendre la main à nos sœurs et frères arabisants et les intégrer a la communauté économique et a la communaute intellectuelle de notre pays. Ils y ont droit.
Préparer l’avenir ensemble
Dans le monde que nous connaissons la force d’une nation n’est pas le nombre de canons dans ses casernes, mais le nombre d’ordinateurs dans ses universités. La
richesse d’une nation n’est pas la réserve minière en or ou en pétrole dont son sous-sol regorge mais le nombre d’ingénieurs bien formés pour résoudre les problèmes des populations. Ceux des
maliens qui ont le savoir et le savoir-faire sont utiles. Ils sont les vraies richesses de la Nation. Mais actuellement tant de barrages ont été créés par des fonctionnaires corrompus demandant
des bakchichs pour avoir accès à des marchés publics ou des parents demandant aux jeunes de travailler « bénévolement ». Le bénévolat ne correspond à aucun modèle économique
opérationnel et gagnant. Et pourquoi demander a des maliens, surtout les « maliens de l’extérieur » de travailler gratuitement alors que nous concevons de payer grassement des
« experts étrangers » et même que nous regardons sans rien dire des maliens non productifs s’enrichir. Je le dis très clairement, ceux qui décident de consacrer une partie de leur temps
a notre pays en y apportant des financements, du savoir, du savoir-faire, des opportunités aidant ainsi a améliorer le système éducatif, le système économique en élargissant l’horizon des
possibles, méritent réussite considération et salaire. Ainsi sera-t-il si nous voulons que notre pays réussisse en mobilisant tous les maliens en suivant les règles de l’efficacité et de
l’excellence.
Nous devons former les jeunes maliens. Nous devons attirer les maliens talentueux vivants partout dans le monde. Mais le seul slogan du patriotisme ne suffira pas à
les faire venir. En venant il faut qu’ils puissent trouver de quoi vivre. En cela je rêve à l’émergence, d’ici 10 ans de plusieurs milliardaires maliens. De vrais milliardaires qui
« feront » leur argent dans le labeur en utilisant leur expertise. Nous devons nous rendre a l’évidence que la race d’individus et d’entreprises qui prospèrent a l’ombre des régimes
politiques successifs et qui souvent disparaissent avec ces régimes sans produire la moindre richesse ne peuvent construire le Mali gagnant de demain.
Attention. Je reconnais à chaque gouvernement le droit, même le devoir, en fonction de sa vision économique, de favoriser des entrepreneurs. Mais ceci devrait se faire dans le seul but de créer
du bien social et économique. Oui, un gouvernement a la capacité et même le devoir d’user du pouvoir discrétionnaire qu’il détient pour favoriser les meilleurs entrepreneurs patriotes.
Le Mali tel qu’il m’est apparu s’insérer dans le monde
Ces derniers mois tous les pays, populations et gouvernements confondus, s’inquiètent de la Grippe aviaire. Au Mali sauf erreur de ma part, je n’en ai jamais
entendu parlé. Bon. Il est vrai que le Mali est le pays où de nombreuses personnes ont abandonné leurs responsabilités pour les mettre sur le dos de Dieu. C’est si facile. En revanche et sans
pour autant que l’on en parle deux graves dangers pour la santé publique m’ont sauté aux yeux. Il s’agit de l’excès de sucre dans les boissons. Que ce soit les boissons industrielles ou les
boissons fabriquées traditionnellement (jus de gingembre et assimilés). Il faut s’attendre à une explosion du diabète dans la population malienne et sa persistance dans la mesure où cette maladie
passe vite dans les gènes et se transmet aux descendants des personnes affectées. En second lieu il s’agit de ces voitures alimentées en huile impropre lâchant des fumées toxiques dans les rues
de Bamako et du Mali. Elles vont accroitre la prévalence des maladies respiratoires chroniques dans notre pays. Les embouteillages de Bamako aggravent le problème. Au fait je voudrais attirer
l’attention des responsables de la circulation routière sur la nécessité de multiplier les feux tricolores. Non seulement cela rendrait la vie facile aux piétons, cela obligerait les gens à
réduire la vitesse mais cela créera de multiples petits bouchons gérables en lieux et places des 2 ou 3 gros bouchons ingérables actuels.
Lorsque j’étais à Bamako les prix Nobel ont été attribués.
Deux prix ont retenu mon attention et devraient intéresser les maliens a plus d’un titre. Le premier est le prix Nobel d’Economie. Les auteurs primés (Elinor Ostrom
et Oliver E. Williamson) ont prouvé que les ressources publiques ne sont pas des biens publics. Par définition un bien public est un bien que l’on peut se partager sans pour autant que la
part d’un agent quelconque affecte ni la qualité ni la quantité de la part disponible pour les autres. Cette simple phrase explique à elle seule que l’usage que les africains font des ressources
publiques minérales ou financières ne peuvent qu’aggraver la misère de leurs peuples car ils partagent ces ressources entre une infime partie de la population (ceux qui sont au pouvoir) au lieu
de l’utiliser pour créer de la richesse qui elle est un bien public accessible a chacun et a tous. J’espère qu’au Mali, nos économistes réfléchiront sur les travaux de ces chercheurs et en
déduirons des stratégies pour la bonne gouvernance de notre pays.
Il y a eu aussi le prix Nobel de Physiologie et de Médecine. Les lauréats (Elizabeth Blackburn, Carol W. Greider, Jack D. Szostack) ont été couronnés pour leurs
travaux sur le télomère. On à découvert que cette substance appelée télomère, située au bout du chromosome, est ce qui, en réponse au stress décide du vieillissement et de la mort d’une personne.
Et une autre dame Dr Doris Taylor, chercheur à l’Université du Minnesota, une université où un de nos frères le Professeur Harouna Maiga enseigne la biologie animale, a montré qu’avec les
cellules souches (stem cells) on peut régénérer les télomères et vaincre le vieillissement et surtout vaincre la mort !!! En effet le Dr Taylor a réussi à réveiller et redonner vie à des
cœurs d’animaux morts. Cela vient juste d’arriver.
Qui ne savait pas que la mort était invincible ? C’est une nouvelle ère que la science et la technologie sont entrain d’ouvrir dans l’Histoire de l’Humanité.
Mais a quel point le malien fait partie de cette humanité ?
Remarquons que ce sont essentiellement des femmes (elles qui donnent la vie) qui sont entrain de vaincre la mort en utilisant les ressources de la technologie. Dans
le même temps, des maladies nouvelles qui ne frappent que les femmes noires et les enfants noirs émergent. Ce sont des types nouveaux de cancer. Il y a en particulier ce cancer du sein qui ne
vise que des femmes noires ou ayant un ancêtre noir. Le cancer est le plus souvent une maladie de la vieillesse où des cellules avec la bonne intention de se multiplier afin de prolonger la vie,
« commettent une erreur » et deviennent anormales. Elles propagent cette « erreur » qui devient le cancer et finissent ainsi par donner la mort. Le problème est que
ces cancers nouveaux qui visent celles qui donnent la vie chez nous apparait même chez des femmes très jeunes y compris a des âges aussi tôt que 20 ans. Voila qu’au moment ou l’Humanité
technologique triomphe de la mort, une menace terrible menace les communautés noires dans ce qui est leur lien a la vie : la femme noire. Nous scientifiques africains sommes-nous capables de
relever ce vital défi? J’ai vu la promptitude et l’efficacité avec lesquelles certains de nos sœurs et nos frères ont répondu au discours de Sarkozy. Saurons nous entendre et répondre a l’appel
de nos sœurs et de nos enfants ?
Voila telle que j’ai vu le Mali par lui même et tel que j’ai vu le Mali dans le monde. Telles sont aussi les réflexions que ces visions ont fait naitre en moi et
les interrogations qui me sont venues avec. Et pour clore je vais me répéter et cela autant de fois que cela sera possible. Il s’agit d’appeler tous les patriotes, les démocrates, les
républicains à s’unir pour que le Mali et les maliens de demain soient fiers de nous.
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